Google veut-il concurrencer EDF ?

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La question mérite d’être sérieusement posée. Dans un récent communiqué, le géant du web indiquait en effet “Nous avons déjà acquis l’expérience de la conception et de la construction de très grands centres de données moins consommateurs d’énergie. Nous pourrions appliquer la même créativité et innovation au défi de la production d’énergies renouvelables à grande échelle”.

Google ne s’est pas arrêté là puisqu’il a aussi conclu un accord avec Général Electric (GE) pour créer un réseau électrique intelligent (nom de code SmartGrid) basé sur des capteurs intelligents. Il a également rejoint la Demand Response and Smart Grid Coalition qui réunit des producteurs de compteurs électriques intelligents (smart meter) comme eMeter, Comverge, ou iTron, et des spécialistes de l’ajustement entre l’offre et la demande comme EnerNOC et Aclara. (note : IBM est aussi présent)

Google a le nez fin. Comme me l’indiquait récemment un ancien responsable de centrale électrique, avec l’auto-production croissante d’énergie (éolien, solaire, etc.), l’enjeu se déplace sur la capacité du réseau à gérer intelligemment la rencontre entre l’offre et la demande. Une toile identique au web est entrain de se tisser au niveau du réseau électrique.

Rappelons que Google a aussi investi plus de 100 millions de dollars dans les énergies renouvelables.

Alors, en quoi tout cela est-il vert ?
Et bien, le transport d’électricité représente, pour la France (2005) environ 25 TWh (pour cause d’effet Joule, d’effet couronne ou de pertes à vide) sur les 509 TWh produits, soit 5% de la production électrique française. C’est énorme.

Ce chiffre peut être amélioré grâce aux grilles électriques intelligentes (telles le projet Smart Grid de Google) qui combinent de nombreuses sources d’électricité locales avec des capteurs intelligents et un logiciel d’optimisation de la distribution. Selon le rapport SMART 2020 : Enabling the low carbon economy in the information age, un réseau intelligent pourrait réduire les émissions de CO2 américaines de 480 millions de tonnes et économiser 35 milliards de dollars d’énergie et de carburants.

sources :
http://news.yahoo.com/s/usnw/20081113/pl_usnw/google__cpower__csg_and_cs…
http://googleblog.blogspot.com/2008/09/partnering-with-ge-on-clean-energ…
http://www.google.com/intl/en/press/pressrel/20071127_green.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_%C3%A9lectrique


Commentaires

Google ne peut pas concurrencer ainsi EDF, vu qu’EDF ne se positionne pas sur le marché des énergies renouvelables. EDF mise sur le tout-nucléaire ;-)

Bon, blague (sérieuse) à part, il n’y a pas de possibilité de concurrence sur les réseaux électriques en France, car comme pour la téléphonie filaire, les réseaux n’ont qu’un seul exploitant. Pour le téléphone, c’est France Telecom ; pour l’électricité, c’est ERDF http://www.erdfdistribution.fr , filiale à 100% du Groupe EDF.
Contrairement à EDF (sa maison mère), qui entre dans un marché concurrentiel, ERDF a une mission de service public, donc de neutralité et d’indépendance. Cf. : http://www.erdfdistribution.fr/electricite-reseau-distribution-france/di…

Mais pourquoi pas un partenariat ERDF/Google sur les Smart Grids…

R4f (non vérifié) le 05/12/2008

un point n’est pas clair s’agissant de la France, il reste à s’assurer qu’on peut produire de l’électricité sans être tenu de se raccorder sur le réseau de transport. Auquel cas le gain sur les 5% de pertes est moins évident.

je pense qu’il ne faut pas mélanger les contraintes physiques, techniques et règlementaires. Au final on a l’impression d’avoir inventé la poudre et c’est un pétard mouillé. Depuis quelque temps, ressortent des chiffres qui donnent l’illusion qu’il y a des foyers d’économies un peu partout.

Je suis assez surpris de lire qu’un responsable de centrale pense qu’une toile identique au web se tisse au niveau électrique. Il aurait pas fumé une barrette d’uranium ?

Pour info, en France l’édification des lignes de transport d’électricité est du ressort de RTE. Ces opérations doivent tenir compte de nombreuses contraintes et ça prend un temps fou (voir la dernière panne EDF dans le sud).
D’ailleurs, il y a un truc rigolo, il me semble que plus le niveau de tension en bas, plus les pertes sont importantes, donc on peut se demander si cette fameuse toile permettra réellement de limiter les pertes et si ce sera le contraire. Si on transporte le courant sous des tensions de 400 000 volts, il y a une bonne raison, ce n’est pas que pour griller les vaches sur pied.

A la limite je suis comme Saint-Thomas, elle est ou la toile en question ?

noway (non vérifié) le 05/12/2008

@noway : merci pour ton commentaire. J’ai relu mes notes, la toile dont parlait l’ex. dirigeant de centrale électrique est plus une vision court terme - d’ici 2 à 5 ans. Pour lui, c’est l’échelle de temps pour voir arriver des smart grids un peu partout. Il n’abordait la collecte des faibles productions individuelles qu’à un horizon plus lointain.

admin le 05/12/2008

@noway :
“il me semble que plus le niveau de tension en bas, plus les pertes sont importantes, donc on peut se demander si cette fameuse toile permettra réellement de limiter les pertes et si ce sera le contraire”
Oui mais si l’électricité ne parcourt plus que 6km au lieu de 1200, on doit avoir 200x moins de pertes non ? Ca fait de la marge…

Galiper (non vérifié) le 07/12/2008

[...] GreenIT [...]

Google se lance dans la gestion de l’énergie élect (non vérifié) le 08/12/2008

Pour infos, de réelles alternatives en France existe : Enercoop. Certes, ils doivent eux aussi louer les réseaux à EDF mais ils ont la particularité d’être une coopérative respectant leurs clients et leurs citoyens.
Le point faible, reste le tarif..mais au prix du respect de l’environnement à 100%.
A quand un changement de cap de la part d’EDF?

Anonyme (non vérifié) le 08/12/2008

Hello @Galiper,

Je crains que la réponse soit non. 1200 divisé par 6, ça fait bien 200 mais ce calcul n’a rien à voir avec la réalité du transport de l’électricité. Pourquoi EDF/RTE s’amuserait à élever la tension pour le transport puis à l’abaisser pour la distribution ? Pour faire plaisir aux constructeurs de transfo ? Pas vraiment.

Pour faire 1200 km, on élève beaucoup la tension pour entre autre, limiter les pertes. Chose qu’on ne fera pas ou pas de la même manière pour parcourir seulement 6 km. Au final le niveau de perte sur un réseau à 400 000 volts ne sera pas du même ordre que sur un réseau à 20 000 et heureusement.
La perte par effet joule varie avec la résistance du conducteur, la longueur de la ligne va influer dessus mais surtout elle varie avec le carré de l’intensité qui y circule. C’est là tout le truc.

En fait, il y a peut-être de la marge mais le calcul 1200/6 et la conclusion qui va avec ne démontrent rien, bien au contraire. Si c’était si simple …
Il faudrait un modèle complet pour se faire une idée juste, pas une simple division.

@admin, les chiffres donnent le vertige mais c’est une illusion, 25 TWh, c’est sans doute énorme, mais 5% de perte sur les lignes de transport, c’est tout petit. Si on réduit les pertes de 40%, c’est déjà pas mal, on aura à peine gagné 2% sur le total.
Que faudra t-il investir pour un si petit gain ? Impossible de démontrer que des inconvénients sur le modèle smartgrid ne viendront pas démolir le gain fait sur les pertes.

Dans ma compréhension, le réseau électrique s’équilibre tout seul (c’est un peu simpliste de le dire ainsi), je crois qu’il ne faut se laisser tromper par le mot « smart ». Difficile de savoir ce que ça cache.

noway (non vérifié) le 09/12/2008

@noway : merci pour ta remarque sur le concept “smart”. Un sujet de plus à creuser !

admin le 10/12/2008

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