Asus N51V : une avalanche de certificats, mais...

Asus N51V

Asus N51V

Asus annonce la sortie de son nouveau modèle, le N51V. Il s’agit du premier portable qui bénéficie du certificat EPD (Environmental Product Declaration) et d’un certificat d’empreinte carbone (BSI PAS 2050:2008). Ces certificats d’origine norvégienne pour le premier, et britannique pour le second, permettent de connaître les émissions de gaz (à effet de serre, ceux détruisant la couche d’ozone, ou acidifiants par exemple), la consommation d’eau et d’énergie, liées aux mode d’acquisition des matières premières, à sa production, son transport, son utilisation, et sa fin de vie (destruction ou recyclage).

Leur finalité est d’accompagner les constructeurs vers des processus de fabrication plus respectueux de l’environnement, et surtout, pour nous consommateurs, de faciliter les comparaisons entre produits et services similaires. Il est intéressant également de noter qu’ils ne s’adressent pas uniquement aux produits informatiques, puisqu’ils s’appliquent à l’ensemble des secteurs de l’économie.

Le N51V répond également à la norme EPEAT Gold, la plus haute distinction possible pour ce label.

Le communiqué de presse d’Asus ne tarit pas d’éloge sur les performances écologiques de son produit, allant même jusqu’à mesurer précisément que grâce à la technologie SHE (Super Hybrid Engine), les performances énergétiques du portable sont améliorées de 53,75% comparativement au standard Energy Star 5.0 ! Plus précis que cela, ce n’est pas possible !

La démonstration de chiffres se poursuit par l’augmentation de l’autonomie de la batterie de 35 à 53%. Asus ne fournit aucun élément pour définir ce qu’est selon lui la "performance ni aucun point de comparaison quant à ces derniers chiffres. Et puis que veut dire "autonomie de la batterie" ? Est-ce sa durée de vie, sa performance en fonctionnement ? En effet, Energy Star 5.0 donne simplement un référentiel de consommation électrique à ne pas dépasser selon le type de processeur qui équipe l’ordinateur (fixe ou portable, processeur de simple à quatre coeurs). Le consommateur doit-il déduire de lui même en compulsant la notice Energy Star 5 que le référentiel pour un portable équipé d’un double coeur comme le N51V ne dépasse pas les 53 kWh, donc le gain apporté par ce modèle est égal à 53,75% de 53 kWh ?

On continue dans l’avalanche de chiffre par le 3R ! Le taux de Réutilisation, de Recyclage et de Récupération du N51V est de 90% au minimum, le contenu recyclé dans l’emballage atteint 80% au minimum.

Il est déjà difficile pour le grand public ou un service achat de maîtriser le vocabulaire technique des caractéristiques d’un ordinateur (RAM, Giga Octet, puissance du processeur…). J’imagine aisément la difficulté supplémentaire pour le vendeur d’une grande surface un samedi après midi. Comment expliquer les caractéristiques des différents éco-labels environnementaux, leurs évolutions, etc.

Dans ces conditions, ne faut-il pas mieux rendre ces éco-labels plus accessibles ? Par une simplification des éco-labels comme l’Europe l’a fait pour les produits bio par exemple ? Qu’en pensez-vous ?


Commentaires

@admin : complètement d’accord avec ta conclusion, pour les équipements haute technologie, il faudrait une unification des labels, car que ce soit les ordinateurs, les TV LCD, les téléphones portables , chacun y va de son propre logo Hyper High Technologie Ultra Green, Ultra Eco Battery etc…

Bref, on a des logos qui s’accumulent sur nos équipements au moment de l’achat, l’exemple le plus flagrant est celui des téléviseur, un simple déplacement chez Darty permet de s’en rendre compte, en moyenne 7 logos différents par constructeurs et par TV !

L’effort peut être applaudit pour les alimentation avec les certifications 80Plus. L’Energy Star lui est une norme à application obligatoire.

Marc BOITEL (non vérifié) le 07/12/2009

@admin : Je partage également votre constat sur la multiplication des labels et normes environnementales; une unification de ceux-ci est souhaitable, mais afin d’en vulgariser le contenu, et non pas d’en niveler les critères.

Je rebondis sur votre exemple des produits bio pour illustrer mon propos. A partir du 1er juillet 2010, le label Bio Européen devient obligatoire sur les produits Européen issus de l’agriculture biologique ; un label national (par exemple AB en France), conforme aux prérogatives européennes, pourra apparaître conjointement sur l’emballage.

Moins contraignant que son homologue Français, le label Bio Européen tolèrera notamment un pourcentage d’OGM dans la composition des produits et l’utilisation restreinte de matières synthétiques. (Vous noterez le léger antagonisme avec la conception du « Bio », au sens naturel du terme). Dès lors, sans effort de communication sur les nuances de ces labels, quel intérêt ont les producteurs Français dont les produits sont certifiés AB à maintenir ce niveau d’excellence ? Quel retour sur investissement auront-ils des efforts consentis pour cette labellisation reconnue, par rapport aux nouveaux entrants bénéficiant d’une législation européenne moins contraignante ?

Infos sur les labels Bio : http://www.greenzer.fr/label-bio-europ%C3%A9en , http://www.greenzer.fr/agriculture-biologique

Nous le voyons ici, l’unification des labels est certes une nécessité pour le développement des valeurs qu’ils promeuvent, mais elle ne doit pas se satisfaire d’une harmonisation « au rabais », au risque de provoquer une perte de confiance des consommateurs.

A partir de ces constats, une alternative envisageable consiste à ajouter aux normes « cadres » des différents thèmes du développement durable, une progression régulière du niveau d’exigence des critères de sélection. Dans ce schéma, les labels individuels doivent remplir les critères d’entrée pour exister, et sont incités à surpasser continuellement ces pré-requis pour faire valoir leur valeur ajoutée, dans un environnement concurrentiel cadré mais stimulant.

En résumé, une labellisation des équipements de haute-technologie (mais pas seulement) pourrait s’illustrer par une hydre à trois têtes. Un socle cadre emprunté au label Bio Européen, combiné à l’échelle graduée de l’étiquette énergie des appareils électroménagers, et mené par un mécanisme de progression constante des exigences, emprunté à celui de la taxe carbone.

Thomas Leloup (non vérifié) le 08/12/2009

@Thomas : cette progression régulière est bien prise en compte dans le label EPEAT (le plus utilisé actuellement) qui s’appuie sur des critères optionnels pour distinguer EPEAT bronze, silver et gold. Bien entendu, à terme, les exigences seront revues à la hausse.

admin le 09/12/2009

@Thomas : vous avez entièrement raison, le label français AB, et encore plus, le label Nature & Progrès vont nettement plus loin que le label adopté par l’Europe.

Cependant, ce label européen représente un progrès par rapport à de nombreux labels nationaux des autres pays membres de l’union européenne. Et cela en plus des avantages listés sur l’article dont vous donnez le lien. Un pays y perd peut être, mais 26 y gagne. C’est une autre façon de voir les choses.

Gageons que les institutions sauront tirer vers le haut l’ensemble des labels liés aux produits technologiques, tout en gardant en tête que la majorité des consommateurs ont besoin d’informations simples et compréhensibles.

Jean-Philippe Mildé le 10/12/2009

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