Catégorie : Bonnes Pratiques

Dossier écoconception logicielle : bénéfices potentiels

Dans cette quatrième partie de notre dossier consacré à l’éco-conception des logiciels, nous vous présentons des retours d’expérience concrets qui démontrent la puissance de cette démarche et justifient qu’on s’y intéresse en priorité.

Les bénéfices démontrés par les premiers retours d’expérience concrets d’entreprises telles que Microsoft, Google, IBM, LinkedIn, Facebook et bien d’autres sont tellement « monstrueux » qu’il faut souvent les re-démontrer et prendre le temps de les expliquer pour être pris au sérieux.

En effet, alors que la plupart des dossiers green IT permettent d’atteindre des économies de l’ordre 20 % à 40 % du budget initial et des impacts environnementaux (ce qui est déjà énorme), l’écoconception logicielle démontre des effets de levier compris entre 2 et 100 ! Vous n’avez pas la berlue : il est réellement possible de diviser par 100 le nombre de serveurs nécessaires au fonctionnement d’un site web. Je vous le démontrerai dans un instant avec deux retours d’expérience concrets.

Les effets de levier sont d’autant plus importants qu’ils interviennent tôt, c’est-à-dire dès les phases amont du projet. Ils sont alors, malheureusement, plus difficiles à démontrer car on ne dispose pas d’un avant / après. Mais plusieurs retour d’expérience de démarches aval (optimisation et refactoring de code existant) nous le démontre.

Jusqu’à 100 fois moins de serveurs !
Il y a 3 ans, Facebook a par exemple économisé des centaines de millions de dollars en investissant quelques centaines de jours.homme dans le développement d’un compilateur PHP vers C++. Disponible sous licence open source, Hip-Hop for PHP (appelé désormais HHVM) a permis au réseau social de diviser par 2 le nombre de serveurs nécessaires à la génération des milliards de pages servies chaque mois. Facebook a ainsi évité la construction d’un nouveau data center et récupéré près de 50 % de la capacité de ses data centers existants ! Sans compter une facture électrique divisée par 2 et des émissions de gaz à effet de serre réduites d’autant. La réduction d’empreinte environnementale est colossale car un data center de Facebook, ce sont des bâtiments d’une surface de plusieurs terrains de foot remplis à ras bord de serveurs et autres équipements électroniques.

Aussi impressionnant soit-il, cet exemple fait piètre figure comparé aux gains obtenus par IBM et LinkedIn. Le premier a démontré que la simple optimisation d’un algorithme destiné à la manipulation de données de type Big Data pouvait réduire par 100 le temps de traitement des données tout en ne nécessitant que 1 % de l’énergie initialement consommée, soit quelques centaines de kWh au lieu de plusieurs MWh. Cela signifie qu’à infrastructure (serveurs, etc.) identique, IBM peut désormais réaliser 100 fois plus de traitements à la même vitesse ! De son côté, LinkedIn s’est aperçu qu’en remplaçant un proxy écrit initialement en Ruby On Rails par un développement basé sur Node.js, il pouvait diviser le nombre de serveurs nécessaire à son site web mobile par… 112.

Les retours d’expérience concrets de ce type se comptent désormais par dizaines, et pas qu’aux Etats-Unis. De grandes entreprises françaises suivent aussi cette démarche.

Les autres retours d’expérience :

Source : GreenIT.fr

Frédéric Bordage

Expert Green IT et numérique responsable, j'ai créé GreenIT.fr en 2004 et lancé les sujets de l'éco-conception logicielle en 2009, puis de la conception responsable de service numérique en 2013. Je conseille des organisations privées et publiques sur ces sujets. Et anime, en plus de GreenIT.fr, le Club Green IT et le Collectif Numérique Responsable.

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