Economies d'énergie : on vous ment !

Générique - (C) BDPA - décharge DEEE à ciel ouvert en Afrique

(C) BDPA - décharge DEEE à ciel ouvert en Afrique

Disons les choses clairement, on vous ment ! Tout le monde veut vous faire croire qu’en réduisant votre consommation électrique vous participez à la lutte contre le réchauffement climatique car vous réduisez vos émissions de CO2. C’est, en grande partie, faux. Du moins en France.

Cet argument permet aux fabricants de vendre du matériel électronique soit disant « vert » car plus économe en électricité. C’est vrai à l’échelle mondiale, mais plus litigieux en France. Dans l’hexagone, les économies d’électricité ont 5 fois moins d’impact sur le réchauffement climatique que dans les autres pays de l’OCDE. Démonstration.

Selon le rapport « L’électricité en France en 2008 » du Commissariat Général au Développement Durable daté de juin 2009 (voir document attaché), « en 2008, la production totale nette d’électricité a atteint 549,1 TWh, qui se répartissent en 76,2 % de nucléaire, 10,4 % de thermique classique, 12,4 % d’hydraulique et 1 % d’éolien et photovoltaïque ».

Selon l’Agence Internationale de l’Energie, 1 kWh électrique émet :
- hydraulique : 4 grammes de CO2,
- nucléaire : 6 grammes de CO2,
- éolien : 3 à 22 grammes de CO2,
- photovoltaïque : 60 à 150 grammes de CO2.
- thermique classique (pétrole, gaz, charbon) : minimum de 800 grammes de CO2.
Plus de détails ici.

Autrement dit, près de 90% de la production d’électricité en France est issue de source d’énergie primaires qui émettent peu de CO2 par rapport aux sources primaires carbonées. C’est une exception française car, partout ailleurs dans le monde, l’électricité est produite essentiellement à partir de sources primaires carbonées (pétrole, gaz naturel, charbon). Dans les pays de l’OCDE, 61% de l’électricité est issue de sources primaires fossiles (carbonées) et 22% issue du nucléaire.

Si l’on compare les émissions de CO2 liées à la production d’un kWh électrique, en se basant sur les chiffres précédents, on obtient :
- France : env. 100g CO2 / kWh él.
- OCDE : env. 550g CO2 / kWh el.

En France, la réduction de la consommation électrique des TIC (informatique, téléphonie, etc.) se traduit donc essentiellement par :
- une stabilisation de notre production de déchets radioactifs,
- et dans une moindre mesure, une réduction de nos émissions de CO2, essentiellement lors des pics de consommation (la France produit alors le surplus à partir de centrales à charbon ou importe de l’électricité carbonée).

Pourquoi ce constat est-il important ?
Il faut limiter au maximum notre consommation électrique pour réduire autant que possible nos émissions de CO2. On réduit ainsi le rôle de l’humanité dans le processus de réchauffement climatique. Tout le monde est d’accord sur ce point.

En revanche, l’importance accordée à cette problématique nous détourne de problèmes tout aussi importants et urgents :
- la production de déchets électroniques (DEEE) extrêmement toxiques pour la santé humaine et les écosystèmes,
- et la question du stockage à long terme des déchets nucléaires (un sujet qui engage la responsabilité sociétale des entreprises fortement consommatrices d’électricité).

Les DEEE participent activement à l’écroulement de la biodiversité. Sur les 2 millions de tonnes que nous produisons annuellement en France, seulement 240.000 ont été collectées en 2008 pour être retraitées correctement. Le reste finit dans une décharge ou est incinéré. Les métaux lourds et autres polluants infiltrent alors les nappes phréatiques et s’accumulent dans la chaîne alimentaire. Pour faire simple et un peu caricatural, le plomb et le mercure du PC que vous jetez dans une décharge se retrouvent dans votre assiette. Sans parler des déséquilibres que subit l’écosystème qui nous entoure.

Or, comme le rappelle le rapport Stern, “si nous ne réagissons pas, les coûts et les risques globaux liés à l’écosystème, aujourd’hui et pour toujours, pourraient s’élever à 20% du PIB ou plus, alors que le coût de l’action peut se limiter à environ 1 % du PIB mondial chaque année”.

Le réchauffement climatique fait les gros titres aujourd’hui. Demain, ce sera au tour de la dégradation des écosystèmes” rappelle la commission européenne dans son rapport L’économie des écosystèmes et de la biodiversité (PDF).

Dans notre domaine du Green IT, il est urgent de rétablir les vérités pour traiter TOUTES les problématiques environnementales sur un pied d’égalité. Si nous ne le faisons pas, cela revient à boucher un seul trou dans la coque d’un navire qui en compte trois et est entrain de couler…

[mise à jour du 16/11/2009]
Plusieurs contributeurs indiquent que la source utilisée dans cet article serait pro-nucléaire et minimiserait donc les émissions du kWh él. nuc. Le taux d’émissions du kWh él. provenant du nucléaire serait plus proche de 40g à 66g CO2 / kWh él. nuc. voir les commentaires pour les sources des études. Bien que choquante par son ampleur (d’un facteur 1 à 10, ce qui montre que nous travaillons avec des ordres de grandeur encore mal définis), cette variation ne remet pas en cause l’idée essentielle de l’article : les GES ne sont pas les seules nuisances environnementales liées à l’informatique et aux TIC. Il faut aussi prendre en compte les pollutions liées aux déchets pour comprendre la problématique dans son ensemble.
[/mise à jour]


Commentaires

L’article oublie de faire le lien entre les moyens employés pour réduire les dépenses énergétiques et les émanations de mercure. Les ampoules économiques seraient donc plus polluantes? Ou est-ce que la seule critique est que la problématique de l’économie d’électricité détourne des vrais problèmes?
Parce que dans ce cas on peut mentionner des choses plus négatives que cela et se dire que l’économie d’électricité c’est toujours bon à prendre.

Apopo (non vérifié) le 13/11/2009

@apopo : oui, les économies d’énergie sont toujours bonnes à prendre.

La question qu’il pose est comment réaliser ces économies d’énergie :
- en allumant moins souvent des ampoules à incandescence faciles à recycler mais consommatrices d’énergie, c’est à dire en changeant nos comportements,
- ou en allumant autant qu’on le souhaite des ampoules basse conso difficiles à recycler, c’est à dire en transférant la pollution par les GES aux pollutions chimiques des ampoules basse conso en fin de vie (effet rebond) ?

admin le 13/11/2009

Bonjour,

je viens de lire cet article et je ne comprends franchement pas son intérêt.
Certes les chiffres sur la production d’électricité en France sont tout à fait correct. Il est vrai qu’en France on émet moins de CO2 d’origine électrique que d’autres pays occidentaux (ce qui n’est pas vrai pour la majorité des autres pays du monde, ça aussi c’est bon de le rappeler) et que ceci s’explique par notre parc nucléaire et hydraulique.

Quand on a dit ça, on a l’impression qu’acheter un ordinateur moins consommateur d’électricité serait donc un argument marketing fallacieux qu’on nous propose pour nous faire avoir l’air un peu plus citoyen mais complètement ignorants de la réalité énergétique.

Cependant ce débat dépasse largement le cadre français! Il n’y a pas d’entreprise du secteur IT qui se focalise uniquement sur le marché français! ok vous allez peut être me sortir le nom de 3 PME inconnues du grand public, mais l’écrasante majorité des produits IT ont un rayonnement mondial. Et donc concevoir des produits moins consommateurs c’est toujours une bonne chose. Les produits IT c’est 1% des émissions de GES (comparez avec l’aviation: 3,5%… c’est le même ordre de grandeur). En plus la France représente un marché important qui pèse sur les décisions des concepteurs de nouveaux produits. Il est donc loin d’être inutile d’acheter de tels produits.

Ensuite, il faut admettre aussi que le nucléaire et les barrages ont aussi de gros défauts et que moins consommer d’électricité c’est toujours une bonne chose. On ne peut pas se baser sur le seul critère des GES, et sur ce point je rejoins parfaitement le post, les DEEE causent des dégâts également catastrophiques sur certaines populations et sur les écosystèmes.

Je termine en précisant que le rapport Stern cité ne se base que sur le changement climatique et ne se soucie pas des autres problèmes environnementaux. Donc je me permets de vous mentionner les travaux sur l’économie des écosystèmes et de la biodiversité réalisés par Pavan Sukhdev, équivalent du rapport Stern pour la biodiversité, ceci n’est pour le moment qu’un rapport d’étape mais est déjà très intéressant:
http://ec.europa.eu/environment/nature/biodiversity/economics/pdf/teeb_r…

Martin (non vérifié) le 13/11/2009

Oops, je viens de m’apercevoir que le post comprenait déjà un lien vers le rapport Sukhdev, désolé pour la redite.

Martin (non vérifié) le 13/11/2009

@Martin : 100% d’accord et merci pour ce commentaire qui complète l’article initial.

Le point que je soulève dans l’article est le fait que tout le monde se concentre aujourd’hui sur les économies d’énergie en oubliant l’écroulement de la biodiversité (1.000 à 10.000 fois plus rapide que le rythme naturel selon l’IUCN) et les pressions sur les ressources épuisables.

Le deuxième point, sur lequel j’aurais du être plus explicite, est l’énergie grise : pour le moment, tout le monde se concentre sur les économies d’énergie lors de l’utilisation. C’est bien. Il faut le faire. Mais au moins autant d’énergie, bien plus carbonée, est utilisée pour produire de nouveaux matériels électroniques. Faire des économies d’énergie sur la phase d’utilisation est donc loin d’être suffisant.

Utiliser son matériel électronique le plus longtemps possible est un geste bien plus efficace tant pour diminuer les émissions de GES que les autres pollutions chimiques et réduire la pression sur les matières épuisables.

Or, qui fait passer ce message ? Personne ! Les fabricants ont intérêt à vendre plus pour contenter leurs actionnaires. Ils vendent donc plus de matériels “verts”. Les pouvoirs publics tentent une relance de l’économie par la consommation pour sortir de la crise. Et le consommateur ne souhaite pas changer ses habitudes (la consommation étant devenue l’opium du peuple après la religion et la télévision).

admin le 13/11/2009

Je tiens à corriger quelques erreurs au sujet du nucléaire qui est avancé par certains comme peu émetteurs de C02 ..

Si l'on s'appuie sur plusieurs études scientifiques internationales, 1kWh nucléaire serait équivalent en moyenne à 66g de CO2. (le GIEC lui utilise la valeur de 40g de CO2)

Sans parler de C02, le nucléaire c'est :
- une pollution thermique massive (eau et air), les 2/3 de l'énergie obtenue par désintégration est perdue sous forme de chaleur, seul 1/3 est convertit en électricité.
- une pollution radioactive pour une très longue durée,
- une forte consommation en eau douce, notamment au niveau des complexes miniers d'extraction de l'uranium.

De plus, les réserves mondiales en combustible nucléaire sont très limitées. le nucléaire est l'exemple parfait d'une énergie non durable et non renouvelable.

Conclusion, l'économie et la production d'électricité propre est un problème qui concerne bien la France et c'est 76% d'électricité nucléaire ...

source :http://www.electron-economy.org/article-le-nucleaire-c-est-combien-de-co2--38657351.html

(ne vous fiez pas au look un peu rétro, le contenu du site est très pertinent et l'auteur s'efforce d'appuyer son raisonnement sur des fait scientifique)

sbern (non vérifié) le 13/11/2009

La vapeur d’eau est un GES, et il me semble que les centrales en produisent beaucoup.
Le réchauffement climatique n’est pas uniquement due au CO2 mais pourtant apparemment vous n’en parlez pas dans le post. Avez vous des informations là dessus à ajouter aux calculs mentionnés ? ?

Alix (non vérifié) le 13/11/2009

pourraient s’élever à 20% du PIB ou plus, alors que le coût de l’action peut se limiter à environ 1 % du PIB mondial chaque année”

C’est peut être là que se trouve le cœur de nos soucis, le PIB ou Produit Intérieur Brut !

Si l’on considère le PIB de manière simplifiée, celui-ci se résume à l’addition des factures et revenus d’un pays. Ce qui veux dire que plus nous achetons et vendons, plus le PIB grimpe ! donc plus nous exploitons et détruisons, plus le PIB grimpe ! depuis bientôt 1 siècle l’ensemble de notre économie n’est motivée que par le PIB.

D’une vision plus noire des choses, une guerre, une catastrophe etc… fait augmenter le PIB au plus grand bonheur de l’économie dite “moderne”.

Si l’on tient compte de l’épuisement des ressources et du facteur humains dans le PIB, alors celui-ci serait en chute libre depuis bien des décennies, d’où le travail du rapport Stiglitz qui vise a remplacer cette méthode de calcul par une plus humaine…

http://nopib.fr/

Marc BOITEL (non vérifié) le 13/11/2009

@Marc : 100% d’accord. D’ailleurs le livre “C’est maintenant” de Jancovici et Grandjean est intéressant sur ce sujet.

admin le 13/11/2009

@Alix : le but de l’article était de montrer l’aveuglement que peut induire la focalisation sur le CO2. C’est pour cette raison que je ne suis pas entré dans le détail des autres GES. Je pense que le guide des facteurs d’émissions de l’Ademe doit apporter des précisions quant aux autres GES. Sinon, il y a des sources intéressantes dans les commentaires de cet article : http://www.greenit.fr/article/energie/combien-de-co2-degage-un-1-kwh-ele…

admin le 13/11/2009

@ admin :

Je voudrai juste revenir sur l’énergie grise et vous soumettre cette page:
http://www.apple.com/fr/environment/

On constate donc que l’énergie grise des produits Apple compte pour 47% (en gros tu entends par énergie grise tout ce qui sort de la phase d’utilisation non?)

Donc ce qui me conforte bien pour dire que les produits économes en énergie sont bel bien pertinents, et que l’effort d’ingénierie doit se porter disons au moins à 53% des budgets R&D sur la consommation d’énergie! (je suis un peu provocateur)

Ensuite il est clair que les impacts comme les pollutions chimiques, l’exportation de DEEE (dont le site de greenpeace dresse très bien l’état… mais c’est en anglais) et les pollutions générés par bio accumulation… sans parler des conditions de travail dans la supply chain, sont tous des problèmes capitaux et qu’il est injuste de se focaliser sur la seule consommation d’énergie pour dire qu’un produit est “Éthique” (pour moi être éthique est à la fois être respecteux de l’environnement mais aussi des hommes)

Cependant, je veux vraiment préciser que le consommateur à sa part dans les conneries qui se passent. Je me permets encore de revenir sur un de tes comm:
“Et le consommateur ne souhaite pas changer ses habitudes (la consommation étant devenue l’opium du peuple après la religion et la télévision).”

hé bien je pense que la consommation a vraiment une place première bien avant la religion et la télévision (qui n’est qu’un outil de promo…).
si je peux continuer de râler, pour moi deux principaux défauts du “consommateur” sont vraiment générateurs de catastrophes:
- le fait de toujours vouloir le dernier cri, en gros plus c’est neuf mieux c’est, même si l’ancien matériel fonctionne toujours correctement et qu’avant d’avoir l’information qu’il existait un nouveau modèle, personne ne se posait la question de changer l’actuel…
- le fait de faire n’importe quoi en jetant son matériel n’importe où! il y a des filières pour ça, le verre on le trie dans un conteneur à part, le papier aussi ET LES PRODUIT TIC AUSSI !!! juste en les donnant aux bons endroits, on peut déjà sévèrement réduire ces conneries de problèmes dû aux e-Wastes.

ça y est, j’ai finis de râler.

maintenant petit compliment: Frédéric, continue ton blog, je l’ai découvert il y a pas longtemps, c’est la première fois que je pose des comm., juste pour te dire que j’aime ton blog.

Tschüss

Martin (non vérifié) le 13/11/2009

Bravo pour ce post est ces commentaires, qui, une fois combinés donnent un article fort enrichissant.

Effectivement, les industriels ne vous diront pas qu’il est, dans la majorité des cas, plus responsable d’user votre matériel jusqu’aux coutures plutôt que de le renouveler pour un produit (soi-disant) vert.

C’est d’ailleurs un soucis quand on anime un blog sur le sujet : on se demande toujours si présenter un nouveau matériel, même optimal, ce n’est pas être contre-productif écologiquement parlant.
CF http://www.forceverte.fr/post/2009/10/19/information-et-non-promotion

Force Verte (non vérifié) le 13/11/2009

Désolé, il fallait bien sûr lire “Bravo pour ce post et ces commentaires”

Force Verte (non vérifié) le 13/11/2009

l’important, c’est de réduire le plus possible notre impact pour une planète/monde vivable et vivant (cesser de nous reproduire pour le moment, consommer moins/mieux, le plus possible local, bio, etc…) !

Anonyme (non vérifié) le 13/11/2009

@anonyme : Il ne faut pas cesser de vivre comme vous le proposez. D’ailleurs, c’est une vision des pays du nord. La majorité de la population sur terre n’a pas une empreinte écologique supérieure à ce que son écosystème peut supporter. Il n’y a globalement que dans les pays dits développés que nous avons une empreinte écologique trop importante.

Ce n’est pas le nombre d’être humains sur terre qui impacte le plus l’écosystème, mais le mode de vie. Dans les pays développés, nous sommes peu nombreux, mais notre mode de vie est une véritable horreur écologique.

Il faut donc changer ce mode de vie pour l’adapter aux nouvelles contraintes environnementales. Dans le domaine des TIC durables, il s’agit surtout d’utiliser le plus longtemps possible du matériel conçu pour durer le plus longtemps possible. Et de réfléchir à l’usage de ce matériel. A-t-il un sens ?

admin le 14/11/2009

je suis sceptique face à cet article … je fais lire ça à un consommateur lambda et il va comprendre que c’est inutile d’acheter des produits IT verts … comme déjà dit plus haut l’impact des économies d’énergies sur le CO2 est peut-etre minimes en france comparé à d’autres pays mais à mon avis c’est tout de meme important de réduire les déchets radioactifs !

à part ça il y a une chose que je ne comprend pas dans l’article c’est comment 1kw photovoltaïque peut produire du CO2??? je veux bien que durant le processus de fabrication du panneau il y a dégagement de CO2 mais ensuite pendant la production il n’y a aucun dégagement de CO2 non?

Florent (non vérifié) le 14/11/2009

Je trouve que cet article aurait du plus insister sur la nécessité des économies d’électricité même si celle-ci est d’origine nucléaire. Certes les technologies de l’atome ne contribue que très faiblement au réchauffement mais elles génèrent des déchets dont on ne sait que faire.

Confiance (non vérifié) le 15/11/2009

@Florent : l’idée essentielle de l’article est de rappeler que le changement climatique (et donc les économies d’énergie) n’est pas la seule contrainte environnementale à laquelle nous devons faire face. L’écroulement de la biodiversité, en partie due à nos pollutions, est également un sujet de première importance. Or, le discours ambiant ne porte que (ou essentiellement) sur les économies d’énergie. Et encore, les principaux acteurs de ce discours sur les économies d’énergie oublient la plupart du temps, comme tu le rappelles très bien, qu’en France les économies d’énergie permettent certes d’éviter des émissions à la marge (comme plusieurs commentaires le rappellent), mais surtout d’éviter de produire des déchets radioactifs. Il n’y a qu’en appréhendant la problématique dans son ensemble que nous trouverons des solutions réellement efficaces.

admin le 16/11/2009

à admin le 14/11/2009,
les deux (surpopulation et surconsommation) ont un impact sur la planète, c’est logique, c’est pourquoi notre population doit diminue ainsi que notre façon de vivre/consommer, c’est évident !

Anonyme (non vérifié) le 16/11/2009

Excellent post et excellents commentaires !

Fred, tu appuies là où ça fait mal (et c’est tant mieux) : le gros problème du marché du Green IT aujourd’hui est qu’il est principalement, pour ne pas dire quasi-exclusivement, drivé par l’argument “ROI rapide” des économies d’énergie.

Tant que celles-ci resteront l’unique (ou la principale) motivation des programmes Green IT chez les clients, il est assez logique que les constructeurs, éditeurs et sociétés de service axent leur communication là-dessus.

La solution, qui reste la même depuis le début, est de mettre un prix (plus fort) sur le volume et la composition des DEEE, le manque d’eco-conception, la non modularité des équipements, etc.

Pour les déchets nucléaires et le développement des EnR, on sort un peu du cadre de ce blog, même si le débat est tout aussi intéressant.

Benjamin Tincq (non vérifié) le 16/11/2009

Excellent post et excellents commentaires !

Fred, tu appuies là où ça fait mal (et c’est tant mieux) : le gros problème du marché du Green IT aujourd’hui est qu’il est principalement, pour ne pas dire quasi-exclusivement, drivé par l’argument “ROI rapide” des économies d’énergie.

Tant que celles-ci resteront l’unique (ou la principale) motivation des programmes Green IT chez les clients, il est assez logique que les constructeurs, éditeurs et sociétés de service axent leur communication là-dessus.

La solution, qui reste la même depuis le début, est de mettre un prix (plus fort) sur le volume et la composition des DEEE, le manque d’eco-conception, la non modularité des équipements, etc.

Pour les déchets nucléaires et le développement des EnR, on sort un peu du cadre de ce blog, même si le débat est tout aussi intéressant.

Benjamin Tincq (non vérifié) le 16/11/2009

@anonyme : pas 100% d’accord. C’est vraiment le mode de vie des sociétés occidentales qui est en cause. Toutes les études sérieuses montrent que la taille de la population actuelle ne serait pas un problème si nous acceptions tous de changer notre mode de vie. Je fais un peu de mauvaise fois pour souligner que le premier paramètre est le mode de vie et que la taille de la population n’arrive vraiment qu’en deuxième position. Vu le regain de discours Malthusien primaires, il me semble que ce n’est pas un détail.

admin le 16/11/2009

Sur le nucléaire, on nous cache beaucoup de choses sur les déchets, alors sur les émissions de GES, je me permets de douter (est ce que celà prend en compte les émissions de GES qui seront nécessaires tout le temps du stockage ? et comment avoir une idée sérieuse de la durée du stockage puisqu’aujourd’hui tout ce que la filière nucléaire nous dit c’est dans 10 ans on saura recycler tout - ou presque -. Sauf que ça fait 10 ans qu’on entend cette même rengaine).

Le reportage diffusé sur Arte est assez éclairant sur ce sujet : Déchets, le cauchemard du nucléaire

Thierry Roch (non vérifié) le 16/11/2009

Je vois que les chiffres de votre article, n’ont toujours pas été modifié ou au moins nuancé par les résultats des études que l’on vous a donné dans les commentaires. ( c’est peut être par manque de temps)

Mais en tant que “journaliste”, vous vous devez de faire attention à l’information que vous diffusez. C’est information risque d’être reprise. Ne laisser pas croire au lecteur que le nucléaire rejète 2 fois moins que l’éolien et 10 à 20 fois moins que le photovoltaïque. C’est complètement faux ! (cf. les chiffres des études dans les commentaires)

sbern (non vérifié) le 17/11/2009

@Thierry @sbern :

Malheureusement l’éolien et le solaire émettent plus de CO2 par Kwh que le nucléaire, l’une des raisons principale étant que le nucléaire est une énergie concentrée, donc requiert moins de main d’œuvre ou d’infrastructure par Kwh produit, là où l’éolien et le solaire en nécessite beaucoup.

de plus l’éolien et le solaire étant des énergies intermittentes il est nécessaire de faire appel à des centrales de production immédiates comme le gaz,charbon,fioul (le nucléaire ne pouvant être éteint et rallumé à la demande). La où le nucléaire est une source d’énergie “stabilisée” dans le temps, sans contrainte météorologique.

De plus les couts de fonctionnement de l’éolien et du solaire sont bien plus élevés que le nucléaire.

L’ensemble de ces facteurs étant pris en compte de la calcul des émissions de GES par énergie produite.

Effectivement les déchets sont un problème pour l’environnement mais non pour le climat (un déchet nucléaire n’émet pas de GES sauf pour être transporté).

Marc BOITEL (non vérifié) le 17/11/2009

Marc,

Sur quelle études te bases tu pour affirmer ça ? (cette question n’a rien d’agressif)
Les informations que que j’ai mis en avant sont celle que j’ai lu dans un rapport de l’université de standford qui fait le bilan d’une centaine d’étude scientifique existante sur le sujet. (voir le lien plus haut)

Pour les histoires de coûts je vous invite aussi à donnée des sources. Ceux que j’ai lu ne tant pas du tout vers les même conclusion que vous :
http://www.electron-economy.org/article-34620931.html

sbern (non vérifié) le 17/11/2009

@sbern : mise à jour effectuée à la fin de l’article. Il m’arrive d’essayer de dormir entre la 25ème et la 26ème heure de la journée… et, accessoirement, de travailler pour boucler mes fins de mois. Ce blog est bénévole et n’est pas une source de revenus. D’où certains délais, parfois, dans les mises à jours. ;-)

admin le 17/11/2009

@sbern : il s’agit non d’une étude mais des chiffres de l’ADEME repris dans l’outil Bilan Carbone. Je n’ai pas les chiffres exact en tête.

voici le guide des facteurs d’émission :

http://www2.ademe.fr/servlet/getBin?name=CD6902D1AAFD8740470C44C136A32C4

En fait ce calcul est basé sur un “tout” et non sur le simple fait de produire l’énergie, car effectivement si l’on s’arrête à la simple production du KwH sans compter les émissions amont et aval (fabrication de l’infrastructure, usage et transport de l’électricité).

Ces chiffres étant donné pour le cas Français. Car suivant le pays producteur d’énergie le facteur d’émission ne sera pas nécessairement le même.

Marc BOITEL (non vérifié) le 17/11/2009

Je viens de lire l’article et tous les commentaires qui sont extrémement intéressants.
Je ne suis pas vraiment d’accord avec l’article en question, car je pense qu’en France il est tout aussi nécessaire de réaliser des économies d’énergies que dans les autres pays.
Notre consommation explose à tel point que la France doit aujourd’hui, pour la première fois depuis 27 ans, importer de l’électricité. Juste pour le mois d’Octobre, la France aura importé 458 gigawattheures (GWh). Les prévisions ne sont également pas très follichones puisque EDF prévoit même de ne pas pouvoir fournir l’énergie nécessaire pour cet hiver et des coupures sont à prévoir.

Je pense que les économies d’énergies sont primordiales aujourd’hui d’un point de vue écologique mais aussi économique.
Cela dit, comme l’article le précise, ce sujet est tout aussi important que le recyclage, les énergies renouvelables, ou tout autre moyen de réduire les émissions de C02.
Au passage, je trouve que l’on parle assez peu de la nouvelle directive Européenne EUP qui permettra de réduire grandement la consomation des appareils électroniques en veille qui sont aujourd’hui un gouffre pour notre consommation énergétique.
Elle a fait l’objet de plusieurs post dans ce blog http://www.greenit.fr/article/materiel/eco-conception-leurope-prone-un-m…

En fait ce qui m’a choqué dans cet article, c’est de commencer avec cette phrase:
“Tout le monde veut vous faire croire qu’en réduisant votre consommation électrique vous participez à la lutte contre le réchauffement climatique car vous réduisez vos émissions de CO2. C’est, en grande partie, faux. Du moins en France.”

Je suis en train de lire le livre de Dominique Nora “L’or vert” qui raconte comment la silicon valley est en train de se transformer en laboratoire du “green” avec tout un tas de start up qui innove dans les technos vertes. Les Etats Unis, tout gros pollueur qu’ils sont, ont investi massivement dans la “smart grid” pour réaliser des économies d’énergie et Obama a prévu un plan de 3.4 Milliards pour ces technologies.
C’est là que je pense qu’en France on a déjà un train de retard puisqu’on continue de croire que seul le changement de mentalité modifira la donne. Ce qui selon moi est utopique, en tout cas je crois beaucoup plus en l’innovation…

Quoi qu’il en soit félicitations pour ce blog passionnant!

Les chiffres cités au début du commentaires sont issus d’un article paru dans les echos: (http://www.lesechos.fr/info/energie/afp_00202016.htm?xtor=RSS-2059)

Vincent (non vérifié) le 17/11/2009

@Vincent : le titre de l’article et la première phrase sont volontairement provoquant pour “faire réagir”. Comme je le précise au milieu de l’article, les économies d’énergie sont incontournables.

Mais, pour prendre un exemple que je n’ai pas développé dans l’article, vaut-il mieux éviter d’émettre des GES avec des ampoules basse conso et générer beaucoup de pollution chimique à cause de ces ampoules basse conso ? Donc amplifier l’érosion de la biodiversité par un autre biais que les GES ? Et qui des émissions électromagnétiques de ces ampoules ?

C’est à ce genre de question qu’il faudrait réfléchir plus sérieusement. Et c’est à cette réflexion que j’appelle dans l’article.

La crise écologique n’est pas uniquement liée aux GES, il y a aussi les pollutions chimiques, l’urbanisation, notre mode de vie, etc. Il faut donc raisonner comme fonctionne l’écosystème planétaire : de façon globale. Sinon, en nous focalisant presque essentiellement sur les GES, nous ne prenons pas les mesures nécessaires à temps, et surtout, comme le montre l’exemple des ampoules basse conso, les “remèdes” risquent bien d’avoir des effets très indésirables.

admin le 17/11/2009

@vincent : Certes les Etats-Unis investissent massivement dans le “green”, cela ne les empêchent pas d’être le plus gros émetteur mondial de GES. C’est pas tout de financer tel ou tel projet, encore faut-il qu’il soit adopté et mis en pratique sur tout le territoire, à voir le financement de la voiture à hydrogène de Californie…de l’argent perdu.

Marc BOITEL (non vérifié) le 18/11/2009

@admin: Je suis parfaitement d’accord, il faut raisonner de manière globale et il faut faire un bilan complet de l’impact écologique incluant tous les composantes (pollutions chimiques, électromagnétique, GES, etc…)
Pour reprendre l’exemple des ampoules basse consommation, elles sont recyclables à 93%, consomment en moyenne 5 fois moins que les lampes à incandescence et dure 10 fois plus longtemps. Après ce que je ne sais pas c’est si le gain écologique en terme de longévité et d’économies compense les pollutions chimiques que cela occasionnera. Peut être qu’il faudrait un indicateur qui prendrait tous ces éléments en compte…
Cela dit je pense qu’il ne faut pas tomber dans l’extrême inverse et attendre que toutes les composantes soient respectées sans quoi on tomberait dans le status quo.

A mon avis, le vrai problème réside dans les habitudes des gens à recycler leur déchets. En Belgique, on paye une consigne lorsqu’on achète un pack de bières et elle n’est rendue que lorsqu’on ramène les bières vides au magasin pour qu’elles soient recyclées. Je trouve ce serait bien plus efficace d’utiliser ce système dans le cadre de la DEEE pour inciter les gens à recycler leurs déchets.

@Marc: C’est vrai que l’hydrogène a été un gros flop, par contre je ne pense pas que les investisseurs américains aient jeté leur argent par la fenêtre…L’arrivée d’Obama a changé la donne puisque Bush s’opposait au “clean air act” (l’équivalent du protocole de Kyoto). Ajouté ça le green est devenu un vrai business aux états unis et je pense que c’est une bonne chose.

Vincent (non vérifié) le 18/11/2009

Faire des économies d’énergie en consommant moins d’électricité, c’est toujours bon à prendre.

Il est vrai que le nucléaire dégage peu de CO2, mais le problème pour l’environnement et les écosystèmes ne saurait se résumer aux rejets de CO2.

Quand on prend en compte les dommages globaux infligés à l’environnement, Le nucléaire est beaucoup moins propre que le photovoltaïque ou l’éolien.
A ce jour, on a toujours aucune solution viable pour traiter les déchets radioactifs, et c’est une pollution extrêmement dommageable et dangereuse pour l’environnement sur le très long terme.
Le nucléaire répond bien à la problématique du rejet de CO2 mais en créant une autre pollution contre laquelle on ne pourra probablement rien faire d’acceptable sur le long terme.

On reproche souvent au photovoltaïque, à l’éolien et aux autres énergies vertes (marrée motrice, etc), d’être incapable de produire autant que le nucléaire et d’être plus cher. C’est vrai en grande partie (mais on ne connait pas le coût futur du traitement des déchets du nucléaire).

Un des enjeux, si on souhaite sortir du nucléaire, c’est donc à la fois de consommer moins d’électricité et de continuer la recherche dans les énergies renouvelables afin que la production d’énergie propre augmente dans un coût raisonnable.

Si on consomme moins, on a besoin de moins produire et on pourra plus facilement se passer du nucléaire.

Olivier__1 (non vérifié) le 19/11/2009

Finalement ca n’est pas tellement l’énergie et l’usage du nucléaire qu’il faut blâmer, mais plutôt le laxisme avec lequel nous gérons les déchets, alors que si tous les moyens étaient mis en œuvre les déchets ne poseraient pas autant de problème qu’aujourd’hui. En poussant le concept encore plus loin si le projet superphénix n’avait pas été arrêté pour raisons “financières”, nous aurions très probablement pu voir sur le moyen terme une solution radicale aux déchets nucléaire.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Superph%C3%A9nix

Marc BOITEL (non vérifié) le 19/11/2009

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