Qui sont les leaders des logiciels de management du carbone ?

Carbon Management

Le cabinet d’analyse anglais Verdantix, spécialisé dans le marché des logiciels du développement durable, de l’énergie et du carbone, a passé au crible 28 solutions de type  CEMS (Carbon And Energy Management Software), parmi la centaine présente sur le marché. Jusque là orientés principalement vers la gestion du carbone, ces solutions offrent maintenant un double suivi énergie-carbone. Elles se sont également enrichies de nouvelles fonctions pour piloter les projets de réduction, en misant sur les réductions de coûts associées.

Le Green Quadrant Carbon And Energy Management Software de Verdantix distingue CA Technologies, CarbonSystems, Enablon, Enviance, Hara, IHS, ProcessMAP, SAP, Tririga et Verisae. La moitié d’entre eux sont représentés en France.

L’analyse porte sur 99 critères, divisés en 2 grandes parties :

  • des critères orientés « produit » comme la collecte de données, la prise en compte des émissions de la supply chain, la capacité de l’outil à coller à l’organisation de l’entreprise, la qualité des moteurs de calcul d’émission, etc.
  • d’autres plus axés sur le positionnement de l’éditeur sur le marché, tels que la stratégie produit, les clients, la valeur ajoutée apportée par l’outil, les partenaires pour l’implémentation, etc.

L’auteur du rapport constate une évolution du marché par rapport à 2009. Au-delà d’une solution opérationnelle pour comptabiliser les émissions de CO2, les clients recherchent aujourd’hui une solution capable d’adresser leur stratégie de réduction de consommation d’énergie, pour en déduire ensuite les émissions associées. Cet objectif peut se décliner selon trois axes majeurs.

Le premier nécessite de collecter le plus en amont possible (l’idéal étant en prise directe sur les compteurs) les données relatives à l’énergie. Ces données, traditionnellement gérées dans des tableurs épars par les services généraux, auront alors besoin d’être standardisées, voire retraitées, avant d’être stockées dans le logiciel.

Le deuxième axe consiste à un rapprochement des données de consommation énergétique avec les données de facturation, pour permettre une aide à la vérification (audit) des factures.

Le troisième axe fort qui ressort de cette étude est la notion de pilotage de la performance énergétique, qui permette d’élaborer, de mesurer et suivre les projets de réduction, leurs budgets et les économies attendues.

Cette évolution du marché explique l’importance donnée aux critères de la catégorie « positionnement marché de l’éditeur » dans l’évaluation, qui entraîne la disqualification de certains acteurs dans le top 10. Le schéma ci-dessous, qui retrace l’évolution de ce marché depuis 2005, fait bien apparaître l’évolution vers un positionnement davantage stratégique qu’opérationnel. Il est intéressant de constater qu’à partir de 2011, les directions financières et les DSI devraient être impliquées dans le choix de ce type d’outil.

A la recherche de véritable avantage concurrentiel, les éditeurs sont poussés à innover et à enrichir rapidement leurs solutions, sur un marché particulièrement dynamique. Côté français, on notera la présence parmi les 28 éditeurs étudiés, de Verteego et Carbon Hub, tous deux bien implantés sur le territoire, et qui figurent dans la catégorie des niche-players.

On peut s’étonner de l’absence des éditeurs d’ERP parmi ces solutions, à l’exception de SAP. Compte-tenu de l’éclatement de l’offre actuelle, on peut s’attendre à une consolidation dans les prochains mois, ce qui permettrait à des acteurs majeurs tels que Oracle ou Microsoft d’avoir une offre mature à leur catalogue. Mais ce ne sont que suppositions … Quant à C3, fondé par Tom Siebel, et comportant des noms prestigieux à son board, il reste toujours discret quant au contenu exact de son offre.

Enfin, dans le cadre de ce type d’investissement, il paraitraît judicieux de considérer également la capacité de l’éditeur à gérer l’aspect environnemental de façon plus globale. La majorité des solutions du top ten se positionnent d’ailleurs comme éditeur de « suite environnementale ». Aussi, la question fondamentale à se poser est la suivante. Au-delà du pilotage du pilotage de l’énergie et du carbone, votre entreprise souhaite-t-elle et a-t-elle les moyens de se doter d’une solution logicielle capable d’adresser l’ensemble de la problématique environnement, santé, sécurité, gouvernance ? Et à quelle échéance ?

Comme dans tout choix de progiciel, la qualification des besoins/moyens est une étape essentielle qu’il est important de mener en impliquant l’ensemble des acteurs clés. Tirer le meilleur parti du Système d’Information consiste notamment à bien calibrer les objectifs et les moyens, de façon à éviter un « sous » ou un « sur » dimensionnement des besoins réels. Nous reviendrons de façon plus approfondie sur ce sujet dans les semaines qui viennent.

Stay tuned !!!

Avec : http://www.thegreenitreview.com/2010/11/verdantix-names-potential-winner…


Commentaires

Comme vous dite, le traitement des données type consommation d’énergie, kilométrage, consommation d’eau, déchets etc…. sont éclatés dans des bribes de fichiers excel entre plusieurs services, d’une manière souvent anarchique.

La capacité d’un tel outil n’est pas uniquement de reprendre les fichiers de chaque service, mais bien de les remplacer. Un outil unique de collecte pour l’ensemble de l’entreprise (rêvons un peu !), simplification et personnalisation des accès par service.

De plus dans le cadre de la loi Grenelle 2 pour les Bilan Carbone obligatoire et également pour les Plan Climat Territoriaux pour les collectivités de plus de 50 000habitants, dans les deux cas des objectifs chiffrés entre chaque diagnostic devront être déclarés, ce qui nécessite de pouvoir évaluer les actions dans le temps.

Donc ces solutions à mon sens, simplifient la gestion des données en entreprises/collectivité et aident à répondre aux enjeux règlementaires en appui à l’outil Bilan Carbone.

Marc Boitel le 21/12/2010

Bonjour, je suis d’accord que ce type d’outil peut favoriser le suivi des consommations de CO2, mais je suis assez circonspect sur la durée et le coût de l’intégration d’un outil dans les SI d’une société et d’autant plus d’une collectivité locale.
De plus la multiplication des outils impose des ressources matérielle complémentaires.
Je pense que le tableur de l’ADEME risque de nous suivre encore longtemps dans nos bilan carbone.

Ludovic Cousin le 21/12/2010

@Ludovic Cousin :

Ça dépend, ce type d’outil est généralement proposé en SaaS et ne nécessite aucune infrastructure informatique particulière dans une entreprise ou collectivité, un simple accès web suffit pour accéder à l’interface de l’outil (hébergé chez l’éditeur). La seul contrainte est de former la ou les personnes qui seront en charge d’exploiter l’outil (ce que ne prend tout au plus que 1 journée ou 2).

De plus à moins de réaliser un Bilan Carbone plus de 2 fois par an (sachant qu’en moyenne il faut 6 mois pour en réaliser un, chiffre tiré de l’ADEME), il me semble donc difficile de répondre aux contraintes règlementaires avec ce seul outil qui n’est qu’un cliché à un instant “t” et qui impose une remise en question systématique du périmètre d’étude à chaque fois qu’un changement est opéré dans l’entreprise ou la collectivité, là ou un outil de pilotage permet de s’affranchir de cette contrainte en toute simplicité…et permet de piloter ses émissions de CO2 mais également les consommations d’énergie, d’eau, déchets etc…

A moins d’une refonte complète du Bilan Carbone dans les mois qui viennent….

Marc Boitel le 21/12/2010

@Marc : je vois que tu es bien informé ! ;-)

admin le 21/12/2010

Il serait intéressant de publier une liste exhaustive de tout les éléments ayant un impacts amont, courant, aval de ce que produit, consomme et rejette une entreprise, un particulier et de regarder si ces logiciels couvre vraiment l’ensemble de ces éléments pour être sur que l’on supervise l’ensemble des impacts générant du carbone ?

Ce type type d’outil ne reste t il pas assez approximatif dans la collecte d’information, si on ne déploie pas les API, car il est question d’API dans les solutions, sur tous les éléments que l’on souhaite superviser.

Que couvrent les API, ou peut on les installer, que peut on en faire ?

Et donc effectivement l’investissement est conséquent.

Boris (non vérifié) le 11/03/2011

@Boris, il est prévu de publier dans les prochaines semaines sur GreenIT.fr un panorama des principaux logiciels de gestion de l’énergie et du carbone. Concernant la question des API, la principale difficulté est d’identifier les données à collecter, dans quelles applications elles se trouvent, si leur format est exploitable, si l’unité de mesure correspond au facteur d’émission, si la périodicité est celle attendue, leur degré de fiabilité, etc … Les APIs ne sont que le moyen technique d’injecter ces données dans le logiciel. Et donc finalement une affaire de coût de mise en oeuvre, qui devient “rentable” lorsque le projet carbone est valorisé au plus haut niveau de l’entreprise.

Christiane le 11/03/2011

Ah, cool, ça m’intéresse grandement. Quand ?

Oui, j’en conviens, mais aujourd’hui, et je rencontre ça dans d’autres domaines, les moyens techniques sont la source de consolidation faible et rigoureuse de la masse volumineuse d’information qu’on ne peut traiter précisément sans l’assistance de ces derniers.

Il faut prendre conscience aujourd’hui de plus en plus de ce fait majeur car cela devient une contrainte quotidienne et constante, la masse d’information produite ne plus plus être traiter convenablement et rigoureusement par les simples humains que nous sommes. La technologie est devenu indissociable de notre capacité à analyser et traiter cette masse d’information selon la précision des décisions et des actions que l’on souhaite mettre en oeuvre.

Cela nous ramène aussi à cet épineux problème de la multiplication des équipements et terminaux électroniques et informatique indispensables à ces traitements et qui sont eux mêmes sujet à collecte car eux même émetteurs de carbone.

Les autres problèmes sont que
-c’est certainement 80% des équipements et terminaux qui ne sont pas équipés;
-Que beaucoup d’équipement doivent être équipés par les fournisseurs eux mêmes;
-Que des équipements n’existent peut être même pour certaines collecte d’informations.

BORIS BILLEREAU (non vérifié) le 11/03/2011

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