EDF propose une nouvelle offre d’électricité 100 % renouvelable

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EDF a profité de la COP21 pour lancer une nouvelle offre de fourniture d’électricité pour les particuliers et les professionnels, assurant à ses clients, via des garanties d’origine, qu’une quantité d’électricité d’origine renouvelable équivalente à leur consommation (ou comprise entre 20 % et 100 % pour les professionnels) est injectée sur le réseau électrique.

En complément, EDF reverse entre 1 euro (professionnels) et 2 euros (particuliers) par MWh pour financer des projets de recherche sur les énergies renouvelables. Pour les particuliers, l’énergéticien annonce un surcoût de moins de 2 euros par mois par rapport à une offre classique. Pour les professionnels, le prix est en moyenne 2 % plus élevé par rapport à un contrat classique.

Venant d’EDF, un acteur qui a reçu le Prix Pinocchio en 2015, il convient d’analyser attentivement la proposition commerciale avant d’y souscrire. Ce qu’a fait l’UFC-Que Choisir.

Une offre à la limite du greenwashing

Selon l’association, il y a tromperie sur la marchandise, à trois niveaux. D’une part, EDF ne s’engage pas à développer ses capacités de production d’électricité à partir de sources renouvelables. L’électricité provient essentiellement des centrales hydroélectriques existantes (grands barrages). EDF ne modifie pas fondamentalement son mix électrique principalement issu du nucléaire. Cette nouvelle offre revient donc à attribuer aux souscripteurs une partie de la production hydraulique et aux clients lambda l’électricité produite à partir d’autres sources : nucléaire, énergies fossiles, etc. Bref, on clarifie la situation sans la changer.

D’autre part, les programmes de recherche financés ne portent pas sur la production d’électricité renouvelable mais sur des outils de prévision de production et de stockage de l’électricité. Des recherches qu’EDF devra financer avec ou sans clients pour son offre 100 % renouvelable. Il s’agit donc, là encore, d’un tour de passe-passe.

Enfin, EDF vend à prix d’or une électricité « qui ne lui coûte pas grand-chose en production, les barrages étant amortis depuis longtemps » estime l’UFC-Que Choisir. Le MWh (1 000 kWh) coûte « 3,40 euros de plus que le tarif réglementé en tarif de base, 2,60 euros de plus en heures pleines et 3,90 euros de plus en heures creuses. Sans compter le surcoût prohibitif des abonnements en petites puissances 3 et 6 kVA » ajoute l’association de consommateurs.

Au final, avec cette opération proche du greenwashing, EDF prend les français pour des bobos dépourvus de cervelle. Dommage, car la transition énergétique est une nécessité.

A propos des garanties d’origine
Le mécanisme des garanties d’origine est défini dans la directive européenne 2009/28/CE relative à la promotion de l’utilisation de l’énergie produite à partir de sources renouvelables qui a ensuite été transposée en droit français (décret 2006-1118 du 5 septembre 2006 modifié par le décret n° 2012-62 du 20 janvier 2012 et l’arrêté du 8 novembre 2007). Depuis le 1er mai 2013, c’est la société Powernext qui assure la tenue du registre des garanties d’origine.

Une garantie d’origine de 1 MWh est créée lorsqu’un producteur d’énergie injecte 1 MWh d’électricité issue d’énergie primaire renouvelable (éolien, solaire, hydro., etc.). On peut alors acheter le certificat associé pour s’assurer que la même quantité d’énergie « renouvelable » que celle que l’on a consommée (qui ne peut pas être 100 % renouvelable) a été injectée dans le réseau. Une partie du coût du certificat de garantie d’origine sert à financer le développement de capacité de production renouvelable.

Sources : GreenIT.fr, http://www.prix-pinocchio.org/nomine/edf/, http://www.quechoisir.org/environnement-energie/energie/electricite-gaz/…, http://clients.rte-france.com/lang/fr/clients_producteurs/services_clien…, http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT0000251780 et http://www.powernext.com/#sk;tp=app;n=page;f=getPage;t=page;fp=system_na…


Commentaires

Quelle différence avec les autres offres 100% renouvelable ?

Dans tous les cas il s’agit d’avoir des garanties d’origine renouvelable en plus de son électricité, et si tout le monde s’y met ça obligera les producteurs à augmenter la part de renouvelable dans leur mix.

C’est la même chose pour Lampiris dont vous faisiez l’éloge il y a quelques mois, comme pour Enercoop dont l’électricité vient principalement de centrales hydrauliques amorties.

Marc J. (non vérifié) le 02/03/2016

@Marc J. : L’article sur Lampiris n’était pas aussi critique qu’il aurait du l’être. Mea culpa. D’ailleurs, nous nous sommes fait tirer les oreilles par les lecteurs les plus attentifs.

Nous mettons ici en avant deux idées.
1. Attention, tous les kWh électriques ne se valent pas. Il faut regarder en détail le mode de production.
2. Pour l’hydro, il y a le pompage nucléaire (qu’il faut éviter) et le reste.

Pour l’hydro, mieux vaut préférer les garanties d’origine des petits producteurs hydro (qui ne recourent pas au pompage). Deux exemples. La CNR (Compagnie Nationale du Rhône), leur kWh électrique hydro provient uniquement des turbines installées sur le Rhône. Autre exemple, le producteur auquel GreenIT.fr achète ses certificats ( http://www.wattimpact.com/v2012/Sceau-fr.aspx?urlreferrer=http://www.gre…) ne fait pas de pompage.

admin le 02/03/2016

Hello,

Le mécanisme des Garanties d’Origines est inefficace aujourd’hui en France. N’importe qui peut acheter de l’énergie grise (ex : lampiris, planète oui, …) ou meme directement nucléaire via l’ARENH et la rendre vert en achetant des GO qui sont dissociés de l’énergie et qui peut venir de n’importe où en Europe. Le marché des GO ayant beaucoup plus d’offre que de demande, le prix pouvant être de 1 centimes à 1€ voir 10€ si le fournisseur veut payer cette somme. Faire une offre verte ne coûte donc rien au fournisseur.

Ce qui différencie Enercoop des autres fournisseurs verts, c’est le fonctionnement en coopérative à intérêt limité et le fait qu’il s’approvisionne directement auprès des producteurs d’énergies renouvelable. C’est leur logique 100% contrat direct.

C’est vrai qu’aujourd’hui leur mix est essentiellement du vieux hydro, mais c’est parceque le marché de l’énergie n’est pas encore assez ouvert et Enercoop n’est pas en capacité d’acheter à d’autres producteurs, quel seul EDF peut racheter.

Heureusement avec la loi sur la transition énergétique et la pression de la commission européene cela est en train de changer, et les GO vont bien finir par sauter.

@+

Yves (non vérifié) le 05/03/2016

Cet article de Slate résumé bien la problématique qu’évoque Yves.
J’adhère à 100%. Dommage que je ne puisse pas franchir le pas pour le moment à cause de moyens limités (120€ de plus par an). Mais c’est un devoir citoyen que de passer chez eux donc je le ferais tôt ou tard.

Le propre des GO est de masquer l’utilisation d’électricité dont on ne connait pas l’origine par du rachat dont on garantie simplement l’origine renouvelable.

Je pense qu’il existe des alternative “moins mauvaises” aux fournisseurs de l’a.n.o.d.e (planète oui, lampiris, direct energie…) comme energem : fonctionne avec le mécanisme des GO mais leur énergie est produite par leur propre parc de trois centrales hydroélectriques situées à Wadrinau, Jouy-aux-Arches et Argancy près de Metz.

Barbe (non vérifié) le 05/03/2016

L’article en question :http://www.slate.fr/story/98421/tour-eiffel-vraie-fausse-electricite-renouvelable

Barbe (non vérifié) le 05/03/2016

@Barbe, @Yves : je ne partage que partiellement votre analyse. Pour un particulier : 100 % d’accord.

En revanche, que fait on quand on ne maîtrise pas l’approvisionnement en électricité de ses serveurs et de ses lecteurs ? Entre ne rien faire et acheter des GO, il y a un réel intérêt à acheter des GO.

Y’a encore un truc que je n’ai pas compris ?

admin le 06/03/2016

Concernant ma remarque sur les prix pratiqués par Enercoop, la hausse des prix des tarifs réglementés est telle que d’ici deux ans les prix seront alignés et là je ne vois pas ce qui me retiendrait d’y passer (pour ma consommation il y avait un écart de 120€ l’année dernière qui est passé à 80€ en 2016).

@frédéric: ce que je reproche au système des GO c’est leur opacité: je suis peut-être passé à côté mais je n’ai pas trouvé l’origine de l’électricité. Ça me fait un peu penser aux crédits carbone : je peux polluer puisque je compense par ailleurs. C’est un début mais l’incitation à la transition énergétique est faible.
Enercoop intègre dans son prix les investissements en faveur du développement des énergies alternatives au nucléaire alors que d’autres ne le font pas.

Barbe (non vérifié) le 08/03/2016

@frédéric : je ne sais pas si vous en avez parlé auparavant mais comme pour les prix du carburant, il existe un comparateur de l’énergie lancé par le “médiateur de l’énergie” qui permet de comparer les fournisseurs d’énergie par une analyse multi-critère et adapté à la zone géographique : coût du tarif, nature de ce tarif (prix indexé,etc.), taux d’énergie verte.
C’est sur http://comparateur-offres.energie-info.fr

Seul bémol, l’actualisation des tarifs pas tous à jour, ce qui m’a fait dire que Enercoop était bien trop cher mais j’ai révisé mon jugement quand j’ai vu l’évolution des prix en début d’année.

Barbe (non vérifié) le 24/03/2016

merci pour le lien vers le comparateur : ça m’a permis de voir qu’avec ma consommation, je n’aurais que 4€ de plus par mois en passant chez Enercoop par rapport au tarif EDF classique. Et en effet, les prix se rapprochent d’années en années !

Anonyme (non vérifié) le 24/04/2016

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