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Villes intelligentes : les municipalités déconnectées des citoyens ?

La troisième édition de l’étude m2ocity se concentre sur la perception des premiers concernés : les habitants. Si les villes françaises œuvrent davantage pour que la ville de demain soit durable et intelligente, qu’en pensent les citoyens et surtout à quel point sont-ils au courant ?

« Un des constats les plus nets de la précédente étude est le manque d’information dont disposent les citoyens concernant les différents projets initiés dans leurs propres villes. Nous avons donc voulu approfondir ce point dans cette troisième édition », explique Taisei Miura, Président Directeur Général de m2ocity.

Un français sur deux ignore le sens du terme ville intelligente
Ce qui se cache derrière la notion de ville intelligente (smart city en anglais) n’est pas clair pour la moitié de la population. 52 % des personnes interrogées estiment qu’il s’agit d’une ville capable d’automatiser la gestion de ses infrastructures et ressources afin d’améliorer la qualité de vie des citoyens dans le respect de l’environnement.

Mais les 48 % restants se méprennent sur la définition. C’est ainsi que 19% d’entre eux pensent qu’une ville intelligente est une ville regroupant un nombre élevé d’établissements d’enseignement supérieur. « Il y a encore un travail d’éducation et d’information à faire autour de la ville intelligente. C’est un effort primordial car au-delà de l’aspect technologique, la ville intelligente repose aussi sur les citoyens et sur la transformation qui doit s’opérer à l’échelle de chaque habitant et de ses propres comportements » rappelle Taisei Miura.

Ce que les citoyens attendent de leur ville
Les municipalités semblent déconnectées des citoyens sur ce thème. En effet, 37 % d’entre eux estime que le domaine dont ils entendent le plus parler est le recyclage et la gestion des déchets. Mais ils ne sont que 15 % à souhaiter que leur ville s’investisse davantage dans cette voie.

En revanche, les villes communiquent peu sur les thèmes pour lesquels les Français aimeraient que leur ville s’investisse davantage tels que la mobilité urbaine (29 % des sondés), les infrastructures numériques (24 %) et l’intégration de bâtiments intelligents qui garantissent une maîtrise durable des ressources en eau et énergie notamment (16 %).

Repenser le partage d’informations entre la ville et le citoyen
Il semblerait qu’il y ait un décalage entre les initiatives prises par les villes dans le domaine du développement durable et le niveau d’information des habitants. En effet, près de la moitié des personnes interrogées ne se sentent pas suffisamment informées des initiatives durables menées à l’échelle de leur ville, alors même qu’elles s’y intéressent. Il ne s’agit pas d’un manque de volonté et d’implication de la part des citoyens puisque 60 % d’entre eux regrettent de ne pouvoir prendre une part active dans l’évolution de leur ville, n’en ayant selon eux pas la possibilité.

D’autre part, il existe une divergence entre la façon dont les informations sont partagées par rapport à ce que recherchent les citoyens. En effet, une grande majorité de citoyens s’informe par le journal de la ville mais 77 % d’entre eux préfèreraient être informés de façon numérique.

Le numérique, l’avenir de la communication citoyenne ?
Des indicateurs existent dans un grand nombre de villes permettant notamment aux citoyens de suivre les consommations à l’échelle de la ville – eau, électricité, gaz, chauffage, etc. – et d’être prévenus en cas de détection de fuites ou de surconsommation d’énergie.

L’étude livre un nouveau chiffre catégorique sur ce point : 60 % des citoyens ne savent pas où trouver ces informations et aimeraient pouvoir suivre leur consommation énergétique à distance, sur le web.

* Etude menée par Toluna du 7 au 9 novembre 2014 sur un panel de 1 000 répondants.

Sources : m2ocity, GreenIT.fr

Illustration : (C) Shutterstock

Frédéric Bordage

Expert Green IT et numérique responsable, j'ai créé GreenIT.fr en 2004 et lancé le sujet de l'écoconception logicielle en 2009 avec Frédéric Lohier. Je conseille des organisations privées et publiques sur ces sujets.

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