Catégorie : Bonnes Pratiques

Quelles sont les étapes du cycle de vie d’un service numérique ?

Un service numérique est constitué de l’ensemble des matériels, logiciels, infrastructure et autres services numériques qui permettent de réaliser un acte au format numérique tel que trouver l’horaire d’un train, prendre rendez-vous chez le médecin, consulter le solde de son compte en banque, lire un article, etc.

On écoconçoit un service numérique en cherchant à réduire ses impacts environnementaux à chaque étape de son cycle de vie. Cette approche globale, itérative et multicritères est définie par le standard ISO 14062.

Pour appliquer cette démarche d’écoconception d’un service numérique à l’autre avec toujours autant d’efficacité, il faut s’entendre sur les étapes du cycle de vie, et, si possible, s’appuyer sur une définition standard de ces étapes. Cette homogénéité permet, entre autres, de produire ensuite des référentiels de bonnes pratiques en les regroupant par étape du cycle de vie.

Les étapes du cycle de vie définies par des standards

Deux standards internationaux nous aident à structurer la démarche d’écoconception en respectant les mêmes étapes du cycle de vie d’un service numérique à l’autre. Il s’agit de :

  • ISO 14040:2006
  • ISO 24748-1:2018.

ISO 14040:2006 propose une méthodologie pour analyser les impacts environnementaux d’un produit ou d’un service à chaque étape de son cycle de vie. Cette approche d’analyse du cycle de vie (ACV) retient 5 grandes étapes :

  1. Conception
  2. Fabrication
  3. Distribution
  4. Utilisation
  5. Fin de vie

Le standard ISO 24748-1:2018 définit quant à lui les étapes du cycle de vie d’un logiciel en vue de sa gestion. Il retient 6 étapes :

  1. Conception
  2. Développement
  3. Production
  4. Utilisation
  5. Support
  6. Fin de vie

S’appuyer sur ces étapes pour organiser les bonnes pratiques d’écoconception

Le collectif GreenIT.fr base l’ensemble de ses travaux et de ses outils sur ces deux standards en retenant les étapes suivantes :

  1. Spécification
  2. Conception
  3. Réalisation (fabrication / développement)
  4. Production
  5. Utilisation
  6. Support / maintenance
  7. Fin de vie

Selon la nature du service numérique,

  • l’étape de réalisation peut inclure une étape supplémentaire de test.
  • l’étape de production (run) peut contenir deux sous-étapes : distribution et production. Par exemple, dans le cas d’un jeu vidéo diffusé sur DVD, on distingue l’étape de production (fabrication du DVD) de l’étape de distribution (transport et vente du support physique). Dans le cas d’une application mobile native, on distinguera le téléchargement de l’application (distribution) de l’étape de production qui consiste à fournir les données demandées par le client lors de son utilisation.

Compléter ces étapes pour créer les taxinomies des référentiels

Depuis maintenant 17 ans, pour créer les taxinomies de nos référentiels, nous nous appuyons sur ces étapes standard que nous complétons par quatre dimensions supplémentaires :

  1. la priorité de mise en œuvre ;
  2. le profil du professionnel visé ;
  3. le scope du référentiel ;
  4. le tiers / composant de l’architecture technique concernée.

La priorité de mise en œuvre permet de respecter l’esprit d’ISO 14062 en rentrant dans une démarche d’amélioration continue qui s’étale dans le temps. L’enjeu est de proposer un équilibre entre les gains environnementaux et la difficulté de mise en œuvre des bonnes pratiques permettant d’atteindre ces gains. On évite ainsi d’entrer dans un effort marginal, c’est à dire trop coûteux au regard des gains pour la planète.

Le fait d’organiser les bonnes pratiques en fonction du profil des professionnels – chef de projet, utilisateur, développeur, designer, etc. – qui seront chargés de les mettre en œuvre contribue également à alléger la démarche et donc à la rendre moins coûteuse et plus efficace.

Il faut ensuite adapter cette logique en fonction du point de vue du public visé et du « scope » du référentiel. Par exemple, si un référentiel s’adresse à un seul public – responsable informatique (DSI) dans le cadre d’un référentiel Green IT par exemple – les étapes du cycle de vie devront être adaptées à ce prisme. Elles se résumeront alors, par exemple, en 1. achat, 2. utilisation et 3. fin de vie. Car l’entreprise utilisatrice ne spécifie pas, ne conçoit pas, ne fabrique pas, et ne réalise par le support technique du matériel qu’elle utilise. En revanche, si on s’adresse à l’ensemble des parties prenantes d’un service numérique – du client à l’exploitant du centre informatique en passant par les DEV et les UX – alors mieux vaut s’appuyer sur les étapes du standard.

Enfin, selon le contexte, il peut être intéressant d’organiser les bonnes pratiques en fonction du composant technique ou du tiers de l’architecture concerné. Par exemple, dans le cadre de notre référentiel d’écoconception web, nous organisons les bonnes pratiques entre le « front » et le « back » car c’est un découpage usuel au sein des équipes.

Exemple de nos référentiels de bonnes pratiques

Vous pouvez voir la mise en œuvre concrète de cette approche en parcourant nos principaux référentiels

Frédéric Bordage

Expert en green IT, sobriété numérique, et numérique responsable, j'ai créé la communauté GreenIT.fr en 2004. Je conseille des organisations privées et publiques, et anime GreenIT.fr et le Collectif Conception Numérique Responsable (@CNumR).

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