La biodiversité, au-delà de la diversité biologique (diversité au sein d’une même espèce ou entre les espèces), c’est également la diversité des écosystèmes et l’ensemble des relations et interactions qui existent entre les espèces et leurs milieux de vie. La dépendance de la sphère économique à son égard est beaucoup plus importante qu’il n’y paraît, et l’impact des entreprises sur la biodiversité est, en général, très largement sous-estimé.
La richesse du vivant est directement ou indirectement à la base de toute création de richesse économique : approvisionnement en matières premières, qualité de l’air et de l’eau, régulation des risques naturels, réputation et image, sont des enjeux majeurs qui reposent sur les services rendus par les écosystèmes aux entreprises et à l’humanité toute entière.
Les chiffres liés à la biodiversité donnent le vertige :
Pour autant, cette érosion de la biodiversité n’est pas une fatalité. De plus en plus d’entreprises (même si leur nombre reste très limité pour le moment) ont appris à prendre en compte ce capital naturel, et ont engagé des actions de prévention, de protection, de formation, ont mis en place des partenariats, ont initié des modes de production et de consommation plus soutenables. Nombre de produits ou services sont proposés aujourd’hui dans une approche d’économie de fonctionnalité, qui consiste à louer un service plutôt qu’à posséder un bien (les exemples sont de plus en plus nombreux : pneu de poids lourd chez Michelin, Vélib’, Autolib’, applications en mode SaaS …).
Certaines entreprises, plus innovantes encore, ont fait émerger de nouveaux modèles de développement. On parle ainsi d’économie circulaire, mais aussi d’écologie industrielle ou encore de biomimétisme, trois termes, au final, proches et complémentaires pour désigner la capacité de l’économie à fonctionner en circuit fermé, au sein d’écosystèmes industriels interdépendants (à l’échelle d’une zone d’activité, d’un quartier, d’une ville, .…) qui tendent vers un modèle de production autonome, à l’image du monde du vivant. Ce qui permet par exemple aux déchets des uns de servir de matière première ou d’énergie à d’autres.
Facile à dire, mais pour autant ces concepts introduisent une véritable refondation du modèle économique classique (celui qui gouverne aujourd’hui 99,9% de nos entreprises), et nécessitent de repenser les organisations comme des éléments inclus dans la biosphère, afin de les réconcilier avec le monde du vivant.
WWF vient de publier une étude intitulée « Les entreprises face à l’érosion de la biodiversité », qui présente, par grande filière, les dépendances et impacts face au monde du vivant, afin d’offrir aux entreprises les moyens d’évaluer les risques et les opportunités liés à l’intégration de la biodiversité dans leur stratégie d’entreprise. Au travers de nombreux exemples, WWF propose des solutions concrètes, véritables leviers d’action afin d’avancer dans une démarche de progrès.
Ces réflexions conduisent inévitablement à des questions telles que : comment peut-on évaluer la performance d’une entreprise à l’égard de la biodiversité ? existe-t-il des outils ? peut-on donner un prix à la nature ?
Sur la question de l’évaluation de la performance vis-à-vis de la biodiversité, on peut citer au moins 3 outils à ce jour :
Sur la question du prix à donner la nature, la réponse est éminemment complexe, du fait de la multiplicité des unités de mesure, contrairement au carbone qui lui n’en comporte qu’une seule ; cette question, si elle n’est pas nouvelle, fait d’ailleurs l’objet de points de vue divergents au sein des experts de la question. Certains considèrent qu’il suffit de donner le juste « prix » à chaque espèce, à chaque écosystème, à chaque service rendu par la biosphère, puis de rendre payants et de comptabiliser les flux de biodiversité induits par l’entreprise. Ce qui permet d’obtenir une approche coûts/bénéfices à l’image d’une comptabilité financière. D’autres considèrent au contraire qu’il ne faut pas tomber dans le piège de la monétarisation du vivant, de la même façon qu’on ne donne pas de prix au patrimoine culturel. Mais dans ce cas, quelle alternative est proposée par ces derniers pour responsabiliser les acteurs quant aux externalités négatives générées par la perte de biodiversité ?
Si cette question demeure posée, il en est une autre, beaucoup plus simple, qui nous vient à l’esprit : comment la DSI, à travers ses initiatives « Green IT », peut-elle contribuer à préserver cette biodiversité qui assurera la pérennité de nos entreprises et de l’humanité ?
La réponse est également très simple : c’est finalement l’ensemble de la démarche de responsabilisation écologique de l’IT, au travers des thèmes majeurs que sont :
Et vous, comment voyez-vous la prise en compte de la biodiversité dans votre entreprise et plus particulièrement au sein de l’IT ?
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