Cloud Computing : 2.000 milliards de kWh en 2020

Greenpeace - Cloud Computing and its contribution to climate change

En 2010, les centres informatiques consommeront 450 milliards de kWh à l’échelle mondiale et émettront autant de CO2 que la France (source : GreenIT.fr). Un chiffre qui va être multiplié par 4 en 10 ans selon Greenpeace.

L’ONG a repris les calculs du rapport Smart 2020 du GeSI. Elle estime qu’avec le développement du Cloud Computing, les « nuages » consommeront 1.963 milliards de kWh en 2020. C’est autant que la France, l’Allemagne, le Canada et le Brésil réunis.

Cette consommation électrique proviendra à 50% des centres informatiques (1.010 kWh) et à 50% de l’infrastructure télécoms et internet (950 kWh) nécessaire pour relier les internautes aux centres de données des géants du web.

Dans ces conditions, Greenpeace demande aux géants du web de privilégier les sources d’énergie renouvelable et déplore le recourt encore massif au nucléaire et au charbon. Comme de coutume, l’ONG distribue les bons et les mauvais points.

Yahoo! se distingue nettement grâce à son data center de Lockport. D’une puissance de 15 mégawatts (MW), ce datacenter sera alimenté entièrement par une usine hydroélectrique toute proche. Le géant du web utilisera également massivement au free cooling.

Apple se fait épingler pour la construction d’un nouveau data center à 1 milliard de dollars en Caroline du Nord. Ce data center sera alimenté essentiellement par des sources carbonées (charbon).

Facebook reçoit le bonnet d’âne pour son nouveau data center situé dans l’Oregon qui sera essentiellement alimenté par des sources d’énergie primaire carbonée (charbon).

Ce nouveau rapport de Greenpeace est intéressant à plusieurs titres. Il montre que les ONG comme Greenpeace ne maîtrisent pas encore totalement la problématique du Green IT. Si l’on prend l’ensemble du cycle de vie d’un site web, c’est essentiellement la consommation électrique des ordinateurs des internautes qui génère le plus de nuisances. Leur efficience électrique est largement moindre que celle des centres informatiques des géants du web. Et les internautes ne peuvent pas choisir d’habiter à côté des chutes du Niagara pour neutraliser leurs émissions de CO2 liées à la consultation des sites web.

En revanche, l’apparition du PUE (Power Usage Effectiveness) dans le classement du Greenpeace est un signe encourageant. Cela signifie que l’ONG va enfin s’attaquer au fond du problème : le ratio entre le nombre de traitements informatiques réalisés et le nombre de kWh consommés. Dans ces conditions, Facebook pourrait remonter en partie dans le classemement grâce à son projet HipHop.

Enfin, il aurait été intéressant de comparer les configurations minimales nécessaires pour accéder aux différents services de Microsoft, Facebook, Google, Yahoo!, Apple, etc. La consommation électrique des serveurs c’est une chose, mais s’il faut changer d’ordinateur ou de téléphone portable pour accéder aux nouveaux services, imaginez la pollution générée par ces services utilisés par des centaines de millions de personnes. Pour rappel, la fabrication d’un ordinateur en Chine émet 24 fois plus de CO2 qu’un an d’utilisation en France

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Commentaires

C’est bien le type d’article qui prouve que le Cloud Computing, ce n’est pas la panacée en terme de “développement durable” et ça répond au questionnement qui était posé dans un précédent article(cf l’article ici http://www.greenit.fr/article/acteurs/hebergeur/le-cloud-computing-parti…) !

Même si les géants du web font le maximum pour réduire l’impact de leur fonctionnement sur l’environnement, il y aura toujours le facteur utilisateurs…
…et tant pour l’un que pour l’autre, on risque de réentendre parler du syndrome des produits allégés (qui fait qu’on en bouffe plus parce qu’on se dit que c’est moins dangereux) !

Bref, on a pas le cul sorti des ronces…
 :-(

JeeK (non vérifié) le 02/04/2010

Ce chiffre est vraiment impressionnant. Il faut bien sur faire des économies d’énergie mais aussi investir massivement pour produire de l’électricité plus proprement.

Un Lecteur (non vérifié) le 04/04/2010

Greenpeace pointe non pas le “cloud computing” mais plutôt la source d’énergie servant a alimenter les datacenter…Sur ce point je suis d’accord.

Quant au cloud-computing lui même, je trouve l’approche plus “Green” que de laisser les entreprises avoir chacune leurs datacenter souvent mal dimensionnés et donc énergétiquement inefficaces…

Marc Boitel le 05/04/2010

@Marc : ce qui m’agace dans cet usage du terme “cloud computing” c’est que l’on mélange un hébergement standard (j’accède à des machines virtuelles sur lesquelles j’exécute une requête SQL sur un serveur MySQL par exemple) avec la vrai définition du cloud qui consiste à ajouter une couche d’abstraction au dessus de l’infra logicielle via une interface de programmation (API). Exemple S3 d’Amazon. La mutualisation de datacenter, ce n’est pas du cloud computing.

admin le 05/04/2010

D’où l’intérêt de développer l’auto-hébergement et le cloud-computing en P2P… (voyez, e.a. http://www.framablog.org/index.php/post/2010/04/11/moglen-freedom-cloud )

En plus de la liberté gagnée, il existe des serveurs à très basse consommation (4-10w) qui suffisent pour un usage individuel.

eJim (non vérifié) le 15/04/2010

Je vous invite à regarder le site suivant ( http://www.bloomenergy.com/customers/ ) vous comprendrez pourquoi cet article est dépassé. Bonne journée!

Collin (non vérifié) le 18/05/2010

@Collin : Je ne comprends pas le lien avec Bloom Energy ? Pouvez-vous être plus explicite SVP ?

admin le 20/05/2010

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