Quand ça rame, les consommateurs changent d’ordinateur

Lenovo - T520 - bottom - emplacements d'extension

Seuls quelques modèles d'ordinateurs professionnels haut de gamme sont facilement extensibles. Ici, le Lenovo T520.

L’ordinateur est une source de stress pour beaucoup de français, notamment en raison des bugs et autres arrêts intempestifs, mais aussi et surtout de la lenteur de certaines applications. C’est ce que révèle une récente étude*.

La moitié des français ont été insatisfaits des performances générales de leur ordinateur au cours des 6 derniers mois. Cela a représenté une source de stress pour 91 % d’entre eux. Et même un stress important pour 35 % : plus que de payer ses factures, d’être pris dans les embouteillages, ou de faire sa déclaration d’impôt !

Quand leur ordinateur rame, 53 % des utilisateurs ont le sentiment de perdre du temps alors qu’ils sont supposés en gagner. Alors qu’un utilisateur sur quatre (26 %) est capable d’identifier le problème technique (manque de mémoire vive), la même proportion explique que le plus frustrant, « c’est de ne pas savoir quoi faire pour régler le problème ».

Une opération rendue complexe
Seule une minorité a déjà entrepris d’ajouter elle même de la mémoire dans sa machine car l’opération est trop compliquée. Il est en effet très difficile de démonter un ordinateur portable pour y ajouter de la mémoire. Seules certaines gammes professionnelles de quelques constructeurs - Thinkpad de IBM / Lenovo par exemple – proposent une petite trappe permettant de réaliser cette opération en moins d’une minute…

Associée à un usage quotidien de l’ordinateur, cette difficulté technique accélère l’obsolescence des ordinateurs. Les plus accros (33 %) ne peuvent se passer de leur ordinateur plus d’une journée et la majorité (51 %) ne peut vivre sans lui plus d’une semaine. Difficile dans ces conditions de laisser son PC chez un réparateur. D’autant que le coût de l’opération peut alors sembler prohibitif…

* étude de l’Institut Ipsos réalisée pour Crucial.fr auprès d’un échantillon de 803 personnes représentatif de la population française possédant un ordinateur. Les interviews ont été réalisées par Internet du 26 octobre au 1er novembre 2012. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas sur les variables sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle de la personne interrogée et région.


Commentaires

@Frédéric : ” Il est en effet très difficile de démonter un ordinateur portable pour y ajouter de la mémoire. Seules certaines gammes professionnelles de quelques constructeurs - Thinkpad de IBM / Lenovo par exemple – proposent une petite trappe permettant de réaliser cette opération en moins d’une minute…”

C’est sans doute un peu exagéré, sur de très nombreux portables de différentes marques, qu’ils soient grand public ou pro, la-dite trappe existe bien.
En revanche, identifier le bon modèle de barrette mémoire est un tantinet plus difficile. Une petite recherche sur la toile s’avère nécessaire dans bien des cas, et là, un brin de connaissance peut faciliter les choses.

Pas plus tard que samedi dernier encore, un de mes clients a pu redonner une nouvelle jeunesse à son “vieux” portable Toshiba souffrant de lenteur chronique avec 512Mo de RAM d’origine, en acquérant 2Go de RAM pour 2 x 18€ + le port qu’il a lui même monté mardi.
Il a aussi accepté un double-boot Ubuntu et depuis n’en croit tout simplement pas ses yeux ! Sa machine démarre et est opérationnelle en 1’ chrono en main, contre près du triple sous XP.

Il faut être conscient, me semble-t-il, que les vendeurs de PC ont intérêt à livrer des machines grand public ou petits professionnels avec une mémoire RAM juste suffisante, et “respectant” la préconisation MS en la matière, c’est à dire permettant à Windows de fonctionner à T0.
Par la suite, en installant des logiciels plus ou moins utiles, plus ou moins nécessaires et surtout plus ou moins gourmants en ressources machines, l’ordinateur a besoin de “swapper” sur disque, c’est à dire, de libérer de la mémoire RAM en recopiant des données sur disque (le swap). Cette opération est nécessairement très couteuse pour l’OS et particulièrement lente.

En disposant d’une plus grande mémoire RAM, on retarde ce swapping, c’est à dire que la machine ramera, certes, mais qu’à partir d’un plus grand nombre d’applications ouvertes en même temps (même si l’utilisateur ne les “voit” pas toutes !). Dans beaucoup de cas d’utilisation, l’utilisateur n’atteint pas ce seuil, ou rarement.

Ajoutons à cela les antivirus en mémoire, les applications inutiles en mémoire, etc… et la coupe est pleine ! Sans parler du système de clés de registre anthropique de Windows…

GNU/Linux pour l’utilisateur lambda sur le PC fut et reste l’objet de nombreuses critiques, la situation a cependant énormément changé depuis quelques années, mais croire que Windows soit “autosuffisant” pour se gérer correctement, notamment par rapport à ses performances qui se dégradent continuellement est une grande erreur. Il faut de bonnes compétences pour intervenir là où il faut, quand il le faut, pour “traiter le problème”.

N’oublions pas non-plus que chaque vente de nouveau PC alimente les comptes des marques, mais aussi de Microsoft puisque, vente liée oblige bien qu’illégale, Windows est systématiquement refacturé au client !

De là à soupçonner une collusion entre les fondeurs, les fabricants et MS sur le dos des clients (1,5 millards à la louche)…

i.d & l (non vérifié) le 22/03/2013

Sur la plupart des modèles, la mémoire est très accessible. Souvent, c’est une petite vis à ôter. Ne pas oublier également les magasins d’informatiques, qui sont souvent de bons conseils. Un commerçant honnête vous indiquera quelle mémoire prendre, sans vous conseiller de changer d’ordinateur. Si, si, il y en a encore !

Pour répondre (succinctement) à i.d&l, Oui, GNU/Linux est un monde formidable, mais malheureusement pas à la portée de tout le monde comme un Windows. A la maison, j’ai du Win XP, 7, Ubuntu (12.04). Même si de gros efforts d’ergonomie ont été faits sur Ubuntu, on est encore loin de la facilité d’utilisation d’un Windows. Le plus stable, après Linux, c’est Seven 64 (pas encore testé de manière approfondie 8).
La vente liée n’est plus, les PC sont vendus avec un OS, mais si on refuse le contrat de licence, on peut se la faire rembourser (la case à cocher lorsqu’on allume un PC. De ce fait, si vous avez une licence active, vous pouvez la transposer sur la nouvelle machine. Ou installer un OS alternatif.

Stef (non vérifié) le 22/03/2013

Attention à ne pas aller trop vite en besogne, il m’est souvent arriver de constater sur plusieurs ordinateurs (à mon ancien poste) des disques durs trop plein.

Avant de rajouter de la RAM, il faut vérifier que l’on a pas rempli son DD auquel cas, il faut un peu le vider. Un coup de CCleaner suffit dans de nombreux cas.

Eastchild (non vérifié) le 22/03/2013

Pour être précis, on parle plus à présent de “vente forcée” que de “vente liée”, mais ça dépend des tribunaux saisis apparemment…

@Stef : “Même si de gros efforts d’ergonomie ont été faits sur Ubuntu, on est encore loin de la facilité d’utilisation d’un Windows.”

J’ai récemment aidé un utilisateur un peu âgé dans son utilisation courante de W7, suite à un changement de machine. Il utilisait auparavant XP, et ne s’en sortait plus avec la nouvelle “mouture”.
Un “simple” changement de version de produit s’accompagne souvent d’un changement d’interface utilisateur, et de re-apprentissage (qu’il soit auto ou via l’aide d’un tiers).
Et je ne parle pas d’Office 2007 vs les précédentes version, là c’est parfois un rejet catégorique d’utilisateurs.

J’ai aussi équipé quelques 10aines de personnes (pro ou part) avec Ubuntu depuis 3 ans. Soit en unique système sur la machine, soit en double boot (ce qui rassure certains, ou lorsqu’il reste des logiciels “Windows only”).
Deux seulement n’ont pas adopté Ubuntu.
Passée la prise en main, souvent 2x2h parfois 2h de plus, ils s’en satisfont pleinement et, pour ceux qui auront conservé Windows, avouent quelques mois plus tard “n’y aller que rarement ou plus du tout”.

Bien entendu, ce ne sont pas des utilisateurs avec des usages spécifiques pointus (encore que pour certains…), nécessitant des logiciels seulement disponibles sur Windows ou MAC. Simplement des utilisateurs représentatifs de la très grande majorité.

@Stef : “La vente liée n’est plus, les PC sont vendus avec un OS, mais si on refuse le contrat de licence, on peut se la faire rembourser (la case à cocher lorsqu’on allume un PC.”

Oui ce n’est pas faux et le lecteur pourra ce reporter à cet article pour savoir comment procéder.

@Eastchild : oui, un disque dur, et surtout celui qui porte le système (quand on dispose de plusieurs disques dans son ordinateur, ce qui est possible dans (presque ?) toutes les tours), ne devrait jamais être plein au delà de 80% pour conserver un bon niveau de performance.

Pour les Windowsiens, la défragmentation du/des disques est également une opération permettant de conserver des performances.

i.d & l (non vérifié) le 22/03/2013

On constate dans de nombreux cas que le problème de ralentissement est souvent du à une accumulation accumulation de barre d’outils ou de logiciel inutile

avocat fiscaliste (non vérifié) le 23/03/2013

@all : lorsque j’explique qu’il est très difficile de remplacer la mémoire vive, je parle des ordinateurs récents utilisés par les entreprises : netbook, ultra-book, laptop d’une diagonale inférieures à 15 pouces et autre ordinateurs portables “light”. Mis à part les netbooks,

A moins de taper sur une gamme “professionnelle”, je réaffirme qu’il n’est pas si facile que ça d’ajouter de la mémoire vive, quand c’est possible (certains modèles sont limités à 2 ou 3 Go de RAM maxi.).

admin le 23/03/2013

C’est tout de même terrible de voir qu’on associe automatiquement et simplement un problème de lenteur à un manque de mémoire vive… si seulement c’étais aussi simple.

Oviri (non vérifié) le 24/03/2013

@Oviri : ça n’est effectivement pas toujours aussi simple. Cependant, dans de très nombreux cas, il suffit quand même d’ajouter de la mémoire vive, de remplacer le disque dur par un SSD, et de faire un petit ménage de la couche applicative pour retrouver un ordinateur vraiment plus performant.

admin le 25/03/2013

lo,
Faire travailler les ordinateurs existants de façon differente, en mode terminal…. permet de mettre tout le monde d’accord.
Tous les utilisateurs vont à la vitesse … du serveur. Actuellement un PII 166 avec 256Mo de ram fait un tres bon terminal et ira aussi vite qu’un Mac à 3k€… (ok sur nos serveurs ce ne sont que de l’open source, des logiciels libre :-) )
Tout le monde ne fait pas du blender, du SIG, quand nous voyons les collectivités acheter des config à 4go de ram, 4c, 500go de DD, tout ça pour… de la bureautique.
De plus nous avons plein de bon matériels qui fonctionne encore… autant les utiliser jusqu’à leur vrai fin de vie (electronique…)
 fa

ps: pour celles et ceux qui souhaitent vraiment booster leur machine (locale), faite le test d’un Lubuntu (ubuntu + lxde) c’est impressionant ! sinon tester dotriver :-)

fa (non vérifié) le 29/03/2013

@Fa : merci pour cette piste supplémentaire. C’est vrai que j’aurais du préciser qu’il y a deux situations différentes :

1) l’utilisateur est sédentaire. Dans ce cas, c’est effectivement très intéressant de transformer des ordinateurs de bureau en bout de course (pour lesquels l’ajout de mémoire vive n’est pas suffisant) en terminaux / clients-légers.

2) l’utilisateur est nomade. Dans ce cas, le mieux que l’on puisse faire est d’ajouter de la mémoire vive et de remplacer le disque dur par un SSD. Même sur une machine en IDE (P-ATA) de 12 ans (mon Thinkpad), donc avec des bus données et mémoire / CPU “lents”, les gains de performance sont impressionnants.

admin le 29/03/2013

@Fa : avec un bon serveur (de ce qui ont pu être présenter par Nvidia lors d’un salon du jeu vidéo) et une connexion de l’ordre du GB/s tu peux aussi faire du blender, GIMP, Inkscape, etc. à partir d’un “petit” terminal ;-)

Sinon, une autre distribution Linux qui fonctionne très bien sur de très petite configuration : Damn Small Linux

Et si vraiment on a une “vieille tour” on peut toujours la recycler :
- en routeur avec Coyote Linux
- en pare feu (et/ou en VPN il me semble) avec la distrib Wolverine
- en serveur de stockage NAS en y ajoutant des disque durs et une distrib linux/BSD légère

P.S.: il doit surement exister d’autres recyclage de tour possible mais là, je n’ai plus d’idée.

Eastchild (non vérifié) le 29/03/2013

Elle est incroyable cette statistique, je trouve. Je ne suis pas étonné de voir beaucoup de gens qui ont le réflexe dechanger de pc, mais plus de la moitié, je trouve ça dingue.
D’autant plus que Windows participe évidemment, avec grand intérêt, à cette illusion qu’un PC qui ralentit est à changer. Les vendeurs de PC ont de beaux jours devant eux…

Maison originale (non vérifié) le 01/04/2013

C’est vrai que quoi qu’on fasse, un PC portable même récent ralentit rapidement. Et plus le temps passe, plus ça s’empire. Quand on est pas spécialiste en informatique, on est tentés de vouloir en acheter un nouveau. C’est tout bénéf’ pour les vendeurs de PC effectivement…

Anonyme (non vérifié) le 29/07/2013

Je trouve assez triste ce phénomène d’obsolescence programmée dans l’informatique, qui d’une part s’infiltre dans la tête des consommateurs (si mon ordi rame, c’est forcément qu’il doit ne plus marcher).

A mon petit niveau, je la vois tous les jours dans l’outillage de jardin ou l’équipement de la maison.

C’est en fait davantage une technique très poussée de marketing qui est, je pense très vicieuse. Voilà, petit coup de gueule ! Merci pour l’article.

Nettoyeur Haute Pression (non vérifié) le 14/04/2014

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