Du maïs pour alimenter mon datacenter ?

Energie - CFC T-Systems biogaz fuel cell

L’empreinte carbone des nouvelles technologies pourrait doubler d’ici 2012, passant de 2 à 4% des émissions mondiales, toutes industries confondues. Cette empreinte est essentiellement liée à la consommation électrique des PC et des climatisations des datacenters.

Pour éviter cette escalade, T-Systems teste actuellement une pile à combustible (fuel cell) dans son datacenter de l’Euro Industrial Park à Munich. Fournie par le fabricant CFC Solutions, la pile alimente 24h sur 24, 7 jours sur 7, une partie des serveurs de son datacenter. Il s’agit d’une première mondiale.

Jusqu’à présent, les rares tests qui ont eu lieu - TelecityRedbus par exemple - se limitaient aux fonctions tierces : éclairage, contrôle d’accès, etc.

CFC-T-Systems-biogas-fuel-cell_2.jpg

T-Systems n’a pas déployé qu’une pile à combustible, mais aussi l’unité de production et de conditionnement du gaz. La pile utilise du méthane comme combustible. Il est produit par des bactéries qui transforme des matières organiques (végétaux, herbe, etc.) en gaz. Un procédé électrochimique transforme ensuite le méthane en électricité, en vapeur d’eau, en oxygène et en nitrogène. Les résidus de la réaction chimique peuvent ensuite être utilisés comme… engrais. Le courant courant continu issu de la réaction chimique est ensuite transformé en courant alternatif par une grosse unité de 8 mètres de long qui fournit jusqu’à 245 kilowatts crêtes (soit une dizaine de rack haute densité).

L’intérêt de cette approche est double. D’une part son rendement énergétique - proche de 90% - est bien plus élevé que l’électricité publique dont une partie se perd dans le réseau lors de son transport.

D’autre part, la réaction chimique produisant un air à 400 degrés, ce dernier est utilisé pour alimenter une turbine à vapeur afin de produire du courant. Mais il alimente aussi un système de climatisation basé sur le changement d’état d’un fluide à base d’eau et d’ammoniaque. L’air chaud transforme le fluide en gaz qui produit du froid lorsqu’il se retransforme en liquide.

Si ce test grandeur nature atteint ses objectifs, T-Système expérimentera alors une usine d’une capacité de 1 Mégawatt crête.

biogas-fuel-cell-principle-schema.jpg


Commentaires

Impressionnant.

J’imagine le data center au milieu de l’Iowa avec des champs de maïs autour, ça le fait plutot bien, encore que cette année, c’était humide …

le site de CFC n’est pas très loquace, à combien on peut estimer la performance en régime de croisière, 80-90% de la perf. crête ou plutot 30% ?
de mémoire, on donne toujours la perf. crête des éoliennes et après quand on regarde l’énergie produite sur un an, on pleure, un peu.

C’est bizarre le truc de climatisation à base de chaud.
Si c’est pour faire du froid, c’est pas clair. Une fois le liquide transformé en gaz, il va céder sa chaleur en rechangeant d’état vers le liquide, auquel cas, il produira du chaud dans la salle informatique et non le contraire. J’ai bon ou j’ai tout mélangé ?

noway (non vérifié) le 10/09/2008

@noway : j’avoue que j’ai repris mes notes et que ça n’est effectivement pas clair. Egalement fait un tour sur le site de CFC mais pas trouvé d’info précise. J’essaie de faire un point et publie le résultat en commentaire.

admin le 11/09/2008

le machin de CFC est un prototype, les gens qui l’ont réalisé sont très en pointe sur le sujet, il y a peut-être un truc pour exploiter le résidu de chaleur et l’insérer dans un système de refroidissement.

de manière générale, les processus qui produisent de l’énergie électrique génèrent des pertes thermiques souvent astronomiques, classiquement le moteur thermique qui balance 2/3 de son énergie dans l’air sous forme de chaleur.

Il est tentant de récupérer cette énergie et de la transformer en autre chose. apparemment cette vision simpliste se heurte à des contraintes techniques et/ou économiques ou pire physiques.
en gros, à part chauffer la piscine d’à coté, il semble qu’à ce jour, on ne sache pas exploiter toute cette bonne chaleur résultant de la production d’électricité.

noway (non vérifié) le 11/09/2008

[...] Citons cependant quelques hébergeurs. Outre Interxion réccemment distingué par l’Ademe et T-Systems qui aliment son data center avec du maïs, certains hébergeurs annoncent alimenter leurs centres [...]

Acteurs › Green IT : les SSII se convertissent &a (non vérifié) le 06/02/2009

@noway: Les machines thermiques, pour peut qu’on leur laisse la place suffisante peuvent dépasser 40% de rendement mesuré (voire 50%) grâce aux cycles comportant surchauffe et resurchauffe et d’autres artifices.
Quant à la production de froid : le principe utilisé est celui-ci (très certainement) http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9frig%C3%A9rateur_%C3%A0_absorption_d…

Si une partie de la chaleur “perdue” dans la première partie de la machine est réutilisée, alors à l’énergie utile, il faut rajouter l’energie transférée par le second système.

En gros, plus un système thermodynamique comporte des sous-systèmes qui réutilisent leurs pertes, plus le système est rentable d’un point de vue énergétique… plus le prix d’achat de la machine est élevé

gfa (non vérifié) le 15/12/2009

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