Qu'est-ce que l'éco-conception des logiciels ?

Livre - Green patterns 3

Livre du Green Code Lab

A l’occasion de la publication du livre du Green Code Lab, nous publions une série d’articles sur l’éco-conception des logiciels. Après l’article sur l’analyse du cycle de vie, voici un article sur la définition de l’éco-conception des logiciels.

Définition 

Selon l’institut Green Software Engineering, un logiciel durable est un logiciel qui n’a pas d’impact négatif direct (énergie, ressources pour produire / supprimer le logiciel) ou indirect (phase d’utilisation du logiciel) sur l’économie, la société, l’homme et son environnement.

L’ingénierie logicielle durable est ainsi l’art de définir et développer des logiciels de manière à ce que les impacts positifs et négatifs sur le développement durable tout au long de son cycle de vie soient évalués, documentés et optimisés.

Environnement

Eco-concevoir un logiciel, c’est donc développer une application en maîtrisant son impact sur l’environnement mais aussi sur la société et sur l’économie. L’impact sur l’environnement du logiciel n’est jamais direct car le logiciel fonctionne obligatoirement avec du matériel. Cependant son effet sur le matériel et donc l’environnement n’est pas négligeable : obsolescence ressentie, consommation électrique, ondes radios… L’éco-conception du logiciel analyse donc tous ces éléments et préconise des bonnes pratiques pour les maîtriser.

Société 

Les aspects sociaux ne doivent pas être négligés dans cette conception. Si le logiciel peut être un vecteur de lien social important (amélioration des liens et meilleure communication par exemple), il peut à l’inverse être une cause de création d’inégalités sociales et d’exclusion. En effet, même si des normes et des bonnes pratiques existent quant à l’accessibilité des sites et des logiciels, peu de logiciels les intègrent. Sur l’exclusion des populations du numérique, même si l’accès au matériel et à internet s’est amélioré, il reste une barrière pour accéder aux mondes numériques. Le logiciel en est la principale (interface complexe, notions abstraites…).

Economie 

Le dernier pilier du développement durable, souvent oublié, voir opposé au développement durable lui-même, est l’économie. L’équité du modèle économique entre dans l’analyse qui doit être faite dans l’éco-conception avec par exemple une réflexion sur des pratiques de coût de licence (parfois prohibitifs) pour les utilisateurs. La productivité du processus de développement logiciel est un autre axe de travail. Dans un domaine ou plus de 50 % des projets sont retardés, annulés ou qui dépassent les budgets, on peut se poser la question d’une viabilité économique.


Commentaires

plus de 50 % des projets sont retardés” … Je crois que cela est notamment dû à la course au moindre coût et à la mise en concurrence avec les SSII, voire avec des sociétés de développement off-shore (en Inde particulièrement). Actuellement, il n’est plus possible à un chef de projet de chiffrer correctement son projet sous peine de le voir délocalisé ou sous-traité. Donc, on voit passer des propositions délirantes (“il faut diviser le cout et les plannings par deux sinon on ne passe pas”) qui n’ont aucune chance d’aboutir dans les délais et budgets annoncés …

… et concernant la sous-traitance off-shore, cela ne permet que très peu aux acteurs locaux d’améliorer leur quotidien (bon, en fait, si, quand même un peu … heureusement !). C’est principalement les intermédiaires qui augmentent leur marges.

A moins que tout cela ne soit simplement dû à la fameuse Loi de Hofstadter (http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Hofstadter) :-)

Yann le 27/01/2012

L’Informatique a la faculté de cumuler les lois pessimistes et il est probable que l’on constate les effets combinés de Murphy et de Hofstadter!

Et pourtant il existe des solutions innovantes mais éprouvées qui concilient une approche Green IT et l’Open Source tout en balayant ces vielles rengaines.

Il faut simplement oser l’innovation et regarder près de chez soi plutôt que de déplorer les difficultés (réelles) de l’offshoring.

A l’heure où l’on se demande comment relancer l’emploi et préserver la balance commerciale Française, autant ne pas délocaliser et s’appuyer sur les avantages dont nous disposons à portée de mains.

Les SSII (qui proposent l’Offshoring) ont évolué vers le Consulting et donc sont plus proche du métier Client et structurellement à même de spécifier au mieux le fonctionnel mais aussi l’environnement technique dans lequel vient s’inscrire un nouveau développement, inutile de dévaloriser ces avantages par une partie du projet, le développement de code, réalisé sur des solutions passéistes, hasardeuses et polémiques.

Pour remédier à ce problème, une offre “d’Usine Logicielle” à disposition des Clients et des SSII existe, en France:

Jetez un oeil sur:
http://www.beveod.com/PRESBEVEOD/PresentationBeVEOD.pdf

Il ne faut pas se laisser aller à la fatalité puisque des solutions existent !!!, il faut juste oser s’y intéresser.

Pierre (non vérifié) le 01/02/2012

@Pierre : effectivement il y a beaucoup de loi et de constat dans le logiciel qui n’encourage pas à penser que le logiciel pourrait être vertueux !
Et il n’existe pas uniquement que des solutions mais aussi des volontés de développeurs et de responsables pour aller vers la fabrication de produits de qualité ET avec des avantages concurrentiels !

Olivier Philippot le 05/02/2012

@Olivier :
merci pour cet éclairage sur la dimension sociale du sujet.

Il faut se rendre à l’évidence, l’Informatique est un concept initialement développé pour gagner en productivité et il est paradoxal de constater que ce principe n’est pas efficacement appliqué à son propre usage, les seules évolutions que les utilisateurs (qui sont les vrais clients) retiennent c’est toujours plus de complexité, de coûts et de délais.

Une telle position tenue par les développeurs et responsables informatiques (certains) ne peut être pérenne et rapidement un DSI saura tirer parti de solutions Open Source et Time to Market pour satisfaire ses utilisateurs et ses Patrons !!! il y a tout intérêt.

Les positions dogmatiques sur les débats technologiques des avantages supposés de solutions opaques ne peuvent éveiller l’intérêt d’un management board, c’est même source supplémentaire d’inquiétude, le DSI n’a aucun intérêt à protéger son univers par de l’opacité, de la complexité et des budgets déraisonnables.

Il sera autrement plus récompensé par la proposition de solutions qui permettent de simplifier, optimiser et accélérer le processus.

Quant aux développeurs, il faut replacer l’utilité de leur mission dans le cours de ce processus, il n’est pas soutenable pour un dirigeant de justifier un poste par la menace que représente une expertise.

Des compétences sur la technologie sera toujours un avantage mais l’histoire veut que c’est vers le service aux utilisateurs que la mission de la DSI et de ses collaborateurs s’oriente et donc de créer un bon interface pour mieux spécifier les besoins utilisateurs en connaissant la performance de ses outils et technologies devient l’enjeu majeur de la DSI.

L’héritage des régiments de Cobolistes pour développer du soft n’a plus de sens en 2012.

Pour les AS du code il y a toujours de la place dans nos LABs qui développent nos outils, mais l’économie ne souffre plus que les entreprises clientes soient des espaces d’expérimentation.

De surcroit ces compétences étant aujourd’hui délocalisées (offshoring) ce débat n’a plus vraiment de sens, le risque n’est pas l’innovation, le vrai risque pour un VRAI développeur c’est que ces entreprises innovantes ne soient pas ICI, là où ils peuvent être embauchés et là où ils peuvent travailler sur des projets à la hauteur de leur expertise.

pierre (non vérifié) le 07/02/2012

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