Le Royaume-Uni inaugure sa taxe carbone

Generique - fumée sortant d'usines

Depuis le 1er avril dernier, la réglementation Carbon Reduction Commitment (CRC) Energy Efficiency Scheme est entrée en vigueur. Cette initiative du gouvernement britannique vise à réduire les émissions de CO2. Les 5.000 à 20.000 entreprises les plus gourmandes en énergie doivent se faire connaître et engager une réduction de leurs émissions, sous peine de pénalités financières.

Autant dire que ces 20.000 entreprises vont devoir déployer un outil de suivi de leurs émissions, aussi appelé comptabilité carbone ou Carbon Emissions Management Systems (CEMS) en anglais. Même si le CRC a préparé les entreprises à cette évolution depuis plus d’un an, une étude de Solar Gard montre que les initiatives pour faire prendre conscience de l’importance de ce schéma ont échoué. Les entreprises anglaises ne sont absolument pas prêtes.

Ainsi, parmi les principaux résultats de l’étude menée par Solar Gard, on observe que :
- 53% des entreprises les plus consommatrices ne sont même pas informées qu’elles doivent s’enregistrer dans un délai imminent,
- Plus d’une entreprise sur quatre (28%) actuellement au dessus du seuil fixé par le CRC, n’a pas de stratégie pour réduire ses émissions de CO2,
- 97% des principaux consommateurs d’énergie admettent qu’ils pourraient faire plus pour réduire leurs empreintes carbone,
- Et surtout, 45% des entreprises les plus consommatrices devraient laisser passer la date d’enregistrement, pénalisant l’économie britannique de millions de livres d’amendes.

Selon une autre étude menée en France par Enablon, 7 responsables interrogés sur 10 attendent la taxe carbone avec impatience pour forcer l’entreprise à faire des économies. L’étude souligne que les moyens mis en œuvre ne sont pas à la hauteur de la communication des entreprises. On frôlerait le greenwashing. 70% des dirigeants estiment qu’ils n’ont pas assez de budget (0,2% du chiffre d’affaires en moyenne). Pire, plus de 10% des entreprises affichent même un engagement sans y allouer de budget…

Bref, sans contrainte réglementaire, les entreprises n’évolueront pas.


Commentaires

Bien, ton article. Dommage que tu finisses par un avis aussi “catégorique”. Pour ma part, je pense qu’il n’y a pas que la réglementation qui fait évoluer les entreprises (même si elle est importante), il y d’autres facteurs :

- les clients, qui commencent à intégrer les émissions de CO2 dans leur politique d’achat (d’ailleurs, tu l’as justement fait remarquer dans ton article sur IBM : http://www.greenit.fr/article/acteurs/green-supply-chain-ibm-passe-a-l-a…). C’est un vecteur fort en ce moment en particulier dans certains secteurs comme les transports et la grande distribution.
- le coût de l’énergie, qui devrait commencer à inciter les décideurs à être attentifs à leurs émissions de CO2
- les achats publics : de plus en plus d’administrations intègrent la donnée “CO2” à leurs achats
- le retour à la croissance : la reprise de l’activité économique va automatiquement générer des émissions de CO2 plus importantes. Les entreprises qui sont soumises à quotas d’émissions vont donc à nouveau se préoccuper de la question

Et puis, l’opinion publique est volatile, elle était attentive l’an dernier aux problématiques de réchauffement climatique, elle l’est moins aujourd’hui. On finira par revenir à un juste équilibre qui contraindra les pouvoirs publics à réglementer.

TRudowski le 28/04/2010

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