Achats en ligne : un bilan CO2 contrasté

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Alors que les fêtes de Noël approchent et que la plupart des cadeaux seront achetés en ligne, j’ai cherché une étude qui puisse nous en dire un plus sur les avantages ou pas du commerce électronique en terme d’empreinte écologique. L’occasion aussi de répondre à PO qui regrettait il y a quelques mois le bilan carbone associé à la livraison de son nouveau MacBook par avion.

L’université de Carnegie Mellon a publié il y a quelques mois une étude sur le sujet (PDF). Cette étude a suivi deux commandes, l’une effectuée via un magasin physique traditionnel, l’autre via le site de commerce en ligne Buy.com. Toute le cycle de vie de la livraison a été pris en compte, du producteur au consommateur final.

Selon les chercheurs, les émissions de CO2 de l’e-commerce sont 35 % moins importantes que pour un achat en magasin. Comme dans l’étude comparant un achat de musique en magasin ou via internet, la différence se joue essentiellement sur les derniers kilomètres et sur l’emballage. « 65% des émissions de CO2 de l’achat en magasin sont imputables à l’aller-retour du consommateur de son domicile au magasin » souligne l’étude. Contre seulement 30% pour la livraison directe à domicile du commerce électronique.

Cette étude souligne deux aspects intéressants. D’une part, elle est réalisée aux Etats-Unis où il est pratiquement impossible de se rendre dans un magasin sans sa voiture. En regardant bien le cumul des émissions, il est évident qu’un citadin européen qui se rend dans son magasin de quartier à pied, vélo ou même en transport en commun, émettra moins de CO2 qu’une livraison à domicile.

D’autre part, si le produit est expédié en avion, l’intérêt de l’achat en ligne est nul (ou quasi nul) pour l’environnement. C’est le cas dans lequel se trouvait PO avec la livraison de son MacBook par avion de la Chine aux Etats-Unis.

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En résumé, les modes de magasinage les moins émissifs sont, dans l’ordre :
- l’achat dans son magasin de quartier avec un trajet à pied,
- la livraison à domicile d’un achat en ligne,
- la livraison à domicile d’un achat en ligne avec une partie du transport par avion.


Commentaires

Et des bouquins par Amazon ? Y’à-t-il de l’avion ?

Anonyme (non vérifié) le 09/12/2009

@Anonyme : non s’ils sont imprimés en France. En revanche, pour des livres US commandés en express : oui. Il y a de l’avion…

admin le 09/12/2009

Le plus surprenant dans cette étude, c’est qu’elle ne prend pas en compte les systèmes de distribution existants, notamment notre bon vieux postier. Comme il distribue le courrier tous les jours, c’est certainement le mode de distribution le moins impactant pour le commerce en ligne (comparé à une livraison express par Colissimo ou Fedex / UPS).

admin le 09/12/2009

@admin : un point a mettre en avant, l’usage de l’avion se fera que le consommateur achète en ligne ou directement en magasin, le produit viendra dans les 2 cas du même lieu de montage et d’emballage pour être livré chez le client ou au magasin/centre commercial de proximité.

Deuxième chose, même en Europe je crois qu’il sera moins polluant d’acheter en ligne, ne serait-ce que pour les déplacements, car là où il y aura usage d’une ou deux voiture par famille, les services postaux utilisent une seule camionnettes pour transporter les colis de plusieurs familles, donc plus d’objets dans un même véhicule, et moins de véhicules sur les routes pour une même quantité donnée d’objets.

Marc BOITEL (non vérifié) le 09/12/2009

Merci je me demande souvent si le bilan carbone de mes achats en ligne sont meilleurs ou pas par rapport à un achat en magasin.

Je pensais que le fait de commander en ligne participait à l’augmentation générale du fret (routier et aérien). On peut penser que la multiplication des intermédiaires nécessaire à la manutention des colis participe à un bilan plus lourd.

Si la principale différence réside dans le transport final jusqu’au client, effectivement la solution en ligne peut parfois être préférable (par exemple quand on réside dans une ville de taille moyenne où on ne trouve pas tout!).

Scratchy (non vérifié) le 09/12/2009

@Marc : pas d’accord. Si tu achètes en magasin, les produits sont presque toujours transportés par bateau puis camion. C’est du transport lent et en volume, donc moins carboné. D’accord avec ton deuxième point ! A condition bien entendu d’utiliser le facteur, car sinon, l’impact est le même que si le consommateur se déplace en magasin avec son propre véhicule ;-)

admin le 09/12/2009

@admin : En fait je cible principalement les achats en France sur les sites spécialisés qui pour la majorités possèdent des stocks, et donc au niveau transports de marchandises (lieu de production -> centre de distribution) se trouvent au même niveau qu’une grande surface, mais je ne peux être catégorique sur ce point. Évidemment acheter en Chine avec des sites comme ebay (Principal site de vente de produits Chinois), le bilan carbone est forcément négatif.

Le point noir, c’est principalement la gestion des colis comme l’a remarqué PO avec son colis qui a fait le tour de la terre en 3 jours.

Marc BOITEL (non vérifié) le 09/12/2009

@Marc Boitel
Je suis étudiante en journalisme et j’écris un article sur le greenwashing. Je peux vous poser quelques questions par email? Merci beaucoup.

Pauline (non vérifié) le 09/12/2009

Avec plaisir, voici mon mail : mm.boitel(at)gmail(dot)com

Marc BOITEL (non vérifié) le 09/12/2009

moi qui ai travaillé à la poste, j’ai fait des distributions en campagne, elles se faisaient qu’en voiture, on distribuait courrier et colis en même temps, donc c’est sûr que celui qui vit au fin fond de la campagne sans commerces à proximité, vaut mieux qu’il commande sur le net que d’aller en auto dans plusieurs magasins !

Anonyme (non vérifié) le 09/12/2009

Sans doute une des principales questions à se poser est la provenance de l’objet que nous allons acheter, mais cela n’est pas facile du tout.
Certains sites peuvent indiquer le pays de fabrication, mais cela est plutôt rare à ma connaissance. Ainsi, sur un site de vente de produits dits écolos, j’ai vu des objets vantant leurs bienfaits sur la nature (économiseur d’eau ou chargeurs solaires par exemple). Seulement, le site n’indiquait pas que la fabrication était chinoise… Si l’on prend en compte la qualité de la fabrication plutôt médiocre et donc la durée de vie réduite du produit, l’analyse du cycle de vie ne doit pas donner des résultats terribles…

Sans faire de pub, des magasins Leclerc de l’agglomération lilloise affichent le bilan carbone des produits en vente. Sans doute est-ce la une des solutions à mettre en oeuvre pour que le consommateur soit bien informé. Les sites de ventes par internet pourraient en plus ajouter une projection du carbone émis pour le transport entre la plateforme de logistique et le domicile du client.

Petit aparté sur le transport en lui même, j’ai lu et entendu un peu de tout. Ainsi, le bilan carbone de pommes importées d’Amérique du Sud serait meilleur que les pommes polonaises venant par camion ?

Quant au transport jusqu’au client final, d’accord avec Marc Boitel, la mutualisation des moyens de livraison via une camionnette unique a sans aucun doute moins d’impact que plusieurs déplacements de particuliers en voitures individuelles.

Tout cela pour dire que nous sommes encore à la préhistoire de l’éco-consommation.

Jean-Philippe Mildé le 11/12/2009

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