Le cloud computing participerait au développement durable

Personne - François Fillon

Le premier ministre François Fillon a confirmé l’enveloppe de 4,5 milliards d’euros allouée, dans le cadre du grand emprunt national, aux acteurs de l’économie numérique. Deux milliards serviront à déployer des réseaux et 2,5 à soutenir les usages.

Si le gouvernement compte favoriser le développement du très haut débit et réduire la fracture numérique, il s’intéresse aussi à la compétitivité de la France au niveau international.

Le lobbying aidant, les acteurs des centres de données (data center) devraient s’octroyer une part du gâteau sous couvert de cloud computing. « Ce marché (…) constitue un enjeu majeur pour la compétitivité de nos économies, pour le développement durable et même pour la souveraineté de nos pays » a expliqué François Fillon.

Le cloud computing est bon pour la planète ? A bon ? Bizarrement, personne ne l’a jamais démontré. De plus, on peut très bien améliorer le PUE d’un centre de données – et plus globalement réduire son empreinte écologique - sans pour autant faire du « cloud computing ».

Je ne parviens toujours pas à faire le lien entre cloud computing et développement durable. En quoi l’ajout d’une couche d’abstraction (des interfaces de programmation ou API) au dessus d’une infrastructure informatique physique et logicielle participe-t-elle au développement durable ?

Quelqu’un peut-il m’expliquer ?


Commentaires

Je pense que l’idée est de dire que si les ressources (infrastructures ou applications) sont distribuées et disponibles “à la demande”, cela permet d’augmenter les taux d’utilisation et de réduire le besoin de construire de nouvelles installations.

Mais comme toi, j’attends une étude détaillée sur le sujet !

Benjamin Tincq (non vérifié) le 26/01/2010

Les auteurs de cette réflexion partent du principe (tout à fait) faux, que le cloud, c’est “un seul acteur gère les données de plusieurs” ce qui permet de tout mettre dans un seul data center et donc d’une certaine façon de factoriser les efforts.

C’est exactement comme la voiture électrique dans un pays non-nucléaire. La production d’énergie pollue plus lorsqu’il s’agit de millions de petites unités de production (les voitures) que lorsqu’il s’agit d’une seule (ok 3, 4 mais c’est pour expliquer) grosse unité de production qu’il est du coup beaucoup plus rentable d’optimiser à mort.

Mais bon, étant donné qu’on peut faire un cloud dans sa propre entreprise, ce n’est pas le cloud en soit qui est durable.

Par ailleurs, tu fais toi-même un raccourcis dangereux. Tu laisses penser que le développement durable, c’est l’écologie. Ce n’est pas du tout le cas. C’est un équilibre entre écologie, économie et social. Et l’écologie ne doit pas y être plus forte que les deux autres composantes (sinon, ce n’est pas durable).

cr0vax (non vérifié) le 26/01/2010

Frédéric,

le cloud ne se résume pas à ajouter une interface de programmation, c’est beaucoup plus large que ça. Le principe de base est de pouvoir dimensionner (si possible de manière dynamique) les ressources matérielles et logicielles en fonction de la charge et des besoins d’une application logicielle (= un site, une application intra- ou extranet, …). Pour cela, les principes du cloud se situent plutôt entre la couche physique (les machines) et l’application logicielle en question : cela passe par les solutions de virtualisation des systèmes d’exploitation et les solutions de gestion des autres ressources logicielles (i.e. savoir démarrer un serveur apache ou une base de données lorsque la charge augmente, et les éteindre quand elle diminue).

Si aucune étude n’a peut-être jamais été faite sur cela (rien n’est moins sûr), je suis convaincu que cela permet d’optimiser la consommation d’énergie au mieux et que c’est vraiment l’avenir de l’hébergement du monde logiciel (au moins pour ce qui est des applications nécessitant de la haute disponibilité).

Fabrice (non vérifié) le 26/01/2010

Si l’on reprend la définition du Cloud sur Wikipédia : L’informatique dans les nuages (en anglais, cloud computing[1]) est un concept majeur[2] faisant référence à l’utilisation de la mémoire et des capacités de calcul des ordinateurs et des serveurs répartis dans le monde entier et liés par un réseau,”, un peut voir une certaine optimisation des ressources. On peut envisager aussi de faire travailler les utilisateurs sur des serveurs où il fait nuit pour diminuer le refroidissement des serveurs pour économiser un peu d’énergie. Mais effectivement ça ne va pas chercher bien loin au niveau environnemental. Au niveau social, je ne vois pas non plus … la fracture numérique ne se réduira pas seulement avec le cloud. Au niveau économique le cloud peut apporter des réductions sur les budgets de fonctionnement.
En fait je pense qu’il ne faut pas généraliser, certains “serveurs centraux” (apparentés au cloud) mis en place pour remplacer des “serveurs locaux” peuvent avoir un intérêt au point de vue DD. Par contre dire que le cloud est durable, il y a une marche que je ne franchirais pas.

Laurent Alliod (non vérifié) le 26/01/2010

@crovax : 100% en ligne sur la définition du développement durable. Sur les aspects économiques, je ne doute pas que les économies d’échelle et l’automatisation permettent de faire baisser les coûts. Mais je ne vois vraiment pas les gains pour l’environnement ou les êtres humains.

admin le 26/01/2010

@fabrice : le fait qu’il y ait une couche d’abstraction implique (c’est implicite) un dimensionnement à la demande des ressources physiques et logicielles sous-jacentes. Sinon, ce n’est économiquement pas viable.

Ceci dit, sur de très gros centres de données, les fabricants poussent les opérateurs à augmenter la granularité de leurs unités d’oeuvre élémentaire serveur => lame => baie => container. Plutôt que de changer un serveur, on change la lame entière. Pas très respectueux de l’environnement.

D’autre part, les fabricants poussent au renouvellement des serveurs en mettant en avant la plus faible dissipation thermique, l’augmentation de la densité, et la plus faible consommation énergétique des nouveaux modèles. Si vous n’avez plus de place dans votre datacenter, achetez de nouveaux serveurs plutôt que de construire un nouveau datacenter (c’est forcément moins cher).

admin le 26/01/2010

D’un point de vue purement émissions de GES
Le cloud basculera rapidement entre solution positive ou négative ( article instructif à ce sujet http://blog.gardeviance.org/2009/09/is-cloud-computing-green.html).

Comme toute solution ICT c’est la façon dont elle sera utilisée qui déterminera son efficience et sa performance d’un point de vue “green”.

Les effets de bord sont souvent surprenants.

L’élasticité d’un Cloud, comme celui d’Amazon ou Microsoft AZURE, peut-elle mener à utiliser plus de ressources CPU que nécessaire, du fait qu’elles soient si facilement disponibles, et conduire à de nouveaux réaliser des développements où l’optimisation n’existe plus ?

En rapport je vous conseil aussi de vous intéresser au “paradoxe de Jevons”, plusieurs fois mis en avant lors de discussions cloud-green: http://en.wikipedia.org/wiki/Jevons_paradox

Ben (non vérifié) le 26/01/2010

Quelqu’un peut m’expliquer la différence entre “Cloud Computing” et une application web déployée sur plusieurs serveurs “load balanced”? Dans l’absolu: aucune.
Le terme Cloud Computing est à l’infrastructure ce que le terme Web 2 fut pour l’HTML et le Javascript : quelque chose qui existait déjà mais qu’on a (re)baptisé histoire d’avoir quelque chose de neuf à vendre.
Le pire c’est que même les “techniciens” tombent dans le panneau.

Anonyme (non vérifié) le 26/01/2010

@Ben : Merci pour ces liens très intéressants !

FLohier le 26/01/2010

@Ben: Merci…à nouveau…pour les liens ; c’est très parlant je trouve !

Le paradoxe de Jevons, ça me fait aussi penser à ceux qui consomment des produits allégés parce que moins caloriques et qui profitant de ce levier psychologique, s’en gavent…
…résultat des courses : aucun bénéfice !
(en français pour les anglophobes http://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_de_Jevons)
Eh bien là, ça ressemble potentiellement à la même chose…

Pour en revenir au Cloud Computing, avant même que d’aller lire au bout des liens fournis par Ben, j’avais déjà ma petite idée…comme quoi ce n’était pas nécessairement LA solution miracle, mais bon…c’est dans l’air du temps, à l’image de la virtualisation (là aussi, certainement pas LA solution miracle à certains problèmes, mais je digresse) !

A mon très humble avis, à terme, c’est VRAIMENT pas très vert ce truc…
 :(

JeeK (non vérifié) le 26/01/2010

Paradoxe de Jevons : n’est-ce pas aussi ce qu’on appelle plus communément l’effet rebond ?

admin le 30/01/2010

@ admin, c’est en effet très lié, l’ “effet rebond” est une mesure en % de l’utilisation additionnelle induite par une accessibilité plus efficace (voir wiki ou autre), le paradoxe c’est quand l’effet rebond dépasse les 100% est donc donne comme résultante un effet contraire à celui souhaité (ou possible).

Hors sujet paradoxe,
Une video des conteneurs utilisés pour les Data Center de Microsoft AZURE
http://www.youtube.com/watch?v=e8fPzpKDTEQ

Et une video de mon amis Redo, sur le free cooling de ces mêmes conteneurs exploitant l’eau et l’air ambiant (http://www.youtube.com/watch?v=9LCVMvCD2c0)

Ben (non vérifié) le 30/01/2010

@Ben : mes hommages à Redo et merci pour cette explication.

admin le 01/02/2010

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