5 règles pour un site web plus respectueux de l’environnement

Passez au vert !

Suite au débat suscité par l’article sur WattImpact, il nous semble temps d’aborder une question de fond : comment rendre un site web le plus respectueux de l’environnement possible ?

Avant d’aller chercher les moyens de rendre un site web plus vert, il est nécessaire d’identifier ce qui le rend polluant.

  

  

L’empreinte écologique d’un site web

On peut exprimer l’empreinte d’un site web en émissions de CO2 (ou équivalent CO2) réparties de la manière suivante :

  • Emissions de CO2 induites par la consommation électrique

- Du ou des serveurs qui hébergent le site web (allumés 24x7)
- Des postes clients en fonction du temps qu’ils passent à consulter le site web
- De l’équipement réseau en fonction de la quantité de données à transporter et de la distance entre le serveur et le client

  • Emissions liées aux activités du site web :
    L’activité des personnes qui administrent et animent le site web émet du CO2 (transport, chauffage, etc.)

Comment réduire cette empreinte

Nous vous proposons une ébauche de démarche en 5 étapes :

1. Eviter les animations inutiles : Les animations d’un site augmentent de manière importante la consommation électrique de la machine cliente qui consulte le site web. Limiter ces animations gourmandes en calcul permet aussi aux machines plus anciennes d’accéder confortablement à votre site web.

2. Eviter les technologies/techniques gourmandes en ressources : Certaines technologies (comme par exemple le flash) et techniques de programmation sont plus gourmandes en ressources que d’autres. Sur ce thème, il faut lire l’article de Tom’s Hardware le « Développement vert » qui défriche un peu le terrain. En bref, même mot d’ordre qu’au dessus : économiser les ressources du poste client !
Pour illustrer les points 1) et 2), exemple de ce qu’il ne faut pas faire…

3. Choisir un hébergeur « vert » proche de vos visiteurs : Le transport des données consomme de l’énergie : la proximité de l’hébergeur a donc un impact certain sur l’empreinte du site web. De plus, il faudra s’assurer que ses installations soient économes en énergie, se renseigner sur sa politique RSE et sa gestion des DEEE. Nous publierons prochainement un article pour approfondir ce point (MAJ : A lire ici).

4. Alimenter son site aux énergies renouvelables : C’est chose possible grâce au système de certificat d’électricité verte (RECS). Un certificat équivaut à 1000KWh et vous certifie que cette quantité d’électricité a été produite à partir d’énergies renouvelables. La plupart des hébergeurs « verts » s’alimentent en électricité verte via ce système. Pour une approche plus globale, vous pouvez prendre en compte la consommation électrique des visiteurs de votre site et des équipements réseau et acheter les certificats d’électricité verte correspondants. Les sociétés WattImpact et CO2stats proposent chacune un calculateur qui évalue la consommation globale (serveurs+réseau+clients) pour vous permettre d’acheter le nombre adéquat de certificats.

5. Compenser les émissions de CO2 restante par l’achat de crédit CO2 : L’activité des administrateurs et des animateurs du site web génère des émissions de CO2. De même, la production d’électricité, même provenant d’énergies renouvelables, émet du CO2 (voir ici : http://www.greenit.fr/article/energie/combien-de-co2-degage-un-1-kwh-ele…).La dernière étape consiste alors à compenser les émissions de CO2 restantes en achetant des crédits CO2 auprès d’un opérateur de compensation tel que ActionCarbone.

Des idées d’amélioration ? N’hésitez pas à apporter votre pierre à l’édifice en commentaire.


Commentaires

Merci pour cet article.
Pouvez vous donner des ordres de grandeur sur la consommation d’électricité et le volume de CO2 dont on parle ?

Je pense que cela serait utile pour la compréhension de mettre face à face les deux cas extrêmes théoriques: un site pollueur / un site ‘vert’ avec les gains possibles.

Merci.

Anonyme (non vérifié) le 12/05/2009

@Anonyme : Effectivement. Pour les ordres de grandeurs que j’ai pu trouver :

En 2005, La consommation électrique des infrastructures d’Internet (serveurs, routeurs, pas les postes clients) a été estimée à 0,8% de la consommation mondiale.

Naturellement, cette électricité n’est pas neutre en CO2.

Alex Wissner-Gross, chercheur et créateur de la société CO2Stats, estime que deux recherches sur Google émettent 15g de CO2, soit autant que pour chauffer une tasse de thé. Il avance aussi que lorsqu’un internaute surfe, il émet entre 0,02g et 0,2g de CO2 par seconde. Cette différence de facteur 10 pourrait provenir du PC de l’internaute et de la conception du site web.

Par contre, les résultats sur la recherche sur Google font polémique, Google a contesté et avance plutôt le chiffre de 0,2g de CO2 par requête.

Enfin, la consommation d’Internet augmente sans cesse et si rien n’est fait, Internet pourrait consommer autant d’énergie que l’humanité… !

FLohier le 12/05/2009

A ajouter :
6. Opter pour un hébergement mutualisé, quitte à ce qu’il s’agisse d’un serveur privé virtuel (VPS). Le tout est de ne pas employer un ordinateur complet (le serveur) si le trafic de son site ne le requiert pas expressément. Certains hébergeurs, comme GANDI.fr en France, proposent même de faire varier les ressources allouées à son serveur virtuel pour “coller” aux nécessités de performance au cours de la journée… donc en gros de ne consommer (en argent et en électricité) que ce dont on a besoin.

R4f (non vérifié) le 12/05/2009

d’autres idées plus techniques (plus radicales aussi ;-)
- faire des sites en noir et blanc ou tout du moins light (“à la google”)
- limiter les échanges entre le client et le serveur : utiliser au maximum du “cache” sur le poste client (javascript, ajax, images/css en cache etc…)
- améliorer l’ergonomie en fonction des pages les plus visitées

freeben (non vérifié) le 12/05/2009

Tant qu’a compléter, si la solution renouvelable n’est pas possible, préférer l’hébergement via des serveurs situés en France plutôt qu’ailleurs (recours au Nucléaire plutôt que charbon ou gaz).

Marc BOITEL (non vérifié) le 12/05/2009

@Marc : Je ne suis pas d accord avec toi. Les déchets nucléaires sont au moins aussi mauvais pour l environnement que le CO2. Nous jouons aux apprentis sorciers sans respecter le principal adage du développement durable : préserver l avenir. Préserve-t-on l avenir en stockant des déchets hautement radioactifs pour quelques centaines de milliers d années ? au regard de l histoire des 2000 ans passés… j en doute.

admin le 12/05/2009

@admin: Complètement d’accord avec toi, seulement aujourd’hui il vaut mieux exploiter le nucléaire que le charbon ou gaz, le renouvelable n’étant pas encore prêt de remplacer efficacement les grosses production d’électricité que sont le gaz/charbon/nucléaire.

Pour les déchets c’est un problème certes mais qui n’a pas commune mesure avec l’impact de l’accumulation des GES dans l’atmosphère…

Pour faire le parallèle avec l’accident de Tchernobyl, il semble que la nature se contente très bien de l’absence humaine dans ce secteur puisqu’elle ne s’est jamais autant développée, les radiations ne posant apparemment pas de problèmes sauf à l’homme….

Marc BOITEL (non vérifié) le 13/05/2009

Je pense qu’il y a aussi un comportement à adopter : limiter la quête au trafic maximum. Il faut savoir concentrer son site sur sa thématique pour capter les internautes intéressés par vos services et vos produits et non tenter de capter du trafic à tout prix sur des thèmes à la mode.

Je pense également que l’on peut mesurer le nombre d’impressions lancées depuis le site (un simple script sur les boutons imprimer) pour estimer ensuite la consommation de papier générée par le site.

Enfin, il faut éviter de copier coller des documents pensés pour le papier car ils incitent à l’impression et ne sont pas optimisés pour une lecture web.

Arnaud (non vérifié) le 13/05/2009

@Arnaud : intéressant ton idée que je résumerais ainsi “le trafic résiduel d’un site web (le bruit) à un coût financier et écologique : autant l’éviter”. Ce qui nous amène à une démarche plus qualitative que quantitative. Un des thèmes intéressants de la décroissance positive.

admin le 13/05/2009

@arnaud : Très bonne idée le compteur de page à l’impression.

En parlant d’économie de papier justement, encore trop peu de site web prévoit une feuille de style pour l’impression qui permettrai de supprimer tout le contenu inutile.

Un exemple au hasard greenit.fr et en imaginant que je soit pris d’une pulsion incontrôlable d’imprimer cette article.

L’impression “consomme” 6 pages. Avec une feuille de style qui ne garderait que l’article (suppression de la bannière, des commentaires des menus) on arrive à une page!

Anonyme (non vérifié) le 13/05/2009

Un projet réalisé chez les suisses:

http://www.romandie.com/gotogreen

Je trouve que c’est top !

Delphine

Suisa (non vérifié) le 13/05/2009

@Anonyme, @ Arnaud : +1, c’est une bonne idée le compteur des impressions.

En parlant d’économie de papier justement, encore trop peu de site web prévoit une feuille de style pour l’impression qui permettrai de supprimer tout le contenu inutile.

+1, il va falloir corriger ça ;) . Typiquement c’est une chose que l’on peut mettre dans le premier point : la conception du site.

@Suisa : Malheureusement, ils se limitent à la compensation CO2. Parler de compensation sans parler du reste n’a pas de sens je trouve. Il faut commencer par réduire avant de compenser.

FLohier le 15/05/2009

[...] 5 règles pour un site web plus respectueux de l’environnement [...]

Lectures Libres pour le week-end #16 | Philippe.Scoffoni.Net (non vérifié) le 15/05/2009

Bien belles préocupations de se dire que du flash sur un site web consomme de l’énergie, beaucoup plus que du XHtml valid !!!! pour ce qui est du Ajax, c’est discutable, j’ai vu certains scripts mal fais prendre énormément de temps a afficher une requète sur un poste client ayant une config modeste.

Par contre je rajouterais plutôt un point qui n’a pas été abordé, les équipes qui travaille sur les sites web, devraient êtres en télétravail !!! La france et même l’europe sont en retard dans se domaine, et le déplacement des équipes produit plus de Co2 que le serveur c’est sur !!! Moi même étant webmaster , je dois me déplacer au bureau tous les matins soit 3h de transport en commun par jour : tous ça pour qu’ont me voit devant un ordi : stupid, puéril, et en complète contradiction avec le discours actuel !!! TELETRAVAIL EN FRANCE !!!!! un train produit plus de co2 qu’une requète SQL lol

Mist. GraphX (non vérifié) le 16/05/2009

@Mist. GraphX : j’espère que les députés t’entendront et voterons la proposition de loi sur le télétravail : http://www.greenit.fr/article/acteurs/une-nouvelle-loi-va-faciliter-le-t…

admin le 17/05/2009

[...] 5 règles pour un site web plus respectueux de l’environnement [...]

L'informatique durable vue par quelques passionnés de M (non vérifié) le 28/05/2009

les radiations ne posant apparemment pas de problèmes sauf à l’homme….”

Ce commentaire est une énormité écrite par quelqu’un qui n’y connait apparemment absolument rien…

Les radiations sont des émissions électromagnétiques de haute énergie appelés Rayons Gammas. Ces rayons sont tellement énergétiques que lorsqu’ils traversent les tissus vivants ( humains, animaux et végétaux ) ils entrent parfois en collision avec certaines cellules. Ce faisant, la charge énergétique portée par le rayonnement gamma va venir “heurter” l’intérieur de la cellule et a de grandes chances de détruire une partie du code ADN stocké à l’intérieur.

Cela provoque donc des mutations génétiques très rapides et souvent mortelles ( exactement ce qui se passe pour un cancéreux soumis à des traitements à base de rayons, sauf que le rayonnement est bien moins énergétique dans ce cas ).

Par extension, toutes les cellules vivantes étant touchées, on peut s’attendre à une modification globale des espèces présentes sur terre. Les populations les plus menacées étant les mammifères ( les insectes seraient probablement les seuls survivants à un conflit nucléaire généralisé ).

Pour les espèces peu touchées, le problème reste entier puisque la totalité de l’écosystème varie en un temps très court, il faut donc que la chaine alimentaire suive, ce qui n’est pas sur du tout…

Enfin, la durée de nocivité des éléments radioactifs étant souvent très longue ( certains éléments on une demi-vie quasiment éternelle se chiffrant en dizaines de milliards d’années ), on risque une catastrophe insoluble pour l’éternité, du moins sur terre.

Alors oui on a besoin de ces centrales actuellement mais oui on joue avec le feu et on risque de se bruler.

La solution viendra certainement d’Iter et de ses successeurs qui - lorsqu’on maitrisera la technologie - permettront d’alimenter l’humanité avec une énergie de fusion nucléaire ( et non plus de fission ) ne nécessitant que de l’hydrogène pour fonctionner ( eau de mer par exemple ) et de dégage aucun résidu radioactif.

Monococo (non vérifié) le 31/05/2009

Plusieurs articles que j’ai rédigés sur ce sujet important :

Denis (non vérifié) le 23/06/2009

[...] avions déjà abordé le sujet : il est aujourd’hui possible d’alimenter les serveurs qui hébergent un site web avec [...]

Energie › GreenIT.fr est neutre carbone grâce aux (non vérifié) le 18/09/2009

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