Catégorie : Matériel

Apple T2 : l’anti-droit à réparer ?

Comme l’on souligné Motherboard et iFixit, la nouvelle puce ARM T2 d’Apple contient des fonctionnalités avancées qui permettent au constructeur de valider une réparation matérielle ou logicielle.

Concrètement, selon iFixit, la puce vérifierait le numéro de série du composant remplacé pour s’assurer que les réparateurs agréés Apple respectent leurs engagements. C’est aussi un moyen pour Apple de rendre impossible toute réparation par un réparateur non agréé et de rendre impossible l’utilisation de composants génériques non estampillés Apple. Une démarche qui n’est pas sans rappeler l’erreur 53.

Un kit logiciel dédié, le Apple Service Toolkit 2 (AST 2) System Configuration Suite, permet de valider la réparation en indiquant au système d’exploitation que tout a été fait dans les règles de l’art.

Contrairement aux rumeurs de ces derniers jours dans la presse, ces fonctionnalités ne sont pas encore activées. iFixit a ainsi pu réaliser des réparations sans que l’ordinateur (un Macbook Pro 13 pouces 2018) ne se bloque.

Une remise en cause du droit à réparer ?

Cependant le droit à réparer son ordinateur semble en sursis puisque Apple peut décider d’activer cette fonctionnalité par une simple mise à jour logicielle.

Ce type de dispositif pose deux questions fondamentales :

  1. Apple peut-il interdire à l’acheteur et donc au propriétaire d’un ordinateur de le réparer comme il l’entend ? Ce qui revient à dire que l’acheteur n’est pas propriétaire de son équipement.
  2. Le droit à réparer qui est clairement définit pour les automobiles ne devrait-il pas être étendu à l’ensemble des biens manufacturés et notamment aux équipements électroniques ?

Voilà en tout cas de quoi alimenter les travaux de la Commission Européenne et de la France qui travaillent sur un indice de réparabilité, dans le cadre de la Feuille de Route Economie Circulaire (FREC) pour la France.

Source : GreenIT.fr

Frédéric Bordage

Expert Green IT et numérique responsable, j'ai créé GreenIT.fr en 2004 et lancé les sujets de l'éco-conception logicielle en 2009, puis de la conception responsable de service numérique en 2013. Je conseille des organisations privées et publiques sur ces sujets. Et anime, en plus de GreenIT.fr, le Club Green IT et le Collectif Numérique Responsable.

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