Le gouvernement ne veut pas du Green IT

Nathalie Kosciusko-Morizet - secrétaire d'État à la prospective et au développement de l'économie numérique

Malgré des rapports qui mettent en avant le rôle clé des TICs pour réduire les émissions de CO2 de la France, le gouvernement n’est pas décidé à investir dans le Green IT. Dans une interview donnée à Antoine Crochet-Damais (Journal du Net), la secrétaire d’Etat à l’économie numérique Nathalie Kosciusko-Morizet indique :

« Il y a d’ors et déjà 250 millions d’euros qui sont prévus pour le Green IT et très précisément pour les smart grids - les réseaux intelligents qui doivent permettre de rendre possible des innovations technologiques porteuses de préservation de l’environnement ; par exemple on sait que pour pouvoir développer la voiture électrique, pour pouvoir développer la domotique, pour pouvoir développer les énergies renouvelables, on a besoin de ces réseaux intelligents, de ces smart grids. Il peut y avoir d’autres projets. On a prévu une part sur la ville numérique. Je voudrais qu’on mette beaucoup de télétravail dans cette part là. Pour moi le télétravail est porteur d’innovation en matière de développement durable. Il est aussi porteur d’une nouvelle qualité de vie et une nouvelle façon d’articuler vie familiale et vie professionnelle et d’articuler les territoires avec les cœurs agglomération ».

Résumer le Green IT aux smart grids et au télétravail est tout à fait réducteur et montre le degré d’expertise du gouvernement sur ce sujet… D’autre part, les smart grids ne s’octroient que 0,7% du grand emprunt national qui s’élève à 35 milliards d’euros. Soutenir la filière automobile (un milliard d’euros) et abandonner la contribution climat énergie (taxe carbone) sont des choix plus judicieux pour le gouvernement… on marche vraiment sur la tête.

Source : http://www.journaldunet.com/solutions/acteurs/nathalie-kosciusko-morizet…


Commentaires

Dans ce petit billet d’humeur, il semble qu’il y ait un postulat faux : imaginer que NKM puisse être experte en quoi que ce soit. En arrivisme, oui, en copinage, oui, en népotisme, oui, mais pour le reste, il ne faut pas lui en vouloir. Elle est toute jeune, et elle se balade de l’écologie à l’économie numérique. Pire, elle a appris à l’X à ne pas trop rester connectée avec la réalité. Et puis, son mari fut élu PS, puis candidat UMP… alors on peut comprendre qu’elle ait du mal, dans ce petit monde certes merveilleux, mais un peu étourdissant tout de même, à faire la différence entre un smart grid et un taille-crayon.

Anonyme (non vérifié) le 20/04/2010

entre la suppression de la taxe carbone, de la taxe poids lourd, du décalage de l’étiquetage des produit de grande distribution, du décalage des bilan carbone etc…. Grenelle 2 se casse la figure, le Green IT en prend aussi un coup dans l’aile. Vivement 2012….

Marc Boitel le 20/04/2010

@Marc : ce qui m’énerve le plus c’est cette incapacité des “élites” à voir plus loin que le bout de leur nez.

Les politiques n’ont qu’un seul mot à la bouche pour illustrer le Green IT 2.0 : smart grid.

Quid du covoiturage et de l’auto-partage, de l’optimisation des tournées, du m2m, du smart building, de l’agriculture de précision, etc. ?

Distribuer plus intelligemment de l’électricité ne résout absolument pas le problème de la demande. C’est pourtant sur la demande qu’il faut travailler en priorité… Mais ça, c’est trop de bon sens pour des X et énarques…

admin le 20/04/2010

Tout à fait d’accord : réduire le GREEN IT au Smart Grid c’est avoir une vision réduite de ce que peuvent apporter les Cleantechs en général.
Il y a d’autres opportunités dans le GREEN IT : saisissons les avant que les autres pays ne le fassent. A la clé des emplois et de la création de valeur !!! Que chacun prenne ses responsabilités …
Par exemple sur le dossier HEULIEZ et la voiture électrique qui représente des enjeux importants (R&D, emplois, financiers, …) on frise le ridicule ! Pourquoi ne nous donnons pas les moyens pour investir dans un secteur d’activité et une techno stratégique pour la France ?

Damien CIPEL (non vérifié) le 20/04/2010

ump ne rime pas et ne rimera jamais avec “vert” !

aetos (non vérifié) le 20/04/2010

- Investir dans les smart grid revient à investir dans les groupe comme edf, gdf-suez, … dont l’état est actionnaire. Conflit d’intérêt ? Non, bien sûr !
- Investir dans les groupe automobiles pour des voitures électriques, car l’électricité Française est “green” car fourni par le nucléaire, donc pas d’émission de CO2.. mais c’est vrai qu’il n’y a pas de déchets.. D’ailleurs, les entreprises ne produisent pas de déchets, seulement des GES..

Dam (non vérifié) le 21/04/2010

@Dam : c’est bien tout le drame. Pour soutenir la croissance économique, l’état fait croire aux citoyens que le nucléaire et la voiture électrique sont “propre” car pas de GES. De deux choses l’une, soit nos gouvernants sont vraiment niais, soit ils sont d’un cynisme qui fait peur. Dans tous les cas, nous ne nous dirigeons pas dans le bon sens…

admin le 21/04/2010

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