Les 7 péchés du GreenWashing appliqués aux Technologies de l'Information

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Qu’est ce que le greenwashing ?

Le greenwashing (anglais), l’écoblanchiment (français) ou la mascarade écologique (québécois), est le fait de tromper les consommateurs sur les pratiques environnementales d’une société ou les avantages environnementaux d’un produit ou d’un service.

Pourquoi le greenwashing est-il à proscrire ?

Le greenwashing participe directement à la désinformation des consommateurs, il noie par sa couverture médiatique les efforts importants de sensibilisation faits en ce sens par les associations et les pouvoirs publics (Ademe, ministère de l’Environnement), et discrédite la démarche de progrès déjà initiée par quelques entreprises courageuses. Ainsi, en grande partie à cause de l’omniprésence du greenwashing, les français croient de moins en moins au développement durable.

Autre conséquence néfaste, la caricature du greenwashing nuit à la nécéssaire complexité de la réalité. Une société qui par exemple présente la réduction des emissions de CO2 comme salvatrice pour la planète peut laisser penser que le défi environnemental est relevé. Or, d’autres causes, comme l’écroulement de la biodiversité, les pollutions des sols, les aspects sociaux, nécessitent d’être abordées avec autant d’intérêt. C’est le péché du compromis caché (voir ci-dessous), de loin le premier péché du greenwashing, et le plus insidueux.

Les 7 péchés du greenwashing illustrés d’exemples dans le secteur des Technologies de l’Information et de la Communication
ecolabel ecologo

Dans plusieurs rapport et sur son site SinsofGreenWashing.org, la société TerraChoice, qui gère l’écolabel canadien de type I "Ecologo", a défini 7 péchés de greenwashing. Nous les avons repris et avons tenté pour chacun d’entre eux de les illustrer par des exemples tirés du secteur des Technologies de l’Information. Si d’ailleurs vous avez connaissance d’exemples plus pertinents, n’hésitez pas à nous les communiquer.

1. Péché du compromis caché : toute prétention indiquant qu’un produit est « vert » mais n’étant fondée que sur un nombre déraisonnablement restreint d’attributs en occultant d’autres enjeux environnementaux importants. Exemple : les publicités d’appareils électroniques dits "écologiques" car économes en énergie occultent le plus souvent l’impact environnemental de la fabrication (énergie grise et pollutions chimiques) et de la fin de vie (le produit est peut -être plus compliqué à recycler et contient des matières dangereuses). Dans l’étude menée par Terrachoice en 2009, 73% des produits évalués sont coupables de ce péché.

2. Péché d’absence de preuve : toute prétention environnementale qui ne peut être étayée par une information facilement accessible, ou par l’agrément d’une tierce partie. Exemple : les équipements électroniques ou informatiques qui avancent "une économie d’énergie de 50%" sans preuve de leur prétention ou agrément.

3. Péché d’imprécision : toute prétention mal définie ou dont la
définition est si vague qu’elle peut prêter à mauvaise interprétation par le consommateur ciblé. Exemple : l’expression "sans substances nocives" ne veut rien dire, selon la quantité, toute substance peut devenir nocive. les expressions "vert, "sans danger pour l’environnement" ou "préserve l’environnement" ne veulent rien dire sans explications détaillées. Nous vous présenteront prochainement l’analyse d’une publicité d’un mobile Samsung concerné par ce péché.
ROHS

4. Péché de non pertinence : toute prétention environnementale qui, bien que vraie, est inutile ou insignifiante pour le consommateur eco-responsable, le détournant ainsi d’un meilleur choix. Exemple : Les produits qui mettent en avant leur conformité ROHS (avec par exemple un logo comme celui ci-contre aperçu sur une publicité d’alimentation électrique), cette précision est inutile puisque pour commercialiser un produit en Europe, le respect de cette directive est obligatoire depuis 2003.

5. Péché du moindre des deux maux : toute prétention environnementale qui peut se vérifier dans une catégorie de produits, mais qui pourrait détourner l’attention du consommateur sur les impacts environnementaux de l’ensemble de la catégorie. L’exemple que donne Terrachoice est celui de la cigarette à base de tabac provenant de l’aggriculture biologique qui pourrait sous-entendre que le produit est sain alors que globalement la cigarette est nocive pour la santé. Dans le secteur des technologies de l’information, on pourrait citer l’exemple de Microsoft qui, pour la promotion de Windows 7, met en avant ses meilleures capacités de gestion d’énergie, alors que globalement, ce système d’exploitation nécessite un ordinateur 243% plus performant que pour faire tourner Windows XP ou certaines distributions Linux qui suffisent pour un usage bureautique.

6.Péché du faux ecolabel : lorsqu’un produit, par le biais de mots ou d’un logo, veut faire croire qu’il est agréé par un éco-label. Les exemples sont nombreux dans le secteur des technologies de l’information : Fujitsu Siemens avec son label "Green IT" ou encore NEC avec son label EcoGreenIT ou même ECOSustainability.
Faux ecolabels Green IT

7. Péché du mensonge : toute prétention environnementale qui, après vérification, s’avère fausse. Exemple : publicité d’un produit informatique qui affiche le logo Energy Star ou EPEAT sans être certifié. Dans l’étude de TerraChoice, moins de 1% des produits évalués sont concernés par ce péché.

Télécharger le rapport 2007 de TerraChoice (fr)
Télécharger le rapport 2009 de TerraChoice (fr)


Commentaires

Excellent billet Frédéric.
Continuons à traquer et dénoncer au quotidien ces abus, tromperies et mensonges qui nuisent dramatiquement à la crédibilité des quelques rares qui s’investissent réellement sur la voie de l’éco-responsabilité.
Restons vigilant : le greenwashing bien mené peut être difficile à détecter. Je me fais encore prendre au piège régulièrement !

Denis Meudec le 16/02/2010

Super Fred, j’aimais beaucoup le concept des 7 péchés de TerraChoice, et cette illustration pour le secteur de l’IT est très parlante !

Benjamin Tincq (non vérifié) le 16/02/2010

Très bonne synthèse! Merci Fred.

NathalieB (non vérifié) le 16/02/2010

Excellent billet, Fred, merci.
Je crois toutefois que Denis met le doigt sur ce qui est important aujourd’hui : c’est la difficulté de détecter les abus et tromperies.
Dans ce domaine, les journalistes ont un vrai rôle à jouer et je regrette de ne pas lire d’article plus critiques sur le sujet. J’ai en effet l’impression que nombre de support se font le relais de messages écologiques dont il est difficile de savoir s’ils s’inscrivent dans une vraie logique green ou si ce n’est que du green washing. Sans doute est-il difficile, en particulier dans la période difficile que traverse la presse acutellement, de mener le travail d’enquête nécessaire pour vérifier l’impact environnemental de la production par exemple.
Mais c’est certain que ce pourrait être intéressant d’en savoir plus sur le sujet

Laurent Doumergue (non vérifié) le 17/02/2010

@Laurent : L’enquête n’est pas difficile à mener dès que l’on possède quelques bases. Le problème, c’est que les journalistes ne possèdent pas ces bases et sont habitués à copier-coller des communiqués par manque de temps pour mener cette enquête.

Par ailleurs, les victimes de ces abus (éco-blanchiment) ne souhaitent pas regarder la réalité en face. Personne n’a envie d’utiliser plus longtemps un ordinateur de 5 ans parce que la publicité et les prix attractifs créent un besoin de renouvellement chez le consommateur.

Bref, tant qu’on enseignera pas les bases du développement durable à l’école, le greenwashing existera.

admin le 17/02/2010

Fantastique poste !

Tu devrais parler a un de tes collegues qui pourrit le site de Gadjets soit disant eco (cf articles sur les batteries pour iphone, clé USB en papier recyclé) ….

Mouahaha il est jeune celui la ou je ne capte pas son humour a tres haut degres

AntiCa (non vérifié) le 17/02/2010

Bonjour à tous,

je suis surpris ( et quelque peut désabusé ) de voir NEC taxé de GreenWashing et accusé d’avoir tenter de créer un faux ECO-label.
Les logos mis en cause n’ont jamais eu pour objectif de se faire passer pour des eco-labels et ont été tirés de notre brochure expliquant les axes de développement du greenIT chez NEC Display Solutions. Ils ne sont là que pour illustrer les actions menées et il n’y a aucune confusion possible.
SVP ne prenez pas mes mots pour argent comptant et vérifiez par vous même:

http://www.nec-display-solutions.fr/p/download/pr/File/cp/Internet/Share…

je ne pense pas qu’on reprochera à GreenIT.fr d’avoir voulu créer un ECo-Label en utilisant comme logo un carré Vert en Fond du mot ‘IT’..

Il est vrai que l’envolée de l’Eco Marketing à mené à beaucoup d’abus, il est vrai que le GreenWashing est un fléau qui sème la confusion auprès des utilisateurs et c’est pour cette raison précise que NEC s’éfforce d’être le plus transparent possible sur les technologies ‘vertes’ utilisées dans ses produits, ainsi que sur sa politique environnementale.
malheureusement force est de constater que le mythe du ‘grand méchant fabricant’ à la vie dure.

restant à votre disposition,

Marc@NEC

Marc@NEC-Displays (non vérifié) le 17/02/2010

@Marc : Effectivement, NEC n’a jamais créé officiellement “faux” d’écolabel comme Fujitsu Siemens. Par contre, ces logos “Eco Green IT” ou “Eco sustainability” qui ne veulent rien dire et n’apportent aucune information, entretiennent bel et bien la confusion du consommateur !

Comme n’importe quel consommateur curieux, je suis allé télécharger le document “NEC Green Vision” qui regorge de logos tous plus verts les uns que les autres (dans lequel on trouve le logo “Eco Sustainability”) et il faut attendre la 13ième page du document (sur un total de 16 pages) pour voir enfin apparaitre des logos vraiment porteurs d’information : Epeat Gold, TCO certified, Energy Star.

Pour le logo “Eco Green IT”, la confusion est encore plus grande. A la manière d’un écolabel, il apparait sur certaines fiches produits (il apparait par exemple sur l’image illustrant l’écran NEC EA221Wme que nous vous avions présenté). Un consommateur non averti ne fera évidemment pas la différence…

Dans le cas de l’écran NEC EA221Wme qui est pourtant bardé de vraies certifications (Epeat Gold et TCO03, Energy Star 5.0), je ne comprends pas pourquoi vous ne mettez pas ces logos en avant et préférez afficher des logos qui ne veulent rien dire. Pourriez-vous nous expliquer ?

FLohier le 27/02/2010

Bonjour à tous,

Cette fameuse Brochure ‘Green Vision’ à été faite par notre Pôle communication Europe, pour deux raisons:
- Présenter les grands axes de dévelopement ecologique de la société NEC: approche’corporate’ = Logo ECO Sustainability ( page 1.2.3 )
- Présenter & expliquer les fonctions éco et certifications de notre Line-Up: approche ‘produit’ = Logo ECO Productivity

Il ne faut pas perdre de vue que nombre d’utilisateurs finaux n’ont aucune idée de ce que représente un logo EPEAT ou TCO. NEC Display à donc décidé de mettre en avant ses produits qui bénéficient des dernieres innovations Eco à l’aide de visuels comme on peut le voir dans le Post sur le EA221WMe
http://www.greenit.fr/article/materiel/multisync-ea221wme-le-premier-ecr…

L’objectif n’étant absolument pas de tromper le consommateur, mais au contraire d’attirer son attention sur le fait que ce produit à été éco-conçu et possède des spécifications particulières permettant de réduire son empreinte carbone. Ces spécifications étant elles-mêmes validées par des ECO-Labels dont l’impartialité n’est plus à prouver : EPEAT Silver/Gold, EnergyStar 5.0, TCO, ..;
Elles sont d’ailleurs détaillées dans la brochure Green Vision.
Je peux comprendre et reconnais même que certains paragraphes ou logos de cette brochure peuvent ‘sentir le Greenwashing’ car très généralistes, et je le regrette si c’est le ressenti. Mais NEC est un des premiers constructeurs à avoir fait un réel investissement pour l’éco-conception et la durablilité de nos produits. Nous nous sentons donc fiers et légitimes de communiquer sur cet aspect.

Marc@NEC

Marc@NEC-Displays (non vérifié) le 01/03/2010

@Marc : je pense que @FLohier souligne un point important : à trop multiplier les logos “green” pour “simplifier” la compréhension de l’utilisateur final, on finit par lui compliquer la compréhension. Pourquoi ne pas investir plus dans l’évangélisation du marché en partenariat avec EPEAT par exemple ?

Comment expliquez-vous qu’une représentante d’EPEAT sera prochainement en France et que GreenIT.fr la rencontre mais pas vous ? Comment expliquez-vous que c’est un blog sans un euros de revenu qui évangélise le marché français sur le Green IT et pas des fabricants tels que NEC (et tous les autres) qui ont pourtant des moyens ?

admin le 01/03/2010

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