Contribution Climat Energie : la taxe carbone impactera-t-elle l'informatique ?

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La taxe carbone impactera-t-elle les DSI ?

Ces 2 et 3 Juillet, sous la présidence de Michel Rocard, se sont ouverts les premiers débats sur la « contribution Climat-Energie »(CCE), la fameuse « Taxe Carbone ». C’est sous une chaleur écrasante, signe probable de la Nature, que se sont succédés à un rythme soutenu des chercheurs, économistes, fiscalistes, syndicalistes, ONG, Entreprises et autres représentants de l’Administration.

Nous y étions, et nous vous livrons nos retours…à chaud ! :

• A l’unanimité, la trentaine d’intervenants s’est prononcée en faveur de cette « taxe », mais avec des modalités différentes. Nous serions le 10eme pays en Europe à instaurer une telle taxe.
• Une majorité plaide pour un système de Taxe et non de Quotas, dont l’efficacité sur les Gaz à Effet de Serre (GES) pose question en temps de crise économique, vu l’effondrement des cours du Carbone. Le vrai débat au demeurant, et non résolu, concerne la coexistence entre les deux systèmes : une entreprise soumise à Quota sera-t-elle également soumise à la « Taxe » ? Sachant que la taxe fixerait un « signal-prix » de départ à 32 € la tonne de Carbone, alors qu’actuellement le marché de quotas la valorise à 13 €. Il pourrait y avoir une distorsion dans le système.
• Le terme de « taxe » a d’ailleurs été contestée, puisqu’il s’agit plutôt d’une « pompe aspirante et refoulante » comme l’a fait remarquer un intervenant fiscaliste. L’argent prélevé par l’état sera réinjecté dans le système. Mais comment ? sur quels critères ? A qui ? ces points n’ont pas été abordés de façon convaincante.
• Le chantier parait immense et encore balbutiant, malgré la pression politique : comment va être prélevée la taxe (à la source comme la TIPP ou sur déclaration annuelle), sur quelles énergies, quels sont les prélèvements qui vont être réduits (Taxe professionnelle, cotisations sociales, …)
• La taxe pour les « ménages » a provoqué des débats très virulents, la difficulté à la mettre en place en temps de crise pourrait entrainer un report plus important vers les entreprises.

Le débat se déroulait entre la salle et l’estrade plutôt qu’entre les experts, très policés. La salle semblait déçue de la proposition d’une taxe « amont » sur l’énergie consommée, plutôt qu’une taxe « aval » sur le Carbone réellement émis par un produit au long de son cycle de vie. Cette dernière, bien qu’idéale, serait trop complexe à appliquer, sauf peut-être sur quelques typologies de biens : voiture, frigidaire, (ordinateur ?), …

Quoi qu’il en soit et même s’il est encore difficile de faire des conclusions, les Systèmes d’Information vont devoir intégrer cette nouvelle fiscalité :

• Suivant une décision de taxer l’énergie électrique, point qui divisait fortement les experts, les infrastructures informatiques représenteraient un poste non négligeable dans le montant de la taxe pour certaines entreprises, en particulier dans le secteur tertiaire.
• La première étape consistant simplement à mesurer son empreinte Carbone deviendra nécessaire. Prenez par exemple le cas du compteur géant de CO2 qui vient d’être installé par Deutsche Bank au Madison Square Garden de New York (http://www.dbcca.com/dbcca/EN/). La philosophie est simple (même si elle est un peu marketo-greenwashing) : c’est quand on connait la vitesse à laquelle on roule qu’on lève le pied !
• Au-delà de la simple mesure des émissions Carbone, la comptabilité des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) ou au minimum des achats d’énergie « carbonée » pourrait devenir un indicateur de pilotage financier, au-delà de l’enjeu environnemental.
• La réduction de la taxe pourrait également devenir un enjeu, et accélérerait ainsi la mise en œuvre d’applications collaboratives permettant de gérer les projets de réduction, de changer des processus de supply chain, d’auditer des sites, d’impliquer le management, …
• Le ROI de telles solutions « ERP-Carbone » serait simple à calculer, sachant qu’une économie de quelques points de taxe justifierait la mise en place de ces applications.

Bref, ce nouveau mécanisme est certainement une contrainte nouvelle pour les entreprises. Elles vont s’appuyer sur leurs DSI, qui ont l’opportunité de prendre en main le pilotage de cette nouvelle fiscalité. Ceux qui devanceront la fiscalité seront d’ailleurs les plus agiles quand elle entrera en vigueur. Mais il reste du travail et les débats de la deuxième conférence, dans deux semaines, promettent de monter en température. Plus d’informations sur la conférence ici : http://www.contributionclimatenergie.fr/


Commentaires

Excellent article. Merci. Quels sont les outils informatique actuellement disponibles pour les entreprises ?

Anonyme (non vérifié) le 06/07/2009

@Anonyme : Merci pour la remarque. Il y a déjà beaucoup d’éditeurs “pure players” qui se sont penchés sur le sujet, dont beaucoup ont déjà fait l’objet d’articles sur le blog. On peut citer Verteego en France, GreenStone Carbon Mgt en Angleterre ou CarboNetworks au Canada (c’est loin d’être exhaustif) parmi les meilleurs. Même s’ils sont tous sur ce terrain, les positionnements diffèrent toutefois un peu. Les gros éditeurs commencent également à s’intéresser au sujet, par exemple SAP qui vient d’acquérir ClearStandards. Mais si tu suis un peu les sites des gros éditeurs, tu verras que Microsoft, Oracle ou CA sont également sur les rangs… Il risque d’y avoir encore de la consolidation.

TRudowski le 06/07/2009

Merci pour ces liens. J’étais tombé sur Enablon. Ils sont concurrents non ? Vous devriez publier un comparatif de ces outils.

Anonyme (non vérifié) le 07/07/2009

@Anonyme : On a publié en mars dernier un article présentant Verteego, Tennaxia et Enablon, c’est un début de comparatif ;-)

FLohier le 07/07/2009

@anonyme, TRudowski :
“Vous devriez publier un comparatif de ces outils.”
+1 : Thierry, c’est ta prochaine mission (si tu l’acceptes).

admin le 07/07/2009

Avec plaisir, je vais m y atteler. Vaste chantier…

TRudowski le 07/07/2009

Merci Thierry pour ce compte-rendu.

Je suis assez déçu du fait que l’idée d’une taxe “aval” aie été abandonnée aussi vite, d’autant plus que si l’ACV des produits devient obligatoire pour répondre aux exigences d’étiquettage du Grenelle 2, je ne vois pas vraiment où se situent les difficultés d’applications ?

Benjamin Tincq (non vérifié) le 07/07/2009

@Benjamin : la difficulté se situe dans le coût et le délais de réalisation de l’ACV.

HP estime qu’il lui faudra 3 ans pour faire le bilan carbone de chaque modèle de ses PC car il empile 6 niveaux de fournisseurs. C’est la première difficulté.

La deuxième difficulté vient du manque de personnel qualifié en France. Il n’y a que quelques centaines de certifiés bilan carbone. Alors l’ACV… Je doute que les politiques qui devront traduire Grenelle 2 en loi ont l’expertise suffisante pour arriver à délimiter un périmètre ACV générique :-) !

admin le 07/07/2009

@Thierry : top ! Je suis en support si nécessaire.

admin le 07/07/2009

@Benjamin : la question que tu poses a été posée par la salle, c’est légitime. La réponse des experts est la suivante : une taxe doit avoir les caractéristiques suivantes (je ressors mes notes) :
- avoir une assiette certaine
- ne pas être contre-productive

La taxe sur le Carbone ajoutée (c’est le nom de la taxe aval) pourrait être évaluée, pas calculée (car il faudrait connaître celle de tous les produits de ses propres fournisseurs). En outre, elle pourrait pénaliser la production par son taux (comme une TVA trop élevé)
C’est ma compréhension de non-expert en fiscalité

TRudowski le 07/07/2009

bonjour, qui pourrait me donner la liste précise des pays européens qui ont déjà adopté cette “taxe carbonne” ainsi que quelques liens pour que je puisse voir ce que font nos voisins européens.
merci d’avance

mike (non vérifié) le 23/07/2009

[...] envisagées par la France est d’établir un prix pour le carbone et de mettre en place une taxe carbone dès 2011. Cela confirme l’importance grandissante d’effectuer un bilan carbone de ses activités, [...]

Energie › Bilan carbone : premiers retours d& (non vérifié) le 27/07/2009

Je ne comprend pas comment, comment, on peut avoir signé le pacte de Nicolas Hulot au printemps 2007 et aujourd’hui renier sa parole et ne pas faire ce qu’on a dit qu’on ferait. Je l’ai signé, je le fais. C’est une question d’honnêteté. Si on ne le fait pas, on est pas honnête. Et la démocratie républicaine, et parlementaire, ne peux pas continuer à fonctionner avec des gens qui ne respectent pas la signature qu’ils ont donné.

chaussettes (non vérifié) le 25/03/2010

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