Ondes électromagnétiques : le débat public n'aura pas lieu

Generique - antennes relais GSM / 3G

Ceux et celles qui s’inquiètent du risque sanitaire des ondes électromagnétiques attendaient la journée d’hier avec impatience. Elle devait permettre à la députée Europe Ecologie Les Verts Laurence Abeille de défendre son projet de loi sur l’application du principe de précaution concernant les ondes électromagnétiques.

La ministre déléguée à l’économie numérique, Fleur Pellerin, en a décidé autrement. Elle a demandé aux député(e)s socialistes de renvoyer le texte aux calendes grecques. La France n’appliquera donc pas le principe le précaution et le débat tant attendu n’aura pas lieu.

Il semble inconcevable qu’une seule personne, sans compétence sur le sujet, puisse ajourner un tel débat. C’est pourtant bien ce qui vient de se passer. C’est « un déni de démocratie et une nouvelle victoire du lobby des opérateurs de téléphonie mobile » s’insurge Laurence Abeille dans une interview accordée à Libération.

« la dangerosité n’est pas scientifiquement étayée »
La ministre déléguée à l’économie numérique estime que « la dangerosité n’est pas scientifiquement étayée ». Bien qu’incompétente sur le sujet, elle réfute les conclusions de l’OMS, de l’étude internationale Interpol, et de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail.

Toutes les études disent le contraire
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a classé, il y a déjà 18 mois, les champs de radiofréquences électromagnétiques émis par les terminaux mobiles connectés - téléphones, smartphones, tablettes, etc. - comme « potentiellement cancérigènes » (notre article).

L’étude internationale Interphone sur les risques de tumeurs pouvant être liés aux ondes électromagnétiques liées à la téléphonie mobile, publiés en mai 2010 a elle aussi trouvé chez les participants ayant le plus fort taux d’utilisation de leur téléphone mobile une association entre cet usage et la survenue de certains cancers cérébraux (gliomes et méningiomes), sans qu’il leur soit possible d’affirmer un lien de causalité.

En octobre 2009, l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail) mettait en évidence l’existence d’effets des radiofréquences sur des fonctions cellulaires.

On fait marche arrière
L’INPES a lancé, il y a 2 ans, le site LesOndesMobiles.fr pour apprendre aux français(e)s 8 gestes simples pour se protéger des ondes.

Et pour protéger les enfants en appliquant le principe de précaution, le Sénat a, dés octobre 2009, interdit les téléphones mobiles dans les écoles maternelles, élémentaires et les collèges.

C’est donc un retour en arrière.

Source : GreenIT.fr, Lemonde.fr, Liberation.fr


Commentaires

Qu’un(e) ministre de l’économie numérique s’arroge une telle prérogative par rapport à une question de santé publique, ça ne choque personne ?…

Anonyme (non vérifié) le 01/02/2013

Si, bonne remarque ! On n’a pas bien entendu le ministère de la santé sur le coup. Il faut dire que sans débat, ce n’est pas évident de se faire entendre …

Procédure de renvoi extrêmement rare à l’assemblée, et pour un texte issu de la majorité !!! C’est du délire …

C’est donc prouvé : les ondes électromagnétiques affectent bien le fonctionnement du cerveau !

Yann le 01/02/2013

Hé ben, c’est le genre d’articles qui ne rassurent pas, surtout quand on habite en centre-ville avec plein d’antennes de téléphones au-dessus de nos têtes !

Isolants minces (non vérifié) le 04/02/2013

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