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Le free-cooling fait des émules

Le refroidissement des centres informatiques par l’air extérieur (free cooling en anglais) fait des émules en France. Pour une raison simple. Dans un datacenter traditionnel, il faut 1 à 2 kWh de refroidissement pour 1 kWh d’informatique. L’utilisation de l’air froid extérieur, gratuit, permet de réaliser de belles économies tout en réduisant les émissions de CO2 de l’informatique. Chaque kWh électrique consommé produit en effet des déchets radioactifs et/ou du CO2.

Après le projet de Bouygues Immobilier et Prosodie, le nouveau centre d’hébergement d’IBM à Seclin, Internet FR, et l’Etix datacenter de Carinae Group à Paris, l’opérateur Celeste ouvrira à son tour un centre de données éco-responsable en juin 2011 à Champs-sur-Marne.

Free-cooling 80% du temps
La petite superficie (900 m2) sera refroidie par l’air extérieur grâce à une architecture astucieuse. Aménagées sur cinq niveaux, les salles serveurs profiteront d’un effet de tirage naturel et d’une optimisation des rendements aérauliques lié à cet empilement. Tant que la température extérieure ne dépasse pas 20 degrés (80 % du temps), les baies de serveurs sont refroidies par l’air extérieur. Au delà, la climatisation traditionnelle (CRAC) prend le relais.

6 GWh, 540 tCO2 économisés chaque année
Les gains liés au refroidissement par l’air extérieur sont estimés à près de 35 % de la facture électrique totale, soit une économie d’environ 6 GWh par an. Cette quantité d’énergie représente l’équivalent de la consommation annuelle d’un bâtiment de bureaux classique de 150.000 m2 et permet d’éviter le rejet de 540 tonnes de CO2 dans l’atmosphère.

Une architecture brevetée
L’architecture – qui consiste finalement à positionner les serveurs au milieu d’une tour de refroidissement telle qu’on en construit depuis des siècles dans les pays chauds (Afrique, Moyen-Orient) – a été brevetée par Celeste et le cabinet Enia Architectes. Outre les économies d’énergie, cette disposition verticale optimise l’organisation du data-center et limite les besoins de surface au sol. Cette caractéristique rend ainsi possible une implantation en milieu urbain. Du coup, le coût unitaire au kVA de baie installée dans ce type d’installation est divisé de moitié !

Recycler la dissipation thermique des serveurs
A l’image de Carinae Group, les opérateurs ne se limitent plus à la réduction de la consommation d’énergie du système de refroidissement. Pour la construction de son nouveau data center Etix en périphérie de Paris, l’opérateur étudie la possibilité de chauffer les habitations de l’éco-quartier voisin avec la chaleur dissipée par ses serveurs. Une technique qui se répand partout dans le monde, des Etats-Unis à la Suisse en passant par la Finlande où les habitants d’Helsinki sont en partie chauffés par le centre informatique de la ville. Dernier exemple en date : Telecity pour son dernier datacentre à Condorcet, récupère la chaleur pour chauffer un arboretum. Certaines grandes entreprises basées à La Défense chauffe déjà leurs bureaux avec cette technique.

Caractéristiques du projet de Celeste
1800 m² de shon (900 m² de siège social et 900 m² de centre informatique)
Capacité : 200 baies de 5kVA moyen par baie en première phase.

Source : communiqué Celeste

Frédéric Bordage

Expert Green IT et numérique responsable, j'ai créé la communauté GreenIT.fr en 2004. Je conseille des organisations privées et publiques et anime, GreenIT.fr, le Club Green IT et le Collectif Conception Numérique Responsable (@CNumR).

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