Faut-il choisir entre disponibilité du datacenter et PUE ?

Datacenter

Datacenter

Dès lors que les équipements informatiques sont hébergés dans un datacenter, celui-ci dispose par essence d’une infrastructure complexe (onduleurs, batteries, groupes électrogènes,climatisations…) destinée à maximiser le taux de disponibilité des équipements qu’il héberge. La norme TIER définie par l’UPTIME Institute classifie les datacenters de 1 à 4. Pour faire simple, les datacenters de type TIER 1 disposent d’une seule chaine électrique alors que les datacenters de type TIER 4 disposent de 2 chaines électriques en redondance totale. Par voie de conséquence ces derniers assurent une disponibilité statistique de 99,995% soit une indisponibilité de 0,5 heure par an contre 99,671 % et 28,8 heures d’indisponibilité statistique annuelle pour ceux de type TIER 1.

A l’heure ou le fonctionnement de chaque entreprise est de plus en plus dépendant de l’informatique, la tendance actuelle est de privilégier des datacenters avec le niveau de TIER le plus élevé. Sans rentrer dans le débat de la légitimité de cet indice, on constatera tout au moins que l’on attend un taux de disponibilité de plus en plus important.

Par voie de conséquence, ce type de datacenter suppose une infrastructure plus importante qui augmente logiquement le PUE.Ceci est d’autant plus vrai qu’une architecture classique de type TIER 4 implique de répartir la charge entre les sources de production électrique. Ceci conduit les onduleurs à être chargés autour de 40% et donc moins efficients que dans leur plage de fonctionnement de prédilection située autour de 80%. Ces derniers ayant un moins bon rendement, ils contribuent à dégrader encore le PUE.

Il est donc plus facile d’avoir un bon PUE avec un faible niveau de TIER et l’on voit bien que cette indicateur, certes pertinent du strict point de vue écologique, n’en est pas moins insuffisant.

Comme il ne se passe pas un mois depuis le début de l’année sans une nouvelle annonce d’un PUE record (ADC,Microsoft…), il conviendrait, pour plus de pertinence, que ceux-ci affichent leur niveau de TIER ou le taux de disponibilité statistique du site. On peut toujours rêver…


Commentaires

Excellent cet article, effectivement un PUE tout seul ne veut pas dire grand chose.
Le taux de disponibilité d’un datacenter doit effectivement rester le premier critère à prendre en compte.
Ce qui est aujourd’hui important c’est que la prise en compte de ce critère de disponibilité n’est plus incompatible avec l’efficacité énergétique du datacenter.
Ceci est surtout vrai côté “refroidissement” où le fait d’adopter quelques bonnes pratiques simples à mettre en oeuvre peut améliorer grandement le PUE.
Nous connaissons les grands principes :
- Séparation des flux d’air chaud et froid grâce à l’urbanisation des racks et à la mise en place d’obturateurs pour combler les vides.
- Refroidissement au plus prêt de la source de chaleur
- Etc…
Je constate qu’il y en a un qui est très souvent oublié : Le faux plancher.
Celui-ci a en effet très souvent une double vocation, diffuser l’air froid au pied des racks et permettre le cheminement des câbles. Pourtant la hauteur de ce faux-plancher est très souvent inférieure à 40cm, les chemins de câbles deviennent alors des obstacles infranchissables pour l’air froid qui reste confiné au pied des climatiseurs diminuant grandement leur efficacité.
La solution passe par deux principes à respecter :
- Décentraliser la distribution électrique au niveau des allées de racks pour limiter les câbles.
- Faire cheminer les câbles sur le toit des racks en séparant les câbles dits de puissance véhiculant “énergie électrique” des câbles réseaux ou “courant faible”.

Philippe LEBRETON (non vérifié) le 03/06/2009

Merci pour votre commentaire.

Je partage votre avis sur le faux-plancher souvent considérés basique et secondaire alors qu’il a une influence très importante sur la distribution du froid.

On considère que la hauteur du faux-plancher doit même être de 80 cm dès que l’on atteint la puissance de 1 Kw / m².

Il faut aussi considérer finement l’emplacement des dalles perforées, leurs caractéristiques en terme de débit d’air mais aussi l’obturation des sorties de câbles dans les dalles pour confiner l’air la ou il est censé aller.

Tout ceci contribue à une meilleure optimisation de la gestion du froid et donc à limiter ce besoin. Pour mémoire, le refroidissement est le plus gros consommateur électrique dans le datacenter, agir sur ce dernier est donc la démarche “green” potentiellement la plus efficace.

Tristan.Labaume le 03/06/2009

Le faux plancher est effectivement très important pour le froid, c’est pourquoi il est tout aussi nécessaire de travailler le rangement des câblages pour éviter l’obstruction du flux d’air ! Car dans les entreprises pour lesquelles j’ai travaillé, le plancher était plein a craquer de câblage plus ou moins mal rangés, du coup dans une telle situation l’air ne circule presque plus !

Marc BOITEL (non vérifié) le 03/06/2009

[...] 0 n’existe pas). Je détaille mon propos de manière plus sérieuse et plus technique ici http://www.greenit.fr/article/energie/faut-il-choisir-entre-disponibilit... Partager sur Viadeo Tags: consommation électrique, datacenter, efficacité énergétique, [...]

Hébergeur › Notre datacenter a atteint un P.U.E. (non vérifié) le 03/07/2009

Poster un nouveau commentaire

Le contenu de ce champ ne sera pas montré publiquement.