Netbooks : une avancée écologique ?

Netbook Asus EEE PC - 170x170

Netbook Asus EEE PC

259 000 netbooks ont été vendus en France au 3ieme trimestre 2008. Ces mini PC portables low cost (diagonale de l’écran inférieure à 10’’) représentent maintenant 15% des ventes d’ordinateurs portables de l’hexagone, soit une augmentation de 95% par rapport au second trimestre 2008 (source: Gartner). Voilà un marché qui ne connaît pas la crise !

Raison de plus pour s’intéresser d’un peu plus près à cette nouvelle espèce d’ordinateur portable d’un point de vue environnemental.

  

Tout d’abord les éléments positifs :

  • La puissance et les fonctionnalités du Netbook satisfont les besoins d’une grande majorité des utilisateurs de PC portable : lecture de mail, navigation sur Internet, chat, lecture de vidéos (non HD), travail bureautique léger (suite Office ou équivalents).

  • Les netbooks consomment très peu d’énergie à l’usage, encore moins que les notebooks. CPU très économes (majoritairement l’Intel Atom), écrans de petite taille (entre 7’’ et 10’’), système d’exploitation allégé (Linux ou Windows XP), SSD selon les modèles ; tous ces éléments permettent aux netbooks d’être particulièrement efficients. Par conséquent, cela augmente l’autonomie ou permet d’utiliser une batterie de plus faible capacité.

  • Ils nécessitent moins de matières premières : les Netbooks sont encore plus compactes que les notebooks ultra portables et, conséquence logique de la faible consommation électrique, la batterie est aussi bien souvent plus petite. De plus le système de refroidissement est simplifié (absence de ventilateur), augmentant ainsi la fiabilité de l’appareil.

Ensuite les éléments négatifs :

  • Puissance insuffisante pour certains usages tels que la lecture de vidéos HD ou la bureautique intensive (multitâche et applications gourmandes).

  • Très faible évolutivité : le CPU et la RAM sont souvent soudés sur la carte mère. Le vieillissant chipset Intel i945 limite beaucoup les possibilités d’extension (comme l’intégration d’un GPU dédié). Enfin, le netbook, proche en termes de fonctionnalités de certains notebooks, peut être perçu comme une menace : Microsoft impose par exemple des spécifications matérielles à ne pas dépasser pour avoir le droit de distribuer un netbook avec Windows XP afin de ne pas cannibaliser les ventes de Windows Vista. D’un point de vue écologique, cette faible évolutivité peut se traduire par un cycle de vie plus court que celui d’un notebook sur lequel il sera toujours possible de mettre à jour le CPU et d’ajouter de la mémoire vive.

  • Enfin, en ce qui concerne la performance par watt, on pourra remarquer que le CPU Atom d’Intel intégré majoritairement dans les netbooks est largement moins efficient qu’un CPU Intel Core 2 Duo, bien qu’il consomme très peu à l’usage.


 Verdict ?

Si le netbook semble aller dans le sens du « Réduire » des 3R (réduction de la puissance au strict nécessaire, système d’exploitation peu gourmand en ressources), le manque d’évolutivité peut paraître gênant. En effet, comment se comportera le netbook d’aujourd’hui face aux usages du web de demain (streaming vidéo haute qualité, technologie flash …).

Fusion du netbook et du notebook : la solution idéale ?

C’est une tendance qui se confirme avec l’annonce du système « Latitude ON » de Dell ou encore « Express Gate » d’Asus. En effet ces technologies consistent à intégrer au sein d’un notebook, un système embarqué très léger (basé sur Linux) capable de démarrer en quelques secondes sur un CPU dédié (une puce ARM dans le cas de Dell) et qui offrirait les mêmes fonctionnalités qu’un netbook, à savoir le surf sur Internet, le chat ou la consultation de courriels. Cette solution semble allier le meilleur du netbook et du notebook.

Après cet exposé, il est temps de me retourner vers vous chers lecteurs : que pensez-vous du phénomène netbook ? Le netbook doit-il forcément être un complément d’un notebook ou d’un desktop ?


Commentaires

Bonjour,

Je suis abonné à votre flux RSS depuis quelques temps maintenant, et c’est la première fois que je vois une analyse aussi approximative et mal informée.

Première chose, au niveau de l’évolutivité, la très vaste majorité des Netbooks ont leur RAM facilement upgradable, par une simple trappe sous la machine. Elle très très rarement soudée sur la carte mère.

Même sur le premier Netbook, le eeePC 701, il y a deux vis à changer, et c’est une barette de RAM standard. Ex:
http://bevey.com/Brian/blog/?EEEPC+Ram+Upgrade&post=48

En outre, la fonction première des netbooks est l’accès à Internet (d’où leur nom…). Donc l’OS de ce point de vue joue un rôle vraiment moindre, puisque ce qui compte, c’est le navigateur.

On peut donc rester sur un OS light (type Linux allégé), nécessitant peu de puissance mais avec un navigateur moderne (type Firefox 3 ou Opera 10) tout à fait capable de donner accès à toutes les fonctions modernes du Web.

De plus, la tendance est à l’amélioration des performances des navigateurs. Chrome et Firefox dans leur dernière version sont plus rapides, exécutent le JavaScript jusqu’à 10 fois plus rapidement que leur ancienne version ou des navigateurs “obsolètes” (IE6, 7, Firefox 1).

Donc un eeePC 701 acheté il y a un an est plus rapide maintenant dans l’utilisation d’Internet qu’à l’achat, grâce à des versions plus récentes que les navigateurs !

Je pense donc que la durée de vie de ces machines est bien plus importante que ce qui n’y parait à première vue, si on les juge sur des critères qui sont maintenant obsolètes, tel que la course à la puissance par exemple. Celle-ci a de moins en moins d’importance grâce à des OS léger comme Linux et un report des besoins de calcul sur les serveurs Internet plutôt que sur les postes de travail en eux-mêmes.

Benoit (non vérifié) le 09/12/2008

Ces mini PC portables low cost représentent maintenant 15% des ventes d’ordinateurs de l’hexagone.”

Juste une remarque. 259 000 netbooks sur un total de 2 845 000 ordinateurs personnels, ça fait 9%. Selon Gartner, les netbooks représentent 15% des ordinateurs portables vendus en France lors du 3e trimestre. Au passage, il s’est donc vendu 1,73 million de portables, et ceux-ci représentent 61% des ventes totales. :-)

Anonyme (non vérifié) le 09/12/2008

@Benoit :

Bonjour,

Merci pour votre remarque, il est effectivement possible de mettre à jour la mémoire vive des Asus EEEPC, de même que pour d’autres marques comme le Dell Inspiron mini 9.

Quand je parlais de la ram soudée, je pensais plus particulièrement à l’Acer Aspire One. Je précise que l’upgrade est malgré tout possible pour les plus motivés après un démontage complet de la machine qui annule bien évidemment la garantie (voir la vidéo d’upgrade).

En termes de volume, Il s’est écoulé, au troisième trimestre 2008, 2,4 million d’Acer aspire One contre à priori 1,7 million d’Asus EEEPC (source). Je crois qu’on peut affirmer sans trop se tromper qu’Acer est leader sur le marché des Netbooks. Je dirais même plus, que grâce aux ventes importantes de netbooks, Acer est devenu leader du marché EMEA, au nez et à la barbe d’HP (source).

Concernant l’usage du web moderne, je ne remets pas en cause le navigateur mais plutôt la puissance de calcul du CPU.

De plus en plus de sites web ou d’applications web intègrent massivement la technologie flash qui est très gourmande en ressource.
C’est un fait que je constate un peu plus tous les jours avec mon PC portable vieux de 4 ans qui est équipé d’un CPU Intel Pentium M cadencé à 2,26Ghz (très largement plus puissant qu’un Atom cadencé à 1,6Ghz).

Il n’est pas rare que deux ou trois pages du site leMonde.fr, bardées de pub riches (vidéos, animations…) occupent à 100% mon CPU.
De même sur Youtube ou Dailymotion, mon PC est à peine capable de lire le nouveau format d’encodage des vidéos (HQ), je ne parle même pas de la haute définition (HD). Les vidéos HQ et HD en ligne sont peut être encore un peu avant-gardiste aujourd’hui, mais qu’en sera-t-il dans un an ou deux ? Et je vois mal comment on pourrait déporter le calcul de la décompression vidéo sur le serveur.

Dernière chose, le segment des netbooks évolue très rapidement, à tel point qu’il devient difficile de distinguer la frontière Netbook/Notebook (des netbooks équipés de carte graphique sont annoncés). Néanmoins, Il ne me semble pas absurde de comparer les netbooks aux notebooks, qui dans mon entourage (milieu étudiant), sont exploités comme des notebooks (web + bureautique). Enfin, j’ajoute que le groupe de travail Eco-Info a réalisé récemment une analyse du cycle de vie comparant un PC de bureau (équipé d’un écran CRT ou LCD) et un ordinateur portable disponible ici.

FLohier le 09/12/2008

@Anonyme

Merci de votre remarque, c’est corrigé ;-).

FLohier le 09/12/2008

Merci Frédéric pour cette réponse,

Néanmoins, avec l’ajout d’un petit AdBlock, comportement écologiquement responsable déjà décrit sur ce site ;), on supprime les publicités ennuyantes.

Quant à Flash, il faut faire attention à la distinction application Web et “site vitrine”. Quand je parle d’application Web, je pense à des suites productives comme Google Docs, Yahoo Mail, voire Wikipedia.

Pour des raisons évidentes d’accessibilités, ces sites n’utilisent pas de Flash. Et quand bien même elle en utiliserait, on parlerait alors de RIA par l’intermédiaire de Flex, qui génère des applications SWF beaucoup moins gourmand que les animations “pures” SWF créés par des graphistes.

En outre, un peu à l’image des navigateurs, il y a une réelle volonté d’Adobe pour réduire la consommation CPU de Flash qui est considérée comme bien trop excessive.

Ce que j’essaye de vous expliquer, c’est que derrière ce phénomène Netbook, ce cache certainement une vraie révolution dans le matériel informatique: la prise de conscience qu’il n’est plus nécessaire d’avoir une machine sur-puissante pour travailler correctement, grâce en grande partie à Internet où les applications nécessitent beaucoup moins de puissances processeur.

Dans le secteur de la bureautique, Microsoft a cultivé artificiellement ce besoin de toujours plus de puissance en fournissant des suites bureautiques toujours plus gourmandes, mais le glissement des applications vers le web va permettre de stoper cette tendance.

On voit donc apparaitre du matériel neuf qui a la puissance d’une machine d’il y a 3 ans, mais en consommant 10 fois moins, tel que les netbooks et les nettops (eeeBox, WindBox), et que l’on pourra garder bien plus longtemps !

Alors bien sûr, les observateurs qui ne sont pas sortis du modèle “toujours plus de puissance !”, ne verront que des boitiers difficilement upgradable, sans comprendre que ce besoin d’upgrade n’est plus nécessaire avec les technologies dites “cloud”…

Et la Green-IT dans son ensemble ne peut que se porter mieux de ce changement (et la planète avec d’ailleurs ;) ). Et les chefs d’entreprises, plutôt que d’acheter un Dual Core avec 2 Go de RAM dans un gros boitier pour leur secrétaire, ferait mieux de leur fournir directement un petit boitier économique qui répondra simplement à leur besoin.

Ca leur éviterait aussi d’acheter des logiciels d’économie d’énergie qui réduiront par 2 ou 3 la consommation de ces PCs sous-utilisés, alors qu’une eeeBox permet plutôt une réduction par 7 à 10…

Benoit (non vérifié) le 10/12/2008

Moins d”électricité
moins de matières premières.

on n’a pas besoin de HD

open-source
y’a que du bonheur pour la planète et ses habitants

Brian

BrianfromBrussels (non vérifié) le 11/12/2008

Bonjour à tous,

Je suis sur le point de co-fonder une société (commonIT) qui développe un navigateur web virtuel (Virtual Browser) dont l’avantage est de consommer très peu de ressources sur le poste utilisateur puisque le coeur du navigateur (qui est basé sur Mozilla Firefox) s’exécute sur un serveur hébergé et non plus sur le terminal.

En me renseignant sur le Green IT et en lisant cette discussion il me semble que Virtual Browser peut aider à résoudre certaines limites des Netbooks que vous évoquez. J’ai abordé le thème sur notre blog : http://commonit.com/blogs/fr/2008/12/12/virtual-browser-participe-t-il-a…

Si vous avez un avis sur le sujet ça m’intéresse car Virtual Browser a d’abord été pensé pour la sécurité et la mobilité… Et je suis loin d’être un expert du Green IT. Merci.

David (non vérifié) le 12/12/2008

il est peu vraisemblable que la logique de réduction de puissance l’emporte si elle doit se traduire par une perte de fonctionnalité. C’est trop souvent le cas et ceci explique cela.
L’outil informatique sert pour beaucoup à accéder à l’information. C’est une sorte de clé, notamment vis-à-vis du web. Qui voudrait d’une clé qui n’ouvre pas toutes les portes. Pratiquement personne.

Disons que si cela peut être praticable dans le cadre privé, c’est un choix personnel, c’est quasi anecdotique dans le monde professionnel. Pas question de s’entendre répondre : “je ne peux le faire parce que l’équipement mis à ma disposition n’est pas assez puissant”. C’est d’ailleurs le même refrain que pour les autorisations d’accès. Ou un outil donne les moyens de bosser ou alors il va à la poubelle. Ca a toujours été vrai depuis que l’informatique existe.

Donc à mon humble avis, si le matos qui consomme moins ne présente pas (trop) de limites, c’est gérable. Dans le cas contraire, c’est une utopie.

De la même manière, les entreprises ne remplacent pas le vieux matos pour disposer de plus de puissance. Elles le remplacent, tout simplement. Parce que un parc de PC qui carafent régulièrement, ce n’est pas gérable.
La perte de temps et parfois d’information liée à du matos pourri est très couteuse. Même en terme de “green” on peut vérifier qu’on est perdant avec du vieux matos.

noway (non vérifié) le 13/12/2008

@Benoit :

Effectivement Adblock permet de réduire significativement la charge de travail du processeur (donc la consommation électrique). J’utilise en plus le plugin Flashblock, qui comme son nom l’indique, me permet de bloquer toutes les animations flash (pub ou pas pub) en gardant la possibilité de les lancer à la demande.

Néanmoins ces plugins posent un autre problème. Si leur utilisation se généralise, il arrivera probablement un moment où les publicitaires ne souhaiteront plus investir dans de l’affichage qui sera systématiquement bloqué. Or la vaste majorité des sites d’actualités vivent des revenus de la publicité… Mais c’est un autre débat.

Concernant les applications web en bureautique, par exemple Google docs que j’utilise régulièrement, outre le fait que la réactivité de l’application soit tributaire de la qualité de la connexion, je n’ai pas l’impression qu’elles soient moins gourmandes en ressources que des applications bureautiques locales.

Votre commentaire m’a donné l’idée de le vérifier, j’ai donc réalisé un mini comparatif « Google Docs » VS « Word 2007 ».
Pour un même document (même contenu), j’ai ajouté une image (1ère phase) puis j’ai édité le texte : changement de la police, passage en gras, italique (2ième phase).

Le résultat de mon petit test (même si le protocole n’est pas super rigoureux) permet de constater que Google Docs et Word 2007 consomment, à peu de choses près, autant de ressources (CPU et RAM).

Sans tirer de conclusions hâtives parce que le test est plutôt léger, on pourrait en déduire qu’il n’y a pas besoin d’un Core 2 Duo pour exploiter la suite office 2007…

Enfin, il faudrait distinguer les usages bureautique des usages multimédia. Pour la bureautique je suis entièrement d’accord avec vous, il n’est pas nécessaire d’avoir le dernier processeur à la mode pour travailler éfficacement (par contre 2Go de RAM n’est pas de trop pour un usage bureautique massivement multitâche).
Par contre, je ne suis pas certain que les besoins en termes de puissance sur Internet pour des usages multimédia n’évoluent pas à la hausse dans le futur (généralisation de la VOD HD, HQ, radios, jeux en ligne, etc…). Le plus grand réseau social du web, Facebook, vient par exemple d’annoncer l’arrivée de la HD (à voir ici).

-Fred Lohier

admin le 13/12/2008

Cela illustre parfaitement la crise française que nous sommes en train de vivre :)

En ce qui concerne le fond du sujet, je me demande a présent si l’informatique a un impact positif sur l’impact de l’être humain sur son milieu.

Qu’entend t-on par consommation des matières premières?
Peut on estimer l’économie engendrée par la mise en place de ce système? (et je ne parle pas des timbres postaux en moins par rapport aux postes Facebook envoyées, …)

A mon avis le Netbook n’est pas plus un complément que ses autres produits de la même gamme mais juste une étape vers la portabilité et la communication facilitée/assistée/contrôlée/…
L’idée n’étant pas de faciliter la vie rapidement mais de faire vendre au détriment d’autres vrai soucis.

Pour le terme: efficients, souhaitais tu dire
capable, compétent, efficace, fonctionnel, rentable … ?
:P désole celle si c’est juste un “personal reminder” pour garder un bon français :D

MAW (non vérifié) le 16/12/2008

@David : j’ai lu ton article (http://commonit.com/blogs/fr/2008/12/12/virtual-browser-participe-t-il-a…). La seule façon de savoir sur la virtualisation du navigateur est un geste “vert” ou pas, c’est de calculer l’empreinte écologique complète d’une transaction (au sens informatique) de cette configuration (énergie grise du netbook et des serveurs, pollution liée à la fabrication du matériel, etc.) sur sa durée de vie totale et de la comparée à une configuration classique (PC + navigateur, etc.).

On peut effectivement intuiter des gains au niveau de la consommation d’énergie si l’on compare un parc de Netbook avec un parc de postes de travail. Mais il faut une sacrée étude pour le démontrer. Au final, cela dépendra beaucoup de la qualité du data center qui héberge les serveurs, et donc, pour caricaturer, de son PUE.

admin le 22/12/2008

j ai acheté un netbook et lorsque je l’allume,tous les voyants sont aux rouges et rien ne s’affiche a l’ecran.
Pouvez-vous me donner quelques conseils sur ce que je dois faire?

joe (non vérifié) le 10/10/2010

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