Catégorie : Energie

La France commence à déployer des compteurs d’eau intelligents

L’eau potable sera bientôt trop rare. Environ la moitié de la population mondiale devrait subir des limites dans son accès à l’eau potable d’ici 2030. Les Etats-Unis s’attendent même à des pénuries dans 36 états dès 2013. Or, la plupart des réseaux de distribution sont des passoires. On estime qu’ils perdent autour de 20 % de l’eau distribuée dans les pays développés et 50 % dans les pays émergents.

31 millions de compteurs d’eau intelligents en 2016
Pour améliorer cette situation, les opérateurs de réseau de distribution d’eau déploient depuis 4 ans de nouveaux compteurs, plus intelligents (smart meter). C’est le cas en Australie, sur l’île de Malte, mais aussi en France. Au total, 31 millions de compteurs d’eau intelligents seront déployés dans le monde à l’horizon 2016.

De plus en plus de projets en France
En France, après le projet du Syndicat des eaux d’Ile de France (Sedif) en 2010, la Communauté d’Agglomération Havraise (CODAH) est entrain d’équiper l’ensemble de son territoire – 243 348 habitants, 17 communes – avec 100 000 compteurs d’eau communicants. La télérelève est opérée par m2ocity, une filiale de Veolia Eau et Orange. L’investissement s’élève à 15 millions d’euros sur dix ans. Le déploiement des compteurs est en cours (il prendra plusieurs années) et les premiers services aux abonnés devraient être opérationnels courant 2013.

« Plusieurs modèles de compteurs seront utilisés dans le cadre de ce projet. Mais ils ont tous le même profil technique. Le compteur communique ses données par onde radio à des relais GSM. Cette approche est la fois moins chère et moins gourmande en énergie qu’un modem GSM directement intégré sur chaque compteur. Une simple batterie assure 10 à 12 ans de communication » détaille Pierre Yves Senghor, directeur marketing de m2ocity.

Les données relevées localement sont transmises par un réseau radio de faible intensité jusqu’à des relais GSM qui remontent à leur tour les informations sur les serveurs de m2ocity. L’opérateur du réseau de télérelève relaie ensuite les données aux services de l’eau de la CODAH qui, après des traitements métier, les mettent à leur tour à disposition des usagers.

Une réduction potentielle de la consommation d’eau de 15 % par an
Comme le Linky, les compteurs utilisés par les services de l’eau de la CODAH n’intègrent pas de dispositif d’affichage. Vous aurez donc du mal à mesurer précisément et en temps réel la quantité d’eau que vous consommez en vous lavant les dents. Cependant, des services en ligne seront proposés dès 2013 : alertes par e-mail ou SMS en cas de fuite d’eau, suivi en ligne de la consommation (avec un détail horaire et la possibilité d’être prévenu en cas de dépassement de seuil volume/prix), facturation sur un index réel et non plus estimé, conseils et défis de baisse des consommations entre ménages comparables, et bien entendu, la télérelève.

S’il est difficile d’estimer les kilomètres évités par la télérelève (et donc les émissions de gaz à effet de serre évitées), « l’information fournie aux usagers a un réel impact sur leur comportement, avec une baisse moyenne de la consommation d’eau de l’ordre de 15 % » estime Pierre Yves Senghor.

Pour les collectivités, les bénéfices de ce compteur intelligent sont multiples, tant d’un point de vue économique qu’écologique : « suppression des coûts et des imprécisions liées à la « relève pied », possibilité de mettre en place des tarifications incitatives, etc. » énumère Pierre Yves Senghor.

La détection plus rapide et plus précise des fuites d’eau est le principal intérêt pour l’environnement. Les collectivités pourront ainsi répondre aux exigences du Grenelle II qui leur impose un rendement supérieur ou égale à 85 % d’ici 2017. Rappelons qu’en moyenne, les réseaux urbains gaspillent environ 20 % de l’eau qu’ils distribuent à cause de fuites.

Frédéric Bordage

Expert Green IT et numérique responsable, j'ai créé la communauté GreenIT.fr en 2004. Je conseille des organisations privées et publiques et anime, GreenIT.fr, le Club Green IT et le Collectif Conception Numérique Responsable (@CNumR).

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